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NATIONS UNIES |
GENEVE, 11 AU 29 SEPTEMBRE 2006, 43e SESSION DE LA COMMISSION __Le Comité adopte des "observations finales" sur les rapports soumis par 16 pays examinés en vertu de la Convention ou de ses Protocoles facultatifs
Il s'agit des rapports présentés en vertu de la Convention relative aux droits de l'enfant par Samoa, l'Ethiopie, l'Oman, Kiribati, le Swaziland, le Sénégal, le Bénin, l'Irlande, la République du Congo et la Jordanie; des rapports présentés en vertu du Protocole facultatif sur l'implication des enfants dans les conflits armés par le Kazakhstan, le Viet Nam et Malte; et des rapports présentés en vertu du Protocole facultatif sur la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants par la Syrie, le Danemark et le Viet Nam. Au cours de la présente session, le Comité a également tenu une journée de discussion générale sur le thème: "Le droit pour l'enfant d'être entendu". Cette discussion a servi de base à une recommandation générale adoptée par le Comité. Le Comité a également adopté une recommandation générale sur les enfants handicapés. Le Comité a aussi adopté des directives concernant la rédaction, par les Etats parties, des rapports initiaux qu'ils doivent soumettre sur la mise en uvre du Protocole facultatif sur la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. Poursuivant une pratique inaugurée en janvier 2006 afin de réduire le retard pris dans l'examen des rapports des Etats parties et de faire face au surcroît de travail engendré par la présentation de rapports en vertu des deux Protocoles facultatifs, le Comité s'est divisé, durant sa session, en deux "chambres" distinctes afin d'examiner les différents rapports à son ordre du jour. Le Comité, étant parvenu cette année à résorber le retard dans l'examen des rapports, a décidé que les rapports examinés à sa prochaine session le seront à nouveau par l'ensemble du Comité, réuni en chambre unique.
LES OBSERVATIONS FINALES DU COMITELe Comité des droits de l'enfant a adopté
des observations finales concernant tous les rapports examinés
au cours de la session sur l'application des dispositions de la
Convention internationale relative aux droits de l'enfant, à
savoir les rapports de Samoa, de l'Ethiopie, de
l'Oman, de Kiribati, du Swaziland, du Sénégal,
du Bénin, de l'Irlande, de la République
du Congo et de la Jordanie.
Le Comité recommande également à Samoa de renforcer ses efforts pour adopter et exécuter un Plan national d'action qui couvre tous les domaines de la Convention. Il recommande aussi de fournir des ressources humaines et financières suffisantes pour une mise en uvre complète et efficace à tous les niveaux. S'agissant du mariage, le Comité recommande d'établir un âge minimum légal pour les garçons et les filles qui soit acceptable au niveau international. Le Comité se dit inquiet face à l'absence d'interdiction formelle du châtiment corporel, de surcroît largement pratiqué au sein de la famille, des écoles et autres institutions et face à l'existence persistante de cas d'enfants victimes de violence et de négligence. Le Comité recommande également à Samoa d'adopter une politique globale pour les enfants handicapés. Concernant l'éducation, si le Comité
note les efforts déployés pour reconstruire les
écoles détruites par les désastres naturels,
le Comité relève que la politique obligatoire mais
payante de l'école empêche certains parents de payer
les frais d'inscription, et par conséquent limite le droit
à l'éducation. Le Comité exprime aussi sa
préoccupation face au nombre croissant d'enfants qui
travaillent, de l'âge minimum fixé à huit ans pour la responsabilité pénale, de l'absence de système judiciaire spécifique pour les enfants et de l'absence d'alternatives à l'emprisonnement. Enfin, le Comité recommande à Samoa de ratifier les deux Protocoles facultatifs se rapportant à la Convention.
Le Comité reste aussi préoccupé par le fait que les groupes vulnérables de filles demeurent victimes de pratiques traditionnelles nuisibles, privées d'éducation, victimes de violences sexuelles et physiques et d'exploitation commerciale. Le Comité est également inquiet des informations faisant état de l'impact direct sur les enfants des événements de novembre 2005 suite aux manifestations. Manifestations qui ont entraîné des arrestations arbitraires massives, un usage excessif de la force par la police et les militaires, causant des blessures mortelles à plusieurs d'enfants. Le Comité est particulièrement troublé d'apprendre que des écoles ont été attaquées sous prétexte que des enfants étaient impliqués dans les manifestations. S'agissant de l'enregistrement des naissances, le Comité regrette l'absence de structures institutionnelles et d'un cadre légal pour garantir ce dispositif et par le fait qu'un nombre très important d'enfants n'est enregistré ni à la naissance, ni plus tard. Le Comité est également inquiet au sujet des informations selon lesquelles les enfants continuent d'être victimes de torture, de traitements cruels et dégradants par la police et les militaires, dont des viols. Le Comité exprime sa préoccupation face à la pratique générale des mutilations génitales féminines et les mariages précoces et forcés. Le Comité regrette que l'éducation primaire ne soit toujours pas gratuite ni obligatoire et que le taux d'inscription demeure très bas.
Le Comité lui recommande également d'adopter
une stratégie globale pour éliminer les discriminations
de fait à tous les niveaux et contre les enfants, en
portant une attention particulière aux filles, aux enfants
handicapés, aux enfants naturels et aux enfants des travailleurs
migrants. S'agissant du châtiment corporel, le Comité
exhorte le pays à modifier sa législation afin de
mettre fin à cette pratique utilisée comme méthode
de discipline. Le Comité regrette que beaucoup d'enfants
naissent sans lien de parenté car les grossesses hors du
mariage sont considérées illégales et
pour "corriger" les mères de leur comportement
jugé immoral, les enfants sont placés en institutions
familiales. Le Comité recommande à l'Oman d'établir
des procédures et des mécanismes efficaces pour
recevoir, surveiller et enquêter sur les plaintes, et pour
intervenir quand cela est nécessaire et poursuivre les
cas de violence et de mauvais traitements, et garantir que l'enfant
ne soit pas victime de telles procédures. Le Comité
exhorte aussi l'Oman à poursuivre ses efforts pour mettre
fin à la pratique des mutilations génitales féminines. S'agissant de l'éducation, notant avec satisfaction la gratuité des frais d'inscription à l'école primaire, y compris pour les enfants étrangers, le Comité réitère son inquiétude que l'école primaire ne soit pas obligatoire. Le Comité note avec préoccupation que les enfants des travailleurs migrants sont souvent plus vulnérables face aux violations de leurs droits de l'homme. Le Comité recommande aussi de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre efficacement en uvre l'interdiction d'employer des enfants jockeys de chameaux et qu'il soit fréquemment procédé à des contrôles inopinés. Enfin, le Comité se dit inquiet au sujet de l'âge minimum de responsabilité pénale fixé à 9 ans, jugé encore trop bas.
De plus, le Comité regrette qu'a priori aucun effort n'ait été fait pour faire connaître la Convention auprès de la population et qu'aucune définition unique n'existe sur l'enfant. Si le Comité accueille avec satisfaction l'indication selon laquelle l'écart entre le nombre de filles et de garçons inscrits à l'école a diminué, il reste préoccupé par la discrimination persistante à l'égard des enfants issus de familles économiquement désavantagées. Le Comité s'est aussi dit préoccupé que l'enregistrement des naissances ne soit pas systématiquement appliqué; que le châtiment corporel ne soit pas explicitement interdit et demeure largement pratiqué à la maison, dans les écoles et qu'il soit utilisé comme mesure disciplinaire dans les institutions de soins alternatifs et que le Code pénal autorise une «punition raisonnable» dans les institutions pénales. Le Comité a aussi exprimé son inquiétude face au nombre élevé de cas de violence et d'enfants victimes de violences, y compris d'abus sexuels. Le Comité exprime sa préoccupation face aux taux élevés de mortalité infantile, aux infections respiratoires aiguës et à une sérieuse malnutrition chez les enfants. Parmi les adolescents, le Comité s'inquiète du nombre croissant d'enfants qui abusent des drogues et qui consomment de l'alcool et du tabac; des taux croissants de tentatives de suicide, des maladies sexuellement transmissibles et des grossesses chez les adolescentes. Le Comité souligne en outre avec inquiétude que malgré l'âge minimum légal de 14 ans pour travailler, beaucoup d'enfants sous cet âge travaillent déjà. Il est également inquiet de constater le nombre d'enfants vendeurs de rue et sans-abri. Enfin, le Comité regrette l'absence de législation spécifique s'agissant de la justice juvénile.
Le Comité relève l'incompatibilité
entre la législation nationale et la Convention s'agissant
de la non-discrimination. Le Comité est également
vivement préoccupé par la situation des filles,
en particulier des adolescentes qui souffrent de marginalisation
et de stéréotypes basés sur le sexe, compromettant
ainsi leur chance d'éducation et qui sont de surcroît
plus vulnérables face aux violences sexuelles, aux abus
et au VIH/sida. Le Comité est également profondément
inquiet quant à la légalité du châtiment
corporel, traditionnellement accepté et largement pratiqué
au sein de la famille, des écoles et autres structures.
Il recommande que le Swaziland considère comme prioritaire
la révision de la Constitution et interdise explicitement
le châtiment corporel dans tous les cas. Le Comité recommande aussi de développer une politique adéquate pour les besoins des enfants sans garde parentale, des programmes efficaces pour les enfants issus de familles vulnérables, en particulier ceux affectés par le VIH/sida et qui souffrent de pauvreté; de fournir une aide financière et psychologique aux familles qui prennent soin des enfants dont les parents sont morts du sida et pour les enfants chef de famille et de promouvoir et d'encourager les formules de prise en charge des enfants privés de garde parentale. Dans le contexte de la Décennie africaine pour les personnes handicapées 1999-2009, le Comité encourage le Swaziland à porter une attention particulière aux droits et au statut des enfants handicapés.
Toutefois, le Comité reste préoccupé par l'impact persistant des traditions et coutumes qui entravent la mise en uvre de la Convention. Si le Comité se félicite des efforts qui ont été faits pour promouvoir l'enregistrement des naissances, il reste préoccupé par les disparités persistantes entre les milieux urbains et ruraux. Prenant note que le châtiment corporel est interdit dans les écoles, le Comité reste préoccupé par le fait qu'il ne le soit pas au sein de la famille et qu'il soit encore appliqué dans la pratique dans les écoles et autres institutions. Le Comité se dit préoccupé par les disparités d'accès aux soins de santé selon les régions, par la persistance du taux élevé de mortalité maternelle et infantile, du taux élevé de malnutrition chez les enfants et de la prédominance de la malaria. Le Comité exprime sa préoccupation face au faible taux d'inscription à l'école primaire, notamment dans les zones rurales, à la persistance du taux élevé d'analphabétisme parmi les enfants et au faible niveau de qualification et des professeurs. Le Comité reste aussi préoccupé par le nombre important d'enfants qui travaillent, particulièrement par la pratique courante des écoles coraniques tenues par les marabouts qui exploitent économiquement les talibés. Le Comité prend note des mesures adoptées par le Sénégal pour empêcher les filles d'être employées comme "petites bonnes" et être sujettes à une exploitation économique et à des abus sexuels. Le Comité reste néanmoins préoccupé par la progression de cette réalité qui menace la santé, l'intégrité physique et l'éducation des jeunes filles.
Le Comité se dit préoccupé au sujet
du rôle de la société civile assez limité
dans la promotion et l'application de la Convention. Il exprime
également son inquiétude face à de nombreux
cas de discrimination fondée sur des motifs ethniques contre
les peuples autochtones et face à une discrimination entre
filles et garçons, notamment à l'école,
et une banalisation du viol. En outre, le Comité est aussi
préoccupé par la discrimination à l'égard
des enfants malades du VIH/sida, des enfants des rues et des enfants
réfugiés. Le Comité recommande au Congo de
mettre en place un système d'enregistrement des naissances
efficace et accessible, y compris pour les non-citoyens, qui couvrirait
l'ensemble du territoire et qui serait gratuit. Le Comité exhorte le Congo à prendre des mesures efficaces pour protéger les enfants des cas de torture et autres traitements cruels, inhumains et dégradants. Le Comité recommande également d'adopter les mesures nécessaires pour prévenir les cas d'enfants victimes de violence et de négligence, y compris en mettant en place des mécanismes efficaces pour recevoir des plaintes; en s'assurant que ces plaintes seront traitées en prenant en compte la sensibilité des enfants et en adoptant un plan d'action pour combattre toutes les formes de violence contre les enfants.
Le Comité réitère son inquiétude face aux infanticides d'enfants handicapés et d'enfants appelés "sorciers", qui continuent à être pratiqués dans certaines communautés. Il note aussi, avec inquiétude, que le châtiment corporel demeure légal à la maison et dans les institutions. Notant les efforts du Bénin pour réviser ses procédures d'adoption, le Comité demeure toutefois préoccupé par le manque d'informations sur les adoptions, y compris celles appelées "informelles". Le Comité est aussi profondément préoccupé par la prédominance d'enfants travailleurs parmi la population de moins de 14 ans; de la pratique traditionnelle des bonnes ou vidomégon et du nombre croissant d'enfants travaillant dans le secteur informel. S'agissant de la justice des mineurs, le Comité exprime sa préoccupation quant aux informations faisant état de conditions inhumaines dans les quartiers pour jeunes, des détentions pour une longue durée dans des postes de police et dans les centres de détention avant les procès et de l'absence de séparation systématique dans les prisons entre enfants et adultes. Par conséquent, le Comité recommande au Bénin d'établir d'urgence un âge pour la responsabilité pénale qui soit acceptable au niveau international; de garantir aux enfants privés de liberté un contact régulier avec leurs familles; de mettre en uvre des mesures alternatives à la privation de liberté et d'envisager la création de tribunaux de famille avec des juges pour enfants.
Le Comité reste également préoccupé
par l'absence de stratégie nationale ou de mesures pour
prévenir les violences contre les enfants. Il recommande, entre autres, que l'Irlande continue à réviser les Directives "les enfants d'abord" et considère leur mise en uvre sur une base statutaire; garantisse qu'une enquête soit diligentée dans tous les cas d'abus et de négligence signalés et que les auteurs soient poursuivis; que les victimes aient accès à des services de conseil et d'assistance pour leur guérison physique et leur réintégration sociale. Le Comité se dit également préoccupé par le fait que le châtiment corporel au sein de la famille ne soit toujours pas interdit. Il exhorte l'Irlande à interdire
explicitement toutes les formes de châtiment corporel dans
la famille. Le Comité recommande également à l'Irlande de poursuivre ses efforts pour lutter contre la consommation d'alcool chez les enfants, notamment en développant et en mettant en uvre une stratégie globale qui devrait comprendre l'interdiction de consommation d'alcool par les enfants et la mise sur pieds de campagnes publicitaires ciblant les enfants. S'agissant de la justice des mineurs, le Comité se dit très déçu que l'âge de la responsabilité pénale ait été abaissé à 10 ans pour les crimes graves. Il recommande à l'Irlande de rétablir les dispositions concernant l'âge pour la responsabilité pénale comme établi dans la Loi des enfants de 2001.
Le Comité, alerté par des cas de crimes "d'honneur" commis contre des filles, exprime sa vive inquiétude au sujet des articles du Code pénal qui prévoient une réduction de peine pour ce type de crimes. Il exhorte la Jordanie d'accroître le nombre d'abris et de services de conseils pour les femmes et les enfants victimes de ces crimes d'honneur ou qui risquent d'en être victimes. Le Comité recommande à la Jordanie de réviser sa législation afin d'assurer aux hommes et aux femmes une responsabilité parentale égale, sans se soucier du statut marital. Le Comité est aussi profondément inquiet au sujet des enfants qui continuent d'être victimes de violences directes ou indirectes à la maison. Le Comité exhorte la Jordanie à développer une stratégie nationale globale pour prévenir et répondre à la violence domestique, aux mauvais traitements, aux cas d'enfants victimes de violence; d'adopter des mesures et des politiques adéquates pour contribuer aux changements d'attitude et mettre au point et appliquer un système efficace pour identifier, signaler et traiter les cas d'abus et de maltraitance. OBSERVATIONS FINALES SUR LES RAPPORTS PRESENTES AU TITRE DU PROTOCOLE FACULTATIF SUR L'IMPLICATION DES ENFANTS DANS LES CONFLITS ARMES
Le Comité se dit également préoccupé par le manque de coordination des activités pour la mise en uvre du Protocole facultatif, particulièrement dans le domaine de la réhabilitation et de la réintégration des enfants victimes des conflits armés qui ont trouvé refuge au Kazakhstan. Le Comité recommande de mettre en uvre systématiquement des programmes de sensibilisation, d'éducation et de formation basés sur les dispositions du Protocole facultatif à l'attention de tous les groupes professionnels travaillant avec les demandeurs d'asile, les réfugiés et les enfants migrants issus de pays déchirés par la guerre. Etant donné que le Kazakhstan est un pays de destination pour les demandeurs d'asile, les réfugiés et les enfants migrants issus de pays où les enfants ont été recrutés et utilisés dans des conflits, le Comité est inquiet de constater que l'assistance pour aborder leur santé physique ou mentale, de même que leur réintégration sociale, est inadéquate.
Bien que la loi autorise le recrutement dans les forces armées pour l'entraînement d'un jeune âgé de 17 ans et 6 mois, le Comité note avec satisfaction qu'il n'y a eu aucun recrutement de jeunes de moins de 18 ans depuis 1970. Toutefois, dans le but de renforcer les mesures nationales et internationales pour la prévention du recrutement d'enfants dans les forces armées, le Comité recommande à Malte d'interdire explicitement par une loi le recrutement d'enfants âgés de moins de 15 ans dans les forces ou groupes armés et leur participation directe aux hostilités et d'établir une compétence juridictionnelle extra-territoriale pour ces crimes quand ils sont commis par ou contre une personne citoyenne ou qui a des liens avec Malte. Le Comité recommande également à Malte d'établir légalement un âge minimum pour l'engagement volontaire dans les forces armées nationales, âge sous lequel le recrutement d'enfants serait interdit sans aucune exception. S'agissant des enfants demandeurs d'asile et réfugiés, le Comité est inquiet face à la pratique systématique de la mise en détention de toutes les personnes qui entrent illégalement sur le territoire. Et bien que la durée de la détention ait récemment été réduite à un maximum de 18 mois et bien que la police prévoie que les enfants ne devraient pas être détenus, le Comité demeure préoccupé pas l'information selon laquelle, dans la pratique, des enfants et des mineurs non accompagnés, y compris des enfants en provenance de pays affectés par des conflits armés, sont détenus jusqu'à la confirmation de la procédure de libération. OBSERVATIONS FINALES SUR LES RAPPORTS PRESENTES EN VERTU DU PROTOCOLE FACULTATIF SUR LA VENTE ET LA PROSTITUTION DES ENFANTS__
Malgré les mesures protectrices de la loi sur la délinquance
juvénile, le Comité est aussi inquiet de
constater que celles-ci se réfèrent aux enfants
accusés ou coupables d'un crime plutôt qu'aux enfants
victimes. La Syrie devrait être guidée par les Lignes
directrices en matière de justice dans les affaires impliquant
les enfants victimes et témoins d'actes criminels, en autorisant
notamment la présentation et la prise en compte des opinions,
des besoins et des intérêts des enfants victimes
dans les procédures; en mettant en place des procédures
spéciales pour recueillir les témoignages des enfants
victimes par le biais d'enregistrements vidéo et audio
et en réduisant aussi le nombre d'auditions. Le Comité recommande également à la Syrie d'aborder la question des mariages temporaires qui concernent de très jeunes filles qui sont données en mariage en échange d'argent et qui sont après un court temps abandonnées, puis stigmatisées par la société. La Syrie doit attirer l'attention parmi les enfants et les familles sur les conséquences négatives que de telles formes de mariages peuvent avoir sur la santé mentale et physique et d'une manière générale sur le bien-être des filles.
Dans le contexte de la réforme gouvernementale locale et de la réforme des quartiers de police, le Comité recommande l'adoption de mesures spéciales pour garantir l'identification rapide des cas impliquant l'exploitation infantile et des services de haute qualité apportés aux enfants victimes d'exploitation. Le Comité recommande également de fournir aux bureaux des services sociaux des ressources humaines et financières adéquates afin de réagir immédiatement et efficacement aux cas d'exploitation sexuelle des enfants. Le Comité recommande aussi que les enfants qui ne peuvent pas recevoir la garantie d'être des témoins protégés après leur rapatriement obtiennent la garantie de résider au Danemark et de recevoir une protection. Les enfants étrangers victimes de trafic devraient se voir garantir durant la période d'enquête l'accès à des abris et une autorisation de résidence temporaire Le Comité prie également le Danemark d'accroître ses efforts pour combattre le phénomène inquiétant du tourisme sexuel impliquant des enfants, notamment en poursuivant systématiquement les auteurs de tels crimes commis à l'étranger lorsqu'ils sont rentrés au Danemark et en renforçant la coopération avec les organisations non gouvernementales et l'industrie touristique dans le but d'appliquer correctement les principes établis par l'Organisation mondiale du tourisme sur la protection des enfants contre l'exploitation sexuelle dans le tourisme.
Toutefois, le Comité est inquiet au sujet des
dispositions du Code pénal qui définissent un enfant
uniquement comme celui âgé de moins de 16 ans. Il
regrette également l'absence de dispositions explicites
pour suffisamment définir et criminaliser la pornographie
infantile et le fait que le Code pénal prévoie qu'un
auteur de crime peut obtenir une réduction de peine s'il
propose un dédommagement accepté par les enfants
victimes ou leur famille. Ceci déboucherait sur l'impunité,
relève le Comité. Il exprime également sa
préoccupation quant au fait que la prostitution infantile
et le tourisme du sexe constituent un problème croissant
et qu'au moins 10 % des travailleurs du sexe seraient des enfants. Le Comité recommande également que tout enfant victime de n'importe quelle violation prévue par le Protocole ne soit ni criminalisé, ni pénalisé et que toutes les mesures possibles soient prises afin d'éviter la stigmatisation et la marginalisation de ces enfants. En ce qui concerne la question de l'adoption, le Comité recommande au Viet Nam de prendre toutes les mesures appropriées pour garantir que toutes les personnes impliquées dans l'adoption d'un enfant, y compris les intermédiaires, agissent en conformité avec les instruments juridiques internationaux. Le Comité est également inquiet de constater que le Viet Nam est un pays d'origine pour le trafic des enfants à des fins d'exploitation sexuelles. RECOMMANDATION GENERALE SUR LE DROIT POUR L'ENFANT D'ETRE ENTENDULe 15 septembre 2006, le Comité des droits de l'enfant a tenu une journée de discussion générale sur le thème : "Le droit pour l'enfant d'être entendu". L'article 12 de la Convention relative aux droits de l'enfant stipule que "les Etats parties garantissent à l'enfant qui est capable de discernement le droit d'exprimer librement son opinion sur toute question l'intéressant, les opinions de l'enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité. A cette fin, on donnera notamment à l'enfant la possibilité d'être entendu dans toute procédure judiciaire ou administrative l'intéressant, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un représentant ou d'une organisation approprié, de façon compatible avec les règles de procédure de la législation nationale". Le Comité considère que la reconnaissance du droit de l'enfant à être entendu est bénéfique pour l'enfant, la famille, la communauté, l'école et l'Etat ainsi que pour la démocratie. La nouvelle signification de ce droit devrait être établie dans un nouveau contrat social. Ceci implique sur le long terme des changements dans les structures politiques, sociales, institutionnelles et culturelles. A cet égard, le Comité réaffirme l'obligation des Etats partie à mettre en uvre l'article 12 qui compte parmi les quatre principes généraux de la Convention des droits de l'enfant. Le Comité note en particulier
le besoin de combattre certaines attitudes traditionnelles et
culturelles qui empêchent la reconnaissance du droit de
l'enfant à participer dans la société. Au
sein du foyer, le Comité reconnaît qu'une structure
familiale participative où l'enfant peu exprimer librement
ses opinions fournit un modèle important pour encourager
la participation des enfants au niveau plus large de la société.
De plus, cela joue un rôle préventif dans la protection
contre les violences domestiques et les abus. Au niveau de l'école,
le Comité encourage une consultation active des enfants
dans le développement et l'évaluation des programmes
scolaires. Au niveau de la communauté, le Comité exhorte les Etats parties à modifier leur approche fondée sur une vision événementielle vers une inclusion systématique de ce droit dans les matières politiques afin de garantir aux enfants la possibilité d'exprimer leurs opinions et de participer réellement à tous les domaines qui les concernent. Le Comité note aussi le rôle que les enfants peuvent jouer en révisant la législation et en conseillant des réformes législatives dans le but de s'assurer que le principe de la participation est correctement reflété dans la législation, par exemple dans le Code de la famille et le Code pénal. S'agissant du droit de l'enfant à être entendu dans les procédures judiciaires et administratives, le Comité rappelle aux Etats parties que ce droit s'applique à tous les groupes sans exception, y compris les enfants séparés de leurs parents, dans les cas d'adoption, les enfants en conflit avec la loi, les enfants victimes de violence physique ou d'abus sexuel, des demandeurs d'asile, des enfants réfugiés, de ceux qui ont été victimes de conflits armés et de ceux en situation d'urgence. Le Comité recommande aux Etats parties de mettre en place des systèmes spécialisés dans l'aide juridique afin d'apporter aux enfants impliqués dans des procédures administratives et judiciaires une assistance qualifiée. Les Etats parties devraient adopter et appliquer des règles et des procédures pour les enfants victimes de violence physique, d'abus sexuel ou de tout autre crime pour éviter la répétition de témoignages, notamment par l'utilisation d'enregistrements vidéo pour les auditions afin de réduire le traumatisme. RECOMMANDATION GENERALE SUR LES ENFANTS HANDICAPESDans sa recommandation sur les droits des enfants handicapés, le Comité constate que ces enfants continuent de se heurter à de graves difficultés et à des obstacles dans la pleine réalisation des droits reconnus dans la Convention. L'article 2 de la Convention demande aux Etats parties de garantir les droits qui sont énoncés dans la Convention à tout enfant relevant de leur juridiction, sans distinction aucune, notamment en considération de leur incapacité. Le principe de base pour la mise en uvre de la Convention en ce qui concerne les enfants handicapés doit relever du paragraphe premier de l'article 23 aux termes duquel "Les Etats parties reconnaissent que les enfants mentalement ou physiquement handicapés doivent mener une vie pleine et décente, dans des conditions qui garantissent leur dignité, favorisent leur autonomie et facilitent leur participation active à la vie de la collectivité". Les Etats parties, dans le cadre de leurs plans d'action nationaux de mise en uvre de la Convention, doivent mettre en place des programmes et stratégies en faveur des enfants handicapés, ainsi que des mécanismes de collecte des données sur la situation réelle des enfants handicapés. Les ressources allouées aux enfants handicapés devraient être suffisantes pour la mise en oeuvre de programmes de formation de professionnels travaillant avec ces enfants, de campagnes d'éducation, de soutien financier aux familles, de prothèses et autres soins. En outre, des ressources devraient être réservées à des programmes visant l'intégration des enfants handicapés dans le système normal d'éducation, notamment par la rénovation des écoles en vue de les rendre accessibles aux enfants handicapés. Un organe de coordination pour les questions relatives aux enfants handicapés ou pour personnes handicapées doit être mis en place. Les Etats parties doivent en outre reconnaître l'importance de la coopération internationale et de l'assistance technique dans ce domaine. Ils sont également encouragés à appuyer les organisations non gouvernementales et à coopérer avec elles pour fournir des services aux enfants handicapés tout en s'assurant qu'elles respectent les dispositions et principes de la Convention. |