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GENEVE, 60e SESSION LE DEBAT DE "HAUT NIVEAU" Poursuivant son débat de haut niveau, la Commission des droits de l'homme a entendu le 16 mars 2004 le vice-président de la Colombie, les ministres des affaires étrangères de l'Ukraine et de la Slovénie, ainsi que le ministre de la justice et des droits de l'homme du Congo et le ministre des droits de l'homme du Maroc. La sous-secrétaire d'Etat pour les questions internationales des Etats-Unis, le sous-Secrétaire des affaires étrangères de la Lituanie, le secrétaire général du ministère des affaires étrangères du Liban, le président du Centre national pour les droits de l'homme de l'Ouzbékistan et le secrétaire parlementaire aux affaires étrangères du Japon sont également intervenus, ainsi que le secrétaire général de la Conférence islamique. Plusieurs intervenants ont abordé la question du terrorisme et de la coopération pour lutter contre ce phénomène. Le vice-président colombien, Francisco Santos Calderón, a rappelé que son pays, dans ses efforts pour protéger ses citoyens, est entravé par des difficultés économiques et des ressources limitées. Il a demandé la coopération de communauté internationale pour traquer les terroristes qui se déplacent d'un pays à l'autre pour se procurer des armes. Le ministre libanais a appelé de ses vux la convocation, sous l'égide des Nations unies, d'une conférence qui permettrait de définir le terrorisme en le distinguant clairement du droit légitime des peuples à la résistance à l'occupation, alors que le ministre des droits de l'homme du Maroc a demandé la tenue d'une conférence internationale qui pourrait aboutir à une conception commune de la lutte contre le terrorisme et à l'adoption d'une stratégie internationale mettant à contribution la société civile, les centres d'études et de recherche, ainsi que les militants des droits humains. Le représentant de l'Ouzbékistan a réaffirmé la détermination de son pays à développer et renforcer la coopération interétatique dans la lutte contre le terrorisme, y compris en ce qui concerne sa dimension droits de l'homme. Le ministre ukrainien des affaires étrangères
a estimé que la Commission doit poursuivre énergiquement
la promotion des droits de l'homme qui constitue une composante
importante d'une stratégie efficace contre le terrorisme.
Concernant les menaces telles que le terrorisme et les maladies
qui ne connaissent pas les frontières, le Japon
estime pour sa part que la notion traditionnelle de "sécurité
dans les limites du territoire" doit être dépassée
et a appelé à des réponses détaillées
et fermes qui prennent en compte les considérations sociales,
humanitaires et des droits de l'homme et la question de la reconstruction
économique. Quant à la représentante des
Etats-Unis, elle a fait valoir que défendre les
droits des opprimés n'est pas seulement un acte de charité,
car à mesure que la liberté avance, toutes les nations
démocratiques deviennent plus sûres. Le secrétaire général de la Conférence islamique a déclaré que les tentatives insidieuses visant à faire l'amalgame entre islam et terrorisme ne peuvent être que rejetées car elles défient la raison et la logique. Il s'est dit par ailleurs préoccupé par les dérapages et les politiques discriminatoires que les campagnes antiterroristes font naître dans certaines régions. Les représentants de l'Algérie, du Japon, de la République populaire démocratique de Corée et d'Israël ont exercé le droit de réponse. LES DECLARATIONSM. MOHAMAD ISSA, secrétaire général du ministère des affaires étrangères du Liban, a rappelé que son pays avait participé à la formulation de divers instruments relatifs aux droits de l'homme. Mon pays, a-t-il souligné, croit profondément dans les droits de l'homme. Liberté et égalité sont essentiels à l'épanouissement de chaque être humain, a-t-il insisté. Il a précisé que le Parlement libanais dispose d'une Commission chargée de la protection et de la promotion des droits de l'homme. Il a par ailleurs souligné que les droits des Libanais détenus par Israël continuent d'être violés. Il a appelé de ses vux la création d'un Etat palestinien viable. Il a en outre rappelé que le Liban refuse l'installation de Palestiniens en dehors de leur pays car leur droit au retour est légitime. Les Nations unies ont toujours considéré que le retour des Palestiniens dans leur pays était un droit essentiel et pourtant, a-t-il regretté, Israël refuse toujours, en la matière, d'appliquer toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Toute volonté d'installer les Palestiniens dans des territoires autres que le leur constituerait une violation du droit international, a-t-il insisté. Mohamad Issa a par ailleurs appelé de ses vux la convocation, sous l'égide des Nations unies, d'une conférence qui permettrait de définir le terrorisme en le distinguant clairement du droit légitime des peuples à résister à l'occupation. Le terrorisme, a-t-il rappelé, est un phénomène destructeur qui ne saurait se définir par rapport à une religion ou un groupe ethnique. M. SARUNAS ADOMAVICIUS, sous-secrétaire aux affaires
étrangères de la Lituanie, a souligné
qu'il fallait protéger les droits de l'homme et les libertés
fondamentales contre toutes les formes de terrorisme. Il faut
parallèlement garantir que les mesures prises en matière
de lutte contre le terrorisme restent compatibles avec les exigences
de la démocratie, de l'Etat de droit et des droits de l'homme.
Le droit à la vie, à la liberté et à
la sécurité de la personne revêt un caractère
non moins urgent aujourd'hui que cela n'était le cas lors
de l'adoption de la Déclaration universelle des droits
de l'homme. Rappelant que la Lituanie deviendra membre à part entière de l'Union européenne le 1er mai prochain, il a expliqué que son pays dispose S'agissant de la question du trafic d'êtres humains, Sarunas Adomavicius a indiqué que le Programme national pour la prévention du trafic, lancé il y a deux ans, donnait déjà des résultats tangibles. Il a également souligné que la capitale lituanienne, Vilnius, allait accueillir, à la fin de ce mois, un séminaire international sur le trafic des êtres humains, en particulier les femmes et les enfants, dans le cadre du Conseil des Etats de la Mer baltique. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, qui a produit un Plan d'action pour combattre le trafic d'êtres humains, et le Conseil de l'Europe, qui prépare une convention spéciale, sont également engagés dans ce domaine, a-t-il rappelé. Les Nations unies pourraient tirer parti des réalisations des organisations régionales pour partager les expériences et les bonnes pratiques, a-t-il affirmé. Les normes internationales ne restent que de simples mots si elles ne sont pas traduites de manière adéquate dans les systèmes juridiques nationaux et dûment mises en uvre, a-t-il souligné. M. AKMAL SAIDOV, président du Centre national pour les droits de l'homme d'Ouzbékistan, a indiqué que son pays a développé sa propre voie pour réformer la société et son propre modèle de transition d'une règle autoritaire vers une société démocratique. Ont également été fixées les orientations concrètes des activités de l'Etat dans le domaine des droits de l'homme, a-t-il ajouté. A cet égard, il a souligné qu'en Ouzbékistan, le droit international prime sur le droit interne. Le pays a ratifié plus de 60 instruments internationaux dans le domaine des droits de l'homme et adopté plus de 200 lois sur les droits politiques, civils, économiques, sociaux et culturels, a-t-il précisé. Il a également rappelé qu'un système d'institutions nationales des droits de l'homme a été mis en place dans son pays. Akmal Saidov s'est en outre prononcé en faveur de la
prolongation de la Décennie des Nations Unies pour l'éducation
aux droits de l'homme pour les dix prochaines années. Il a indiqué qu'un système de surveillance de la protection des droits de l'homme a été créé en Ouzbékistan et a souligné que les institutions de la société civile et les médias sont largement impliquées dans le système de protection des droits de l'homme. Un dialogue constructif et très dynamique s'est par ailleurs noué, sur les questions de droits de l'homme, avec les organisations M. FRANCISCO SANTOS CALDERÓN, vice-président de la Colombie, a exprimé son indignation et sa douleur face aux attentats terroristes commis en Espagne. Il a rappelé que son pays est sans doute, de tous les pays du monde, celui qui aura subi avec le plus de vigueur et de violence les assauts du terrorisme. Ces seize dernières années, nous avons connu pas moins de 8 300 attaques terroristes, a-t-il précisé. Face aux menaces du terrorisme, notre pays met en uvre une politique de sécurité fondée sur les principes démocratiques, dont l'objectif est de restaurer l'État de droit et d'installer une présence active et continue des institutions sur tout le territoire afin d'assurer la sécurité et la justice et de renforcer le pouvoir local. A cet égard, il a souligné les résultats de la politique mise en uvre sous l'impulsion du président Uribe qui a notamment permis de réduire de 20% le taux d'homicide dans le pays. Il a souligné que le gouvernement actuel mène une politique de sécurité qui, pour être ferme et autoritaire, n'en respecte pas moins les normes internationales de droits de l'homme. Le vice-président colombien a par ailleurs reconnu la
persistance de difficultés en ce qui concerne le fonctionnement
de l'institution judiciaire. Une première étape
a été franchie en restaurant le contrôle territorial
des autorités légitimes, a-t-il toutefois fait valoir.
Il n'en demeure pas moins que des problèmes d'ordre structurel,
technique et culturel empêchent toujours l'avènement
d'un exercice normal de la justice. Il a ensuite souligné
que son pays redouble d'efforts en vue de limiter les crimes commis
par les groupes armés illégaux, qui demeurent au
centre des préoccupations du Gouvernement colombien. A
cet égard, il a affirmé que les autorités
colombiennes fondent de grands espoirs dans la mission d'accompagnement
du processus de paix initiée par l'Organisation des Etats
américains. Il a conclu en affirmant que son gouvernement
est lié par l'obligation de lutter contre le terrorisme
en utilisant tous les moyens compatibles avec les règles
de la démocratie et des droits de l'homme. M. MOHAMMED AUAJJAR, ministre des droits de l'homme du Maroc, a affirmé que la présente session de la Commission se tient dans une conjoncture internationale très délicate dans l'histoire de l'humanité. L'internationalisation du terrorisme et l'élargissement de son rayon d'action nous imposent de réfléchir à de nouvelles approches susceptibles d'appréhender les droits humains dans leur universalité et de protéger la vie tout en garantissant le droit de tous à la sécurité. Il a exhorté la communauté internationale à approfondir, dans le cadre d'une conférence mondiale, la réflexion sur le phénomène et les causes du terrorisme, en tenant compte des préoccupations propres à la Commission. Cette conférence pourrait aboutir à une conception commune de la lutte contre le terrorisme et à l'adoption d'une stratégie internationale mettant à contribution la société civile, les centres d'études et de recherche, ainsi que les militants des droits de l'homme, tout en veillant au respect de la Charte internationale des droits de l'homme. Le ministre des droits de l'homme du Maroc a en outre plaidé en faveur d'un réexamen des missions de la Commission et de l'adoption d'une nouvelle approche embrassant tout autant la mise en place de nouveaux critères de promotion des droits de l'homme que la consolidation institutionnelle des choix démocratiques par le biais du renforcement de la coopération en matière de droits économiques et socioculturels, au regard des impératifs de la mise en uvre du droit au développement. Mohammed Auajjar a par ailleurs souligné que le nouveau Code de la famille adopté au Maroc apporte la preuve de l'inexistence d'une quelconque antinomie entre islam et droits de l'homme. Dans le cadre du projet de réconciliation nationale, le Roi Mohammed VI a mis en place une instance appelée "Equité et réconciliation" qui est appelée à faire toute la vérité sur le passé douloureux du pays, en toute objectivité et en prenant toutes les garanties légales pour que les erreurs du passé ne se reproduisent plus jamais. S'agissant de la question du Sahara occidental, le ministre marocain des droits de l'homme a exprimé la satisfaction de son gouvernement quant à la mise en uvre des mesures de confiance entreprises sous l'égide du Haut Commissariat pour les réfugiés, s'agissant en particulier de l'"échange de visites" entre les familles marocaines originaires des provinces sahariennes du Maroc. Cet échange de visites devrait permettre au HCR d'assurer le rapatriement librement consenti au Maroc des Sahraouis marocains qui en manifesteraient le désir. Il a enfin exhorté la communauté internationale à exiger la libération totale, immédiate et inconditionnelle des 514 détenus marocains à Tindouf. M. KOSTYANTYN GRYSHCHENKO, ministre des affaires étrangères
de l'Ukraine, a estimé que la mort tragique de Sérgio Vieira de Mello en août 2003 et les récents attentats de Madrid - les plus choquants depuis le 11 septembre 2001 - posent à nouveau la question de savoir comment on peut réunir le savoir, le bon sens et tous les efforts afin de garantir à tous le plus élémentaire et le plus inaliénable des droits: le droit à la vie. L'Ukraine condamne résolument le terrorisme et demeure entièrement résolue à en extirper les racines, a-t-il souligné. Le Kostyantyn Gryshchenko a estimé urgent d'intensifier les efforts à tous les niveaux pour prévenir les conflits, soulignant que cela passe par la prévention des violations massives des droits de l'homme. Il s'est félicité de l'adoption récente de la Loi sur l'administration de l'Irak pour la période transitoire et a fait valoir le rôle vital des Nations unies pour en mettre en uvre les dispositions, en particulier en ce qui concerne les droits de l'homme. La Commission devrait en outre continuer à accorder une attention particulière aux questions telles que l'égalité des sexes, la promotion et la protection des droits de l'enfant et des femmes, la lutte contre la violence à l'égard des femmes, la protection des minorités nationales, et le soutien aux politiques en faveur des jeunes et de la famille. L'Ukraine, pour sa part, est engagée à mettre pleinement en uvre les principes de la primauté du droit et de la démocratie et à protéger et promouvoir les droits et libertés, notamment par le renforcement des ses institutions nationales et la réforme récente de sa Constitution. Il a exprimé la gratitude de son pays aux Nations unies et aux pays qui ont rendu hommage aux victimes de la Grande Famine de 1932-1933 qui a vu le régime soviétique totalitaire faire plus de sept millions de morts parmi la population ukrainienne. M. ABDELOUAHED BELKEZIZ, cecrétaire général
de l'Organisation de la Conférence islamique
(OCI), a rappelé que l'islam a introduit il y a plusieurs
siècles, et pour la première fois dans l'histoire
des civilisations humaines, le concept de l'égalité
absolue entre les êtres humains, alors qu'aujourd'hui,
chacun peut se rendre compte que de nombreux musulmans à
travers la planète sont victimes de l'intolérance,
du fanatisme et de la haine et que la religion islamique est accusée
d'hostilité aux droits de l'homme. A cet égard,
il a rappelé la déclaration du 13 janvier par le
secrétaire général des Nations Unies Kofi
Annan : "L'une des manifestations les plus blâmables
du racisme aujourd'hui est l'islamophobie". Il a ajouté
que les tentatives insidieuses visant à faire l'amalgame
entre islam et terrorisme ne peuvent être que rejetées
car elles défient la raison et la logique. Il a émis
l'espoir que la Commission des droits de l'homme accordera une
attention particulière à l'examen de cette question.
M. Belkeziz s'est dit préoccupé par les dérapages
et les politiques discriminatoires que les campagnes antiterroristes
font naître dans certaines régions. Le Secrétaire général de l'OCI a ensuite déploré le fait qu'Israël fasse fi de toutes les résolutions des Nations unies, soulignant la nécessité, en accord avec les principes du droit international, de reconnaître le droit du peuple palestinien à l'autodétermination. Il a estimé qu'Israël entrave la mise en uvre de la légalité internationale, aggrave la souffrance du peuple palestinien et crée un climat de tension et de violence susceptible de menacer la sécurité et la paix dans toute la région du Moyen-Orient. Il a ensuite abordé la situation en Irak, où, a-t-il estimé, la question des droits de l'homme est fort préoccupante. L'OCI appelle au respect des accords internationaux qui régissent la situation dans cette région, dont la quatrième Convention de Genève. Il est urgent de restaurer l'indépendance et la souveraineté du peuple irakien pour lui permettre de se prendre librement et pleinement en charge et de l'aider à instaurer la paix et la stabilité. Evoquant par ailleurs la situation au Cachemire, le secrétaire général de la Conférence islamique a déclaré que tout doit être mis en uvre pour garantir et protéger les droits des minorités partout où ils sont bafoués. M. ISAO MATSUMIYA, secrétaire parlementaire pour
les affaires étrangères au Japon, a rappelé
que la Déclaration de Vienne insiste sur les liens
étroits entre l'universalité et les particularismes
nationaux et régionaux. La tâche des Etats consistant
à respecter les particularismes tout en développant
les valeurs universelles. Le Japon souligne l'importance du
dialogue qui a permis le développement de nombreux instruments
et documents sur les droits de l'homme ayant fourni des normes
communes à la communauté internationale. Concernant
les menaces telles que le terrorisme et les maladies, qui ne connaissent
pas les frontières, Isao Matsumiya a estimé que
la notion traditionnelle de "sécurité dans
les limites du territoire" soit dépassée et
a appelé à des réponses détaillées
et fermes qui prennent en compte les considérations sociales,
humanitaires et des droits de l'homme et la question de la reconstruction
économique. Le Japon continuera à uvrer en faveur
de la promotion de la sécurité humaine en coopération
avec les Nations unies, les Etats Membres, les organisations non
gouvernementales, par le biais de ses dispositifs diplomatiques
telles que l'Assistance officielle au développement. La
tenue de la troisième Conférence internationale
de Tokyo sur le développement en Afrique constitue un exemple
de ces efforts. Le Secrétaire parlementaire a indiqué que son pays avait toujours attaché de l'importance à l'autonomisation des femmes en coopération avec les Nations unies, les organisations internationales, les autres pays et les organisations non gouvernementales. Quant aux droits des handicapés, le Japon compte participer activement aux discussions du Comité spécial chargé de rédiger une Convention exhaustive et intégrale sur la protection et la promotion des droits et de la dignité des personnes handicapées. Abordant la situation des droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée, le Japon a déploré que la résolution demandant une réponse aux questions relatives à l'enlèvement de ressortissants étrangers soit restée lettre morte. Le Japon insiste pour que la Corée du Nord remédie à la situation inhumaine actuelle dans laquelle ceux qui sont revenus après avoir été enlevés demeurent séparés de leurs familles, restées en Corée du Nord. Le Japon demande une nouvelle fois à la Corée du Nord de coopérer sans restriction avec le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires et le Haut Commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme. MME PAULA DOBRIANSKY, sous-secrétaire d'Etat aux affaires internationales des Etats-Unis, a fait valoir l'impact direct qu'ont les travaux de la Commission en faveur des droits de l'homme sur la vie de millions de personnes à travers le monde. A cet égard, elle a évoqué un de ses récents voyages en Afghanistan où elle a pu constater l'espoir et la joie de nombreuses femmes face à leur nouvelle liberté et à leur démocratie naissante. Toutefois, elle a déploré que la Commission n'assume pas toujours pleinement son mandat et sa responsabilité d'attirer l'attention sur les violations des droits de l'homme, d'exiger la fin des violences et d'aider ceux qui sont sur la voie du changement. "Le temps de choisir est arrivé. Au cours des prochaines semaines, nous pouvons choisir soit de prendre notre mandat au sérieux et défendre ceux qui, partout dans le monde, luttent pour leur liberté, comme les Birmans ou les Cubains, ou bien trouver des raisons au silence et à l'inaction", a-t-elle déclaré. Se lever pour les droits des opprimés n'est pas seulement un acte de charité, a-t-elle ajouté rappelant qu'à mesure que la liberté avance, toutes les nations démocratiques deviennent plus sûres. La représentante des Etats-Unis a souligné l'importance
de l'initiative de la Communauté des démocraties
qui a pour but, notamment, d'aider les pays nouvellement libérés
à développer leurs institutions démocratiques
et montrer à ceux qui subissent toujours la tyrannie qu'ils
ne luttent pas seuls. Relevant certains résultats encourageants
intervenus notamment au Kenya, au Qatar, au Guatemala et au Maroc,
elle a souligné qu'en assumant la responsabilité
de dénoncer les violations au sein de la Commission, il
ne s'agit pas de se désengager ou d'isoler les nations
critiquées. La critique n'est pas nécessairement
contre-productive et peut être un important pas vers la
résolution des problèmes, a-t-elle fait valoir.
Les idées sont importantes mais l'action est essentielle,
a-t-elle ajouté. Rappelant que la liberté est un
droit universel de l'humanité, elle a estimé que
la Commission devait défendre ceux qui se battent pour
leur liberté, comme les Tibétains ou les Biélorusses.
Dans cette optique, elle a rappelé que la première
résolution adoptée par la Commission sur un pays
particulier a été pour dénoncer les violations
du régime d'apartheid en Afrique du Sud. Le résultat
aujourd'hui est visible : des millions de Sud-Africains libres.
La Commission des droits de l'homme devrait être une enceinte
dans laquelle on défend les principes universels et où
l'on condamne ceux qui les violent de façon répétée.
La représentante américaine a lancé un appel
à cette session afin que les discours en faveur des
droits de l'homme aillent de pair avec une action réelle. M. DIMITRIJ RUPEL, ministre des affaires étrangères de la Slovénie a souligné la nécessité de définir des mécanismes permettant de contrôler le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. A cet égard, il a appuyé la proposition visant à mettre en place un bureau de liaison entre le Comité antiterrorisme du Conseil de sécurité et le Bureau du Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme. Toutefois, il serait peut être opportun de créer un mécanisme particulier, permettant de contrôler la légalité des mesures antiterroristes, eu égard au droit international des droits de l'homme. Seul le plein respect des droits de l'homme pourra permettre de gagner, sur le long terme, le combat contre le terrorisme. Le ministre a ensuite abordé la question du trafic
d'être humains, soulignant que son pays a adopté
des mesures adéquates permettant de lutter contre ce fléau,
qui frappe particulièrement les femmes et les enfants.
Il s'est dit pleinement conscient que seule une coopération
constructive entre le Parlement, le gouvernement, l'autorité
judiciaire et les organisations non gouvernementales, est une
condition essentielle du succès de la mise en uvre des
politiques visant à lutter contre le trafic d'être
humains. Le ministre a ajouté que le succès de la
lutte contre le trafic d'être humains passe par une étroite
coopération aux niveaux international, régional
et national. Il a ensuite affirmé que son pays continuera
de soutenir et de promouvoir la tradition de coopération
entre les pays de l'Europe de l'Est. Il s'est dit certain que
la mort tragique de M. Trajkosvski ne ruinera pas les efforts
déployés par la Macédoine pour rétablir
un Etat stable et prospère. Enfin, le ministre a rappelé
que la Commission des droits de l'homme représente un grand
espoir pour de nombreux peuples de par le monde. Cette institution,
a-t-il rappelé, ne poursuit pas des buts de nature politique.
Il appartient à ses membres de dépasser leurs intérêts
pour promouvoir des valeurs et des normes applicables à
la communauté internationale dans son ensemble. DROIT DE REPONSELe représentant de l'Algérie a déclaré que son pays s'efforce de faire aboutir la libération de prisonniers de guerre et s'étonne que la délégation marocaine se soit livrée devant la Commission des droits de l'homme à un exercice purement politique. Le représentant de la République populaire démocratique de Corée a réfuté les accusations lancées par le représentant du Japon concernant l'enlèvement de ressortissants coréens, estimant que son intervention était fondée sur des informations déformées. Le représentant du Japon a pour sa part estimé que les enlèvements sont des actes graves, illégaux et ne sauraient être permis. Le Japon n'estime pas ce dossier clos malgré le retour de cinq personnes en 2002. Il faut remédier à cette situation d'urgence et le Japon demande à la République populaire démocratique de Corée de prendre des mesures pour permettre le retour des personnes enlevées qui se trouvent toujours dans ce pays. Ces personnes sont des citoyens japonais qui ont été "emmenés en Corée du Nord contre leur gré". Il est absurde à présent qu'elles sont de retour au Japon de demander à ce qu'elles retournent en Corée du Nord. Le représentant de la République populaire démocratique de Corée a rejeté catégoriquement les allégations du représentant japonais et estimé que les autorités japonaises ne devaient pas refuser le retour de ces personnes si elles sont réellement déterminées à trouver une solution à l'amiable. Reprenant la parole, le représentant du Japon a rappelé que M. Kim Jong-il a reconnu l'enlèvement de Japonais par la République populaire démocratique de Corée. Il a exhorté ce pays à permettre le retour des familles des personnes enlevées au Japon. À propos de la Déclaration de Pyong Yang, il a estimé qu'il n'y a pas à renchérir sur cette déclaration qui traite du passé colonial et que cela n'enlève rien à l'illégalité des enlèvements précités. Le représentant d'Israël a répondu au secrétaire général de l'Organisation de la Conférence islamique en soulignant que très récemment, les Palestiniens se sont servis d'un enfant de 12 ans pour franchir une frontière et tenter de faire exploser une bombe pour tuer des israéliens innocents, en même temps que cet enfant qui n'était pas au courant qu'il était porteur d'une bombe. Voilà le genre de menaces auxquelles nous sommes confrontés, a-t-il déclaré. |