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GENEVE, 60e SESSION LINTERVENTION DU PEROU La Commission des droits de l'homme a entendu, le 26 mars 2004, au cours d'une brève séance publique, une déclaration du ministre des relations extérieures du Pérou, Manuel Rodríguez-Cuadros, qui a plaidé en faveur de l'extradition par le Japon de l'ancien président péruvien Alberto Fujimori, garantissant que ce dernier bénéficierait au Pérou d'un procès juste et respectueux des droits de la défense. MANUEL RODRÍGUEZ CUADROS, ministre des relations extérieures du Pérou, a rappelé que son pays était passé, durant la décennie écoulée, par une période de violence terroriste. En 2003, la Commission de vérité et réconciliation nationale a rendu son rapport sur cette violence. Après avoir recueilli plus de 17'000 témoignages, elle a chiffré le nombre de morts du fait de la violence terroriste à 32'000; le nombre total de victimes, disparus compris, s'élève à plus de 69'000. Si le terrorisme a été la cause première de ces pertes, le ministre a relevé que, dans un tel contexte, des violations graves des droits de l'homme - exécutions sommaires, disparitions forcées et cas de torture - doivent également être imputées à des agents de l'Etat. La justice péruvienne a ouvert une procédure pénale contre l'ancien président du pays au motif de sa responsabilité dans ces crimes et délits contre l'humanité, a poursuivi M. Rodríguez Cuadros. Le gouvernement péruvien a donc présenté au gouvernement japonais une demande d'extradition d'Alberto Fujimori; le dossier d'extradition est étayé de preuves concluantes, a souligné le Ministre. Le ministre péruvien a rappelé que les Etats ont l'obligation de garantir l'accès des victimes à une justice juste et efficace; nier l'accès à la justice revient en effet à consacrer l'impunité, a-t-il souligné. Le respect des droits de l'homme et l'impunité s'excluent l'un l'autre, a-t-il poursuivi, relevant par ailleurs que d'autres méthodes utilisées pour consacrer l'impunité existent : lois d'amnistie ou refus d'extradition, par exemple. Le droit international confirme par ailleurs que les chefs d'Etat responsables de délits contre l'humanité doivent être jugés dans les pays où ils ont commis ces crimes, et que les autres Etats doivent prêter la main à ces poursuites. De plus, le principe de non-extradition des nationaux ne s'applique pas en l'espèce, M. Fujimori ayant aussi la nationalité péruvienne. Les gouvernements du Japon et du Pérou ont tous deux ratifié la Convention contre la torture, a rappelé le ministre, soulignant que Alberto Fujimori s'est rendu coupable de ce crime, ainsi que le précise la demande d'extradition. En l'absence de traité d'extradition entre les deux Etats, c'est donc l'article 8 de la Convention sur la torture qui doit s'appliquer, a fait valoir le ministre péruvien. Le gouvernement péruvien demande que justice soit rendue aux victimes. Dans le même temps, il garantit que l'ancien président Fujimori bénéficiera d'un procès juste et respectueux des droits de la défense. |