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 1. La commission de mal en pis 2. La présidence libyenne 3. "Manuvres et marchandages" 4. La "non-action" au service de l'impunité
5. Conclusion - Recommandations
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JUILLET 2003, GENEVE / UN RAPPORT DENQUETE DE RSF SUR LA COMMISSION DES DROITS DE LHOMME DES NATIONS UNIES
__"Marchandages, incompétences et non-action" : Reporters sans frontières demande une réforme radicale du fonctionnement de la Commission
[Enquête : Jean-Claude Buhrer, Reporters sans frontières, juillet 2003].
5. CONCLUSION
La commission de l'ONU chargée de défendre
les droits de l'homme, menacés aux quatre coins de
la planète, fait fausse route. La 59e session de la CDH
en a témoigné d'abondance. Comme jamais peut-être,
les 53 membres de cet aréopage se sont complus dans les
sables mouvants de leurs petits jeux stériles, loin des
réalités sur lesquelles ils sont censés se
pencher. En résumé, la CDH n'est plus que la caricature
d'elle-même, minée par l'obstruction systématique
des pays totalitaires ou autoritaires qui l'ont investie.
Conséquence de cette dérive, le système
onusien des droits de l'homme, avec ses normes et ses mécanismes
de contrôle patiemment élaborés en un demi-siècle,
est en passe d'être vidé de son contenu. Depuis
le tournant du siècle, la Chine épaulée par
le groupe des "likeminded" s'active pour ramener les
sessions de six à quatre semaines, d'aucuns ayant même
suggéré une réunion tous les deux ans. Dans
le collimateur de Pékin et de ses acolytes, les ONG dont
le franc-parler n'est pas toujours pour plaire à des gouvernements
qui les souhaitent plus dociles. La première parade imaginée
par le groupe des "like-minded", parce qu'ils partagent
la même conception très restrictive des droits de
l'homme, avait été d'imposer aux côtés
des ONG authentiques des "associations-bidon" à
leur botte que l'on appelle les GONGO (organisations non gouvernementales
organisées par les gouvernements). Poussant à l'affaiblissement
de la Commission, l'Algérie et d'autres comparses réclament
la suppression pure et simple de l'examen par pays des atteintes
aux droits de l'homme et s'opposent avec vigueur aux résolutions
désignant nommément un pays dans le cadre du point
9 de l'ordre du jour.
Alors que les démocraties laissent faire et choisissent
de subordonner les droits de l'homme à leurs intérêts
politiques immédiats, la Commission poursuit sa lente
agonie. Plus que jamais, les régimes liberticides se
bousculent pour en faire partie, considérant que c'est
là le meilleur moyen d'éviter d'être mis sur
la sellette. Ainsi, lors du renouvellement de 24 des 53 sièges
de la Commission, fin avril 2003, par l'ECOSOC, Cuba, la Russie
et l'Arabie saoudite ont réussi à conserver leur
place, tandis que des pays guère plus soucieux des droits
de l'homme comme le Congo, l'Egypte, le Nigeria, la Mauritanie,
le Qatar, le Népal ou l'Indonésie figurent parmi
les nouveaux venus.
Au vu de ces circonstances, on ne peut que s'interroger sur
l'avenir de la CDH, elle qui se veut "la conscience de la communauté internationale".
RECOMMANDATIONS
Reporters sans frontières partage l'avis du
haut-commissaire Sergio Vieira de Mello, selon lequel les
membres de la Commission doivent "donner l'exemple"
en ratifiant les instruments internationaux des droits de l'homme
et en les appliquant. En conséquence, Reporters sans
frontières demande que seuls devraient pouvoir voter à
la Commission les Etats ayant ratifié les deux Pactes internationaux
relatifs aux droits civils, politiques, économiques, sociaux
et culturels.
Considérant qu'il n'est pas possible d'être
à la fois juge et partie, Reporters sans frontières
recommande qu'à l'occasion de chaque inauguration de la
Commission, il soit rappelé par les services du haut-commissaire
l'état des ratifications et les retards dans la présentation
des rapports que sont tenus de rédiger tous les pays ayant
ratifié les Pactes.
Considérant que le travail des rapports spéciaux,
et notamment les missions d'enquête, est fondamental dans
la lutte contre l'impunité, Reporters sans frontières
demande que tout Etat qui refuse l'accès de son territoire
à un rapporteur spécial ne puisse siéger
à la Commission.
Considérant que la procédure de non-action
est contraire aux principes de la Commission, Reporters sans
frontières propose la suppression de cette disposition
du règlement interne des commissions techniques du Conseil
économique et social (ECOSOC).
Afin de mettre un terme à la pratique du deux poids, deux mesures et de promouvoir l'universalité ainsi que l'indivisibilité des droits de l'homme, Reporters sans
frontières appuie le secrétaire général
des Nations unies Kofi Annan qui a demandé à la
Commission d'aborder franchement toutes les questions sensibles
et de traiter tous les pays sur un pied d'égalité.
En conséquence, Reporters sans frontières demande
que les graves violations des droits de l'homme commises dans
le cadre du conflit israélo-palestinien soient traitées
au même titre que celles commises dans d'autres pays.
Reporters sans frontières recommande enfin
de renforcer les compétences pratiques du Haut-Commissariat
aux droits de l'homme. Ses services devraient être chargés
notamment de publier, avant chaque Commission, un rapport faisant
le point sur la situation des droits de l'homme pays par pays,
sur le modèle du rapport du Programme des Nations unies
pour le développement (PNUD).
Reporters sans frontières recommande également
que les moyens, l'indépendance et les prérogatives
des procédures spéciales (rapporteurs/représentants
spéciaux, experts indépendants et groupes de travail)
soient renforcés. Ainsi, l'organisation demande que des
rapporteurs spéciaux ou des experts indépendants
soient désignés sur les pays qui ont fait l'objet
d'une résolution lors de la dernière session de
la Commission (Bélarus, Corée du Nord et Turkménistan).
Afin de restaurer la crédibilité de la CDH, Reporters sans frontières demande que le président
de la Commission soit un expert indépendant en matière
de protection des droits de l'homme, choisi par le haut-commissaire
en accord avec le secrétaire général des
Nations unies.
Reporters sans frontières, Commission des droits
de l'homme des Nations unies. Rapport d'enquête de Jean-Claude Buhrer, Genève, juillet 2003. Internet : www.rsf.org

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