La Commission des droits de l'homme


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57e session

RAPPORT / Situation des droits de l'homme en Afghanistan

__La population civile afghane subit sans défense toutes les conséquences du conflit: exécutions sommaires, massacres


LogoKamal Hossain, rapporteur spécial "sur la situation des droits de l'homme en Afghanistan", a souligné, dans le rapport qu'il a présenté, le 29 mars 2001, à la Commission des droits de l'homme, que les parties au conflit ont repris la guerre et les violations graves du droit international humanitaire. Il a fait état d'informations sur les massacres perpétrés, en mai 2000, contre les populations ouzbekes et sur les exécutions sommaires qui ont accompagné la prise de Yakawlang, en janvier 2001.
Il a ajouté que la communauté internationale, en particulier le Conseil de sécurité des Nations unies, devait faire en sorte que les sanctions imposées aux Talibans par le Conseil de sécurité n'affectent pas les droits sociaux et économiques de la population afghane.

Le conflit entre les parties en guerre a éclaté dans plusieurs régions du territoire de l'Afghanistan et a exposé la population civile aux bombardements aériens, aux massacres, aux exécutions sommaires et à un exode massif interne, a déclaré Kamal Hossain.

Il a rendu compte de sa visite, effectuée, du 16 au 18 mars 2001, dans le camp de Shamshatoo, près de Peshawar où il a pu entendre personnellement le témoignage des réfugiés; cependant, il n'a pas été autorisé à visiter le camp de Jalozai qui accueille une partie substantielle des réfugiés afghans, et dont les conditions de vie ont été décrites comme étant désespérées. Nombreux sont les rapports et les témoignages de violations graves et massives des droits de l'homme contre la population civile afghane, qui subit sans défense toutes les conséquences du conflit: exécutions sommaires, massacres comme celui de Yakawlang en janvier 2001, violations graves du droit humanitaire des deux côtés, y compris la violation de la neutralité du personnel médical et la méconnaissance du droit des civils à être traités comme des non-combattants.

L'impunité des responsables des massacres

Kamal Hossain a indiqué que malgré les efforts du représentant spécial du secrétaire général, qui ont permis la signature d'un accord en novembre 2000, les parties en conflits ont repris la guerre et les violations graves du droit international humanitaire. Il est aujourd'hui de plus en plus clair que l'impunité dont jouissent les responsables qui ont commandité les massacres et les exécutions sommaires ont largement contribué à la répétition de ces violations. Il est clair, a-t-il poursuivi, qu'il y a suffisamment de matière à poursuivre une enquête solide et recueillir les éléments de preuve pour établir les circonstances exactes dans lesquelles des civils ont été détenus et ensuite exécutés, ainsi que d'identifier les responsables de telles violations du droit international humanitaire.

Le Rapporteur a estimé, en conclusion, que la communauté internationale en général, en particulier le Conseil de sécurité, devrait s'inquiéter de la situation en Afghanistan et remplir ses obligations fondamentales de protéger le peuple et le territoire du pays des interférences externes et du conflit armé destructif qui continue à être soutenu de l'extérieur du pays.

Source : Nations unies, Genève, 29 mars 2001.Up