La Commission des droits de l'homme


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RESOLUTION, 60e SESSION / LA LUTTE CONTRE LA DIFFAMATION DES RELIGIONS
__La Commission se déclare préoccupée par les images stéréotypées négatives des religions et par les manifestations d'intolérance et de discrimination en matière de religion ou de conviction présentes dans certaines régions du monde

La Commission des droits de l'homme a adopté, le 13 avril 2004, une résolution portant sur la lutte contre la diffamation des religions. Par 29 voix pour, 16 contre et avec sept abstentions, la Commission s'est déclarée profondément préoccupée par les images stéréotypées négatives des religions et par les manifestations d'intolérance et de discrimination en matière de religion ou de conviction encore en évidence dans certaines régions du monde ainsi que par le fait que l'islam est souvent et faussement associé aux violations des droits de l'homme et au terrorisme.

[Ci-dessus. Fond gris]
Aux termes de sa résolution sur la lutte contre la diffamation des religions, la Commission charge le Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée d'étudier la situation des populations musulmanes et arabes dans diverses régions du monde, en accordant une attention particulière aux violences et voies de fait dont leurs lieux de culte, leurs centres culturels, leurs commerces et entreprises et leurs biens sont la cible à la suite des événements du 11 septembre 2001.

L'Irlande (au nom des pays de l'Union européenne membres de la Commission), les Etats-Unis, la République dominicaine, l'Inde, le Costa Rica, le Guatemala et le Sri Lanka se sont exprimés sur ce texte.

LA RESOLUTION SUR LA LUTTE CONTRE LA DIFFAMATION DES RELIGIONS

Par une résolution sur la lutte contre la diffamation des religions (E/CN.4/2004/L.5), adoptée par 29 voix pour, 16 contre et 7 abstentions, la Commission se déclare profondément préoccupée par les images stéréotypées négatives des religions et par les manifestations d'intolérance et de discrimination en matière de religion ou de conviction encore en évidence dans certaines régions du monde ainsi que par le fait que l'islam est souvent et faussement associé aux violations des droits de l'homme et au terrorisme.

Elle engage tous les Etats à prendre, dans le cadre de leur système juridique interne et en conformité avec les instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme, toutes les mesures appropriées pour combattre la haine, la discrimination, l'intolérance et les actes de violence, d'intimidation et de coercition motivés par l'intolérance religieuse, y compris les attentats contre les lieux de culte.Up

La Commission encourage les Etats à prendre toutes les mesures possibles pour promouvoir la tolérance et le respect de toutes les religions et de leurs systèmes de valeurs et demande à la communauté internationale d'engager un dialogue mondial en vue de promouvoir une culture de tolérance fondée sur le respect de tous les droits fondamentaux et le respect de la diversité religieuse. Elle prie instamment les Etats, les organisations non gouvernementales, les organismes religieux, la presse et les médias électroniques de soutenir et de promouvoir ce dialogue.

La Commission prie le haut commissaire aux droits de l'homme de travailler à inclure les aspects relatifs aux droits de l'homme dans le dialogue entre les civilisations et charge le Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée d'étudier la situation des populations musulmanes et arabes dans diverses régions du monde, en accordant une attention particulière aux violences et voies de fait dont leurs lieux de culte, leurs centres culturels, leurs commerces et entreprises et leurs biens sont la cible à la suite des événements du 11 septembre 2001, ainsi que de présenter à la Commission un rapport intérimaire - avec ses constatations - qu'elle examinera à sa prochaine session.

Ont voté pour (29) : Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Bahreïn, Bhoutan, Brésil, Burkina Faso, Chine, Congo, Costa Rica, Cuba, Egypte, Erythrée, Ethiopie, Fédération de Russie, Gabon, Honduras, Indonésie, Mauritanie, Nigéria, Ouganda, Pakistan, Paraguay, Qatar, Sierra Leone, Soudan, Sri Lanka, Togo, et Zimbabwe.

Ont voté contre (16) : Allemagne, Australie, Autriche, Croatie, Etats-Unis, France, Guatemala, Hongrie, Irlande, Italie, Japon, Pays-Bas, République dominicaine, Royaume-Uni, Suède et Ukraine.

Abstentions (7): Arménie, Chili, Inde, Mexique, Népal, Pérou et République de Corée.

LES DECLARATIONS

MME MARY WHELAN (Irlande, au nom de l'Union européenne) a reconnu la valeur d'un dialogue renforcé contre l'intolérance religieuse. Elle a toutefois souligné que l'intolérance ne se limite malheureusement pas à une seule religion; or cette considération devrait mieux être reflétée dans le projet de résolution, qui n'est pas équilibré à cet égard. L'Union européenne votera donc contre la résolution, a indiqué la représentante irlandaise.Up

M. JEFFREY DE LAURENTIS (Etats-Unis) a dit que les Etats se doivent de protéger la liberté religieuse de leurs citoyens et de ne pas fermer les yeux face aux attaques dont cette liberté peut faire l'objet. Les Etats-Unis sont d'accord avec certains des termes de ce projet de résolution; mais ils estiment qu'il est incomplet car il n'inclut pas toutes les religions. Les Etats-Unis voteront donc contre ce projet de résolution.

MME RHADYS ABREU DE POLANCO (République dominicaine) a rappelé que son pays condamne la diffamation de toutes les religions et que la Constitution dominicaine consacre la liberté de culte. Elle a néanmoins estimé que le projet de résolution L.5 devrait faire mention des autres religions faisant l'objet de diffamation. Etant donné que tel n'est pas le cas, la République dominicaine votera contre ce texte.

M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) s'est opposé catégoriquement à toute diffamation contre toute religion, y compris l'islam. Il s'est opposé aux tentatives d'associer l'islam au terrorisme et s'est dit contre les détournements obscurantistes des religions visant à justifier la violence et le terrorisme. Il a estimé que la question de la diffamation des religions devrait être traitée dans le cadre des droits civils et politiques et non du racisme. En outre, il a exprimé des réserves quant au fait que seule la religion musulmane soit citée dans le projet de résolution L.5. Par conséquent, son pays s'abstiendrait lors du vote sur ce projet.

MME CARMEN CLARAMUNT (Costa Rica) a déploré que des stéréotypes soient associés à la religion musulmane, particulièrement depuis les événements du 11 septembre 2001. Le Costa Rica exprime aussi son inquiétude face à la manipulation de l'information et au discrédit dont souffrent également d'autres confessions religieuses. Or, le texte du projet de résolution L.5 ne reflète pas cette diversité de situation, a regretté la représentante; elle a lancé un appel aux co-auteurs de ce texte afin qu'ils octroient un caractère plus universel à ce projet de résolution. Quoi qu'il en soit, le Costa Rica votera en faveur de ce projet de résolution L.5, a précisé la représentante.

M. LARS PIRA PÉREZ (Guatemala) a condamné toutes les formes de diffamation à l'égard de la religion. Il a regretté qu'en l'état, le projet de résolution L.5 accorde une place prédominante à une seule religion, alors que toutes les religions font l'objet d'attaques. Pour cette raison, le Guatemala votera contre le projet de résolution L.5, a indiqué le représentant.

MME SARALA FERNANDO (Sri Lanka) a déclaré que son pays était opposé à toute diffamation à l'égard d'une religion quelle qu'elle soit et soutiendra par conséquent le projet de résolution L.5.

Source : Nations unies, Genève, 13 avril 2004.
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