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MAI 2003 / LE RAPPORT ANNUEL 2002 D'AMNESTY INTERNATIONAL
__Amnesty dénonce de "graves atteintes aux droits de l'homme" en Tchétchénie
Les forces russes sont coupables de "graves atteintes
aux droits de l'homme" en Tchétchénie, selon
le rapport annuel d'Amnesty, qui évoque aussi les "graves
exactions" des rebelles tchétchènes,
ainsi que des cas de torture en Russie. L'organisation dénonce
une dégradation de la situation au second semestre 2002
dans la République russe du Caucase du Nord, où
"les forces fédérales ont encore durci leur
attitude à l'égard de la population locale". |
Amnesty énumère des "exécutions
extra-judiciaires, des [disparitions] et des cas de torture",
mais aussi des "détentions arbitraires, mauvais traitements,
pillages et actes de vandalisme", attribués aux forces
russes. Ces violations graves et répétées
des droits de l'homme sont facilitées par "l'absence
d'Etat de droit" en Tchétchénie, leurs auteurs
étant "assurés d'une impunité presque
totale". L'organisation remarque notamment que "les
milliers de crimes commis par des membres des forces fédérales
contre la population civile n'ont qu'exceptionnellement donné
lieu à une enquête".
L'organisation russe de défense des droits de l'homme
Mémorial vient de publier sur son site Internet
une lettre du Parquet général russe énumérant
les condamnations de militaires pour crimes et délits contre
des civils depuis le début du conflit, le 1er octobre 1999.
Sur un total de 58 affaires impliquant 74 membres des forces russes,
seulement 12 ont concerné des meurtres de civils.
Amnesty n'oublie pas dans son rapport que les forces
tchétchènes "ont enfreint le droit international"
: "les forces tchétchènes s'en sont prises
aux membres civils de l'administration favorable au Kremlin, faisant
des dizaines de morts et de blessés graves", et elles
se sont "également livrées à des enlèvements
de civils et des prises d'otages". L'organisation mentionne
l'attentat suicide perpétré en décembre 2002
contre l'administration tchétchène pro-russe à
Grozny, qui a fait "au moins 80 morts et de nombreux blessés".
Amnesty rappelle que les autorités russes, qui refusent
tout règlement politique du conflit, ont "refusé
d'autoriser la publication des rapports rédigés
à l'issue des visites en Tchétchénie du Comité
européen pour la prévention de la torture",
et qu'elles ont obtenu à la fin 2002 le non-renouvellement
de la mission en Tchétchénie de l'Organisation pour
la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
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