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MAI 2003 / LE RAPPORT ANNUEL 2002 D'AMNESTY INTERNATIONAL
__Chine : les campagnes politiques priment toujours sur l'Etat de droit
L'édification d'un Etat de droit continue
à être minée par des campagnes politiques
en Chine, où les atteintes aux droits de l'homme
restent généralisées, affirme Amnesty
dans son rapport pour l'année 2002. "Les mesures destinées
à renforcer l'autorité de la loi et les institutions
judiciaires continuent d'être sapées par les campagnes
politiques contre les opposants présumés au gouvernement". |
Amnesty a dénombré en 2002 1'060 exécutions, contre 2'468 en 2001, mais estime toujours que "les chiffres réels sont probablement beaucoup plus élevés", en l'absence de statistique sur l'utilisation de la peine capitale. "L'application de la peine capitale est toujours aussi fréquente et arbitraire, et résulte souvent des ingérences du pouvoir politique", selon le rapport.
D'une manière générale, "les atteintes
aux droit de l'homme demeurent généralisées
sous les efforts conjugués d'une législation pénale
à la fois répressive et formulée en termes
vagues", alors même que "la torture et les mauvais
traitements restent des pratiques endémiques".
Le nombre de personnes placées en camp de rééducation
par le travail a également considérablement augmenté,
notamment à cause de la poursuite de la campagne contre
la secte Falungong et les personnes soupçonnées
de séparatisme ou d'extrémisme religieux. Début
2001, 310'000 personnes étaient déjà ainsi
détenues pour une durée pouvant atteindre trois
ans, sur simple décision administrative.
Dans la région à majorité musulmane du
Xinjiang, "des milliers de prisonniers politiques,
dont des prisonniers d'opinion, étaient toujours emprisonnés",
et de nouvelles restrictions ont imposées à la liberté
de religion en 2002, selon le rapport.
Amnesty constate encore que "des centaines et peut-être
même des milliers de Nord-Coréens en quête
d'asile" ont été arrêtés et renvoyés
de force dans leur pays, "privés de tout accès
à une procédure de demande d'asile, en violation
de la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés",
à laquelle la Chine a adhéré.
Amnesty souligne enfin une hausse du nombre de conflits du
travail, face auxquels "la police a souvent fait un usage
excessif de la force qui s'est soldé par des morts".
"Des journalistes et des avocats ont été victimes
d'actes d'intimidation et d'arrestations pour avoir pris la défense
des manifestants ou porté les manifestations à la
connaissance du public", précise l'organisation, qui
ajoute qu'une nouvelle loi sur les syndicats a apporté
quelques améliorations mais que la liberté d'association
et d'expression sont toujours très restreintes et "les
syndicats indépendants illégaux".
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