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MAI 2003 / LE RAPPORT ANNUEL 2002 D'AMNESTY INTERNATIONAL
__Turquie : la torture en garde à vue demeure une pratique répandue
Malgré de récentes réformes législatives,
les arrestations et inculpations pour opinions politiques et le
recours à la torture demeurent pratiques courantes en Turquie,
affirme Amnesty. "De nombreux prisonniers d'opinion
continuent d'être inculpés ou incarcérés,
en particulier pour avoir exprimé leur opinion sur la question
kurde, les prisons de type F ou pour avoir professé des
idées islamistes". |
Soixante-six grévistes de la faim sont morts en Turquie
depuis le début d'un mouvement de protestation en 2000
contre l'ouverture de prisons de haute sécurité,
dites de type F, où des prisonniers condamnés pour
faits politiques sont souvent isolés. Par ailleurs, "la
torture en garde à vue demeure une pratique répandue,
voire systématique dans les locaux des sections antiterroristes
des postes de police du sud-est du pays, et les tortionnaires
étaient rarement déférés à
la justice".
L'état d'urgence, en place depuis de nombreuses années
dans le sud-est de la Turquie en raison d'une rébellion
armée menée par le Parti des Travailleurs du Kurdistan
(PKK), a finalement été levé dans toute la
région en novembre 2002 du fait d'un retour au calme. Néanmoins,
affirme Amnesty, "malgré des réformes législatives
visant à alléger les restrictions qui limitent l'expression
publique de l'identité kurde, les observateurs n'ont pas
constaté d'amélioration significative dans la pratique".
Le Parlement turc, qui a aboli en août 2002 la
peine de mort, sauf pour crimes exceptionnels, a également
autorisé l'enseignement, dans des écoles privées,
de la langue kurde, ainsi que la diffusion d'émissions
en kurde sur les chaînes de la radio-télévision
d'Etat. "Les autorités n'ont, pour autant qu'on le
sache, approuvé aucun programme d'études en langue
kurde et des milliers de personnes ont été arrêtées
après avoir signé des pétitions réclamant
le droit à un enseignement en langue kurde".
Amnesty relève enfin que les règles régissant
la détention ont été modifiées et
des lois utilisées par le passé pour restreindre
le droit à la liberté d'expression modifiées
en vue de rapprocher la législation turque des normes de
l'Union européenne. Mais, ajoute l'organisation, "ces
changements [sont] toutefois ambigus et insuffisants pour combattre
les atteintes aux droits fondamentaux auxquelles ils étaient
censés mettre un terme. En outre, ils ont rarement été
mis en application".
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