La Commission des droits de l'homme


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57e session

RAPPORT / La situation des droits de l'homme au Soudan

__Les opposants au gouvernement et d'autres personnes voient leurs libertés menacées en permanence, leurs actions politiques ayant tendance à être criminalisées


LogoGerhart Baum, rapporteur spécial sur "la situation des droits de l'homme au Soudan", qui a été nommé en décembre 2000, a indiqué qu'il présenterait son rapport complet à l'automne après s'être rendu à nouveau dans le pays. Il a constaté une évolution positive au Soudan, bien que certaines préoccupations persistent qui sont liées, dans une certaine mesure, au conflit en cours. Au titre des principales préoccupations, a déclaré Gerhart Baum, figure la poursuite des arrestations et des détentions arbitraires. Il a par ailleurs estimé que l'exploitation du pétrole au Soudan a pour conséquence d'exacerber le conflit.

Gerhart Baum s'est dit très heureux des entretiens qu'il a pu avoir avec le gouvernement soudanais, ce qui constitue, selon lui, un signe encourageant pour de futurs entretiens. Au titre des principales préoccupations, figure la poursuite des arrestations et des détentions arbitraires - situation exacerbée par la prolongation de l'état d'urgence qui autorise le Président à adopter des décrets provisoires, même s'il semble que ces décrets seront désormais soumis à l'approbation du Parlement. Aussi, les opposants au gouvernement et d'autres personnes voient leurs libertés fondamentales menacées en permanence, leurs actions politiques ayant tendance à être criminalisées.

La presse continue d'être contrôlée par le gouvernement et la censure a été renforcée, a souligné le Rapporteur. Des sujets de préoccupations demeurent en outre s'agissant de la liberté de religion, de mouvement et de réunion. La situation des personnes déplacées internes continue d'être un sujet de préoccupation majeure au Soudan, a-t-il ajouté. Il a indiqué avoir longuement abordé la question des enlèvements qui, selon certains observateurs, sont une pratique courante. Tout en se réjouissant que ses interlocuteurs du gouvernement soudanais se soient clairement dissociés de ces pratiques, il a relevé que cela ne saurait suffire, le gouvernement devant s'efforcer de mieux contrôler les milices tribales.

L'exploitation du pétrole provoque des déplacements forcées et des destructions de villages

L'exploitation du pétrole au Soudan a eu pour conséquence d'exacerber le conflit, a poursuivi Gerhart Baum. Le gouvernement procède à des déplacements forcées et à des destructions de villages afin que les opérations d'extraction pétrolière puissent se poursuivre. Il a demandé au gouvernement soudanais d'envisager la mise en place d'une Commission nationale des droits de l'homme ainsi que la ratification de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et l'accession à la Convention sur l'élimination de la discrimination contre les femmes.

Source : Nations unies, Genève, 29 mars 2001.Up