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NATIONS UNIES |
29 AVRIL AU 17 MAI 2002, 28e SESSION, GENEVE __Les observations du Comité sur les rapports de la République tchèque, de l'Irlande, du Bénin, du Royaume-Uni et de la Trinité-et-Tobago
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La 29e session du Comité se tiendra du 11 au 29 novembre
2002. Le Comité a prévu d'examiner les rapports
soumis par la Slovaquie, la Pologne, la Géorgie, les Îles
Salomon et la Grèce. Au cours de cette session, le Comité
consacrera une journée de débat à la question
de l'élaboration de sa prochaine observation générale,
qui portera sur le droit à l'eau, consacré par l'article
11 du Pacte.
Le Comité a par ailleurs organisé, le 13 mai, une
journée de débat général consacrée
à l'article 3 du Pacte, qui dispose du droit égal
de l'homme et de la femme au bénéfice des droits
économiques, sociaux et culturels. À cette occasion,
le Comité a notamment entendu deux membres du Comité
sur l'élimination de la discrimination à l'égard
des femmes, et a convenu d'adopter prochainement une observation
générale sur ce thème.
Le Comité a également consacré, le 14 mai,
une séance à la question du suivi de la journée
de débat général sur le droit à l'éducation
et du Forum mondial sur l'éducation organisé en
coopération avec l'Organisation des Nations unies pour
la science, l'éducation et la culture (Unesco). À
cette occasion, il a précisé le cadre de sa collaboration
avec l'Unesco et entendu des représentants de l'Organisation
internationale du travail, du Programme commun des Nations Unies
sur le VIH/sida (ONUSIDA), de la Banque mondiale et de l'Unesco.
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RÉPUBLIQUE TCHÈQUE. Dans ses observations finales et
recommandations sur le rapport initial soumis par la République
tchèque, le Comité se félicite
de la qualité de ce rapport et de l'établissement
d'un conseil des droits de l'homme en 1998 et d'un Bureau du protecteur
public des droits en 1999. Il exprime toutefois sa préoccupation
concernant la violence à l'égard des femmes et
l'augmentation de la traite des femmes et des enfants.
Le Comité recommande notamment à la République
tchèque d'adopter un plan national d'action pour les droits
de l'homme qui comprenne les droits économiques, sociaux
et culturels. Il lui demande de prendre toutes les mesures nécessaires,
notamment dans le cadre du "concept pour l'intégration
des Roms", en vue d'éliminer la discrimination. Il
demande à l'Etat partie de prendre des mesures en vue de
réduire le chômage, en particulier des Roms, des
femmes et des autres groupes vulnérables. Il lui demande
aussi d'intensifier ses efforts en vue de résorber les
inégalités entre les sexes et de prendre des mesures
nécessaires pour assurer que les femmes bénéficient
d'une égale participation au marché du travail.
Le Comité appelle la République tchèque à
prendre des mesures efficaces afin de réduire la consommation
de tabac, d'alcool et de drogues, particulièrement chez
les enfants. Il lui demande de prendre des mesures immédiates
en vue d'éliminer la discrimination à
l'égard des enfants roms en les retirant des écoles
spécialisées et en les intégrant pleinement
dans le système scolaire.
IRLANDE. Dans le cadre de l'examen du deuxième rapport
périodique de l'Irlande, le Comité
félicite l'Etat partie d'avoir établi une commission
nationale des droits de l'homme en 2000, d'avoir pris des mesures
en vue d'éliminer la violence au sein des familles et les
châtiments corporels dans les écoles. Il note également
avec satisfaction la réduction du chômage qui est
passé de 6 % en 1999 à 4,3 % en 2001.
Le Comité se déclare préoccupé que
l'Irlande, en dépit de sa recommandation précédente,
n'ait pas adopté une approche fondée sur les droits
de l'homme dans sa stratégie nationale de réduction
de la pauvreté. Il exprime également sa préoccupation
concernant le nombre de nouveaux foyers ne parvenant pas à
obtenir un logement convenable et le fait que quelque 1'200 familles
appartenant à la communauté des gens du voyage vivent
dans des campements sans eau ni sanitaires, et restent susceptibles
d'être expulsés à tout moment. Préoccupé
par la persistance de la discrimination à l'égard
des personnes souffrant de handicaps physiques et mentaux,
il recommande à l'Irlande d'adopter une approche fondée
sur les droits de l'homme dans sa loi en faveur des handicapés.
Il lui demande de conduire, aussi rapidement que possible, une
évaluation complète des ateliers réservés
aux handicapés et de prendre des mesures afin que les handicapés
qui travaillent puissent conserver leur droit à des soins
de santé gratuits. ![]()
Il exhorte l'Irlande à s'assurer que l'agence pour la
réduction de la pauvreté soit dotée des ressources
nécessaires à l'accomplissement de son mandat. Il
l'exhorte aussi à accélérer ses programmes
de logements sociaux afin de réduire les délais
d'attente. Par ailleurs, il lui demande instamment de veiller
à ce que sa contribution en faveur du développement
international atteigne 0,45% du produit intérieur brut
d'ici à la fin 2002 et de l'augmenter régulièrement
afin d'atteindre l'objectif des 0,7%.
BENIN. Le Comité note avec satisfaction qu'un
dialogue ouvert et constructif s'est engagé avec la délégation
du Bénin lors de l'examen du rapport initial de
ce pays et se félicite que la Constitution adoptée
en 1990 contienne une partie consacrée aux droits de l'homme.
Il accueille avec satisfaction l'offre faite par le chef de la
délégation de dépêcher une délégation
du Comité sur place pour se rendre compte de la situation
du pays, des mesures prises pour mettre en uvre le Pacte et des
progrès à accomplir.
Préoccupé par le grave problème de pauvreté
auquel le Bénin reste confronté en dépit
d'une croissance positive depuis 1995, le Comité recommande
au Bénin d'accentuer ses efforts afin de réduire
les effets de la pauvreté sur la population, notamment
par une répartition des ressources plus équitables
et un meilleur accès aux services pour ceux qui sont dans
le besoin. Il encourage vivement le Bénin à inclure
les droits économiques, sociaux et culturels dans le Document
de stratégie de réduction de la pauvreté.
Le Comité prie instamment le Bénin d'adopter des
mesures plus efficaces pour réduire le chômage et
prévenir les licenciements massifs ou les accompagner de
mesures sociales. Il lui recommande d'adopter toutes les mesures
nécessaires pour réduire la part de la population
active dans les secteurs économiques informels et de veiller
à ce que son système de sécurité sociale
garantisse aux travailleurs une couverture sociale et une pension
minimale suffisante. Il recommande également au Bénin
de contrôler efficacement le travail des enfants
et de sanctionner les personnes ou les entreprises qui y ont recours.
Le Comité demande aussi au Bénin de traiter le
problème des enfants de la rue et de chercher à
les intégrer dans la société et le système
scolaire. Par ailleurs, il invite le Bénin à améliorer
ses services de santé et lui recommande de mettre en place
une politique globale de santé permettant de garantir l'accès
des populations les plus pauvres à des soins primaires
de santé gratuits et de qualité. Il recommande au
Bénin d'entreprendre par tous les moyens, y compris la
coopération technique, l'instauration progressive de
l'éducation primaire gratuite.
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ROYAUME-UNI. S'agissant du quatrième rapport périodique
du Royaume-Uni, le Comité se félicite
de l'adoption de nouvelles normes pénitentiaires qui ont
permis de réduire de 50% le taux d'occupation des cellules.
Il se félicite également d'apprendre que le Royaume-Uni
a entamé la révision de ses réserves aux
instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme en vue
de les retirer. Le Comité regrette néanmoins que
le Pacte ne soit pas incorporé à l'ordre juridique
interne. Il est également préoccupé par la
persistance d'une discrimination de facto qui touche
certains groupes vulnérables et marginalisés de
la population, en particulier les minorités ethniques et les personnes handicapées. A cet égard, il demande instamment au Royaume-Uni de prendre des mesures efficaces pour lutter contre cette discrimination de fait, particulièrement dans le domaine de l'emploi, du logement et de l'éducation.
Comme il l'a fait précédemment, le Comité
recommande vivement au Royaume-Uni d'examiner à nouveau
la question de l'incorporation du Pacte dans l'ordre juridique
interne. Il l'exhorte à préparer dans les plus brefs
délais un plan national d'action en accord avec la Déclaration
et le Programme d'action de Vienne. Il lui recommande vivement
d'établir des commissions des droits de l'homme pour l'Angleterre,
le Pays de Galles et l'Écosse qui auraient pour mandat
de promouvoir et de protéger les droits de l'homme, y compris
les droits économiques, sociaux et culturels. Il recommande
au Royaume-Uni de poursuivre ses efforts pour lutter contre la
violence au sein des familles, en particulier en établissant
des centres d'accueil pour répondre aux besoins des victimes.
Le Comité exhorte le Royaume-Uni à continuer
de traiter, à titre de priorité, la question
de la pauvreté et de l'exclusion sociale, en mettant
l'accent sur les besoins des groupes marginalisés et vulnérables
et sur certaines régions comme l'Irlande du Nord. Il lui
recommande de prendre les mesures nécessaires pour que
les sans-abri qui ont des problèmes graves de santé
puissent recevoir des soins de santé appropriés.
Il lui recommande également de prendre des mesures immédiates
en vue d'améliorer la situation du grand nombre de familles
et de personnes qui ne bénéficient pas de logement
suffisant et de remédier à la situation de ceux
qui ne peuvent pas se chauffer. Dans le contexte de la pandémie
du VIH/sida, le Comité demande instamment au Royaume-Uni
de garantir un accès égal aux médicaments
antirétroviraux dans les territoires d'outremer. Par ailleurs,
il lui demande de prendre des mesures efficaces pour garantir
que l'introduction de frais de scolarité et de prêts
étudiants n'aient pas d'incidences négatives sur
les étudiants venant de milieux moins favorisés.
TRINITE-ET-TOBAGO. Dans ses observations finales et recommandations
concernant le rapport présenté par la Trinité-et-Tobago,
le Comité se félicite de la création
d'une unité des droits de l'homme rattachée au Bureau
du Procureur général et prend note avec satisfaction
de l'adoption, au cours des cinq dernières années,
de lois concernant l'égalité des chances, la violence
au sein de la famille, la protection maternelle et infantile.
Toutefois, il note avec préoccupation que cet Etat n'a
pas ratifié de nombreuses conventions de l'Organisation
internationale du travail et a dénoncé plusieurs
instruments relatifs aux droits de l'homme. Il se déclare
profondément préoccupé du fort taux de chômage,
en particulier des jeunes de 15 à 19 ans et du fait que
les enfants sont autorisés à travailler dès
l'âge de 12 ans, dans certains cas, les privant ainsi de
leur droit à l'éducation. Il exprime sa préoccupation
concernant le taux élevé de travail des enfants.
Par ailleurs, il est préoccupé par le taux de prévalence
élevé du VIH/sida, particulièrement chez
les jeunes femmes. Il note avec préoccupation la persistance
de stéréotypes préjudiciables aux femmes
et s'inquiète du nombre élevé d'avortements
clandestins et des taux élevés de violence à
l'égard des femmes.
Le Comité recommande à la Trinité-et-Tobago
de mener une politique efficace pour réduire le chômage
des jeunes en proposant de meilleures possibilités de formation
professionnelle. Il l'exhorte à prendre des mesures pour
assurer l'égalité des salaires entre les hommes
et les femmes. Préoccupé par le nombre élevé
de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, il
recommande à la Trinité-et-Tobago de réviser
le salaire minimum afin de permettre aux travailleurs d'atteindre
un niveau de vie acceptable pour eux-mêmes et pour leur
famille. Il demande instamment à ce pays de prendre des
mesures effectives pour traiter la question du travail des enfants.
Par ailleurs, le Comité exhorte la Trinité-et-Tobago
à élaborer une politique du logement en faveur des
groupes défavorisés et marginalisés et de
lui fournir des statistiques ventilées concernant la situation
des squatters. Le Comité appelle la Trinité-et-Tobago
à interdire de manière efficace l'interdiction de
recourir aux châtiments corporels dans tous les cas. Il
l'appelle également à exercer toute son autorité
pour éradiquer le fléau de la violence, dans
le respect de la dignité humaine et des droits de l'homme.
Source : Nations unies, Genève, 17 mai 2002.