La Commission des droits de l'homme


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RESOLUTION, 60e SESSION / LA LUTTE CONTRE LE RACISME ET L’ANTISEMITISME
__La Commission se déclare profondément préoccupée par la glorification d'anciens membres de la Waffen SS

La Commission des droits de l'homme a adopté, le 16 avril 2004, par 39 voix contre 13, avec 4 abstentions, au titre du racisme, une résolution, dans laquelle elle se déclare profondément préoccupée par la glorification d'anciens membres de la Waffen SS.

Par une résolution sur le caractère inacceptable de certaines pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée (E/CN.4/2004/L.16/Rev.2), adoptée par 36 voix, 13 contre et 4 abstentions, la Commission se déclare profondément préoccupée par la glorification d'anciens membres de la Waffen SS, en particulier l'édification de monuments et de mémoriaux ainsi que l'organisation de manifestations publiques d'anciens SS et souligne que ces pratiques font injure à la mémoire des innombrables victimes de l'organisation SS et corrompent l'esprit des jeunes.

La Commission insiste sur la nécessité de prendre les mesures voulues pour faire cesser ces pratiques et prie le Rapporteur spécial sur toutes les formes d'intolérance d'engager une réflexion sur cette question.

Ont voté pour (36) : Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Arménie, Bahreïn, Bhoutan, Brésil, Burkina Faso, Chili, Chine, Congo, Costa Rica, Cuba, Egypte, Erythrée, Ethiopie, Fédération de Russie, Gabon, Inde, Indonésie, Mauritanie, Mexique, Népal, Nigeria, Ouganda, Pakistan, Paraguay, Pérou, Qatar, Sierra Leone, Soudan, Sri Lanka, Swaziland, Togo, Ukraine et Zimbabwe.

Ont voté contre (13) : Allemagne, Australie, Autriche, Croatie, Etats-Unis, France, Hongrie, Irlande, Italie, Japon, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède.

Abstentions (4) : Guatemala, Honduras, République de Corée et République dominicaine.

DECLARATIONS

M. WANG MIN (Chine) a indiqué que son pays appuie le projet de résolution L.16/Rev.2 sur le caractère inacceptable de certaines pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée et votera donc en faveur de ce texte. Les actes des néo-nazis, skinheads et autres extrémistes sont en augmentation, a-t-il rappelé. Certains pays comme le Japon connaissent en outre un regain du militarisme et la théorie de la suprématie japonaise reprend de la vigueur, a-t-il affirmé. Il a invité la Commission à se pencher sur cette question.Up

MME MARY WHELAN (Irlande, au nom de l'Union européenne et des pays associés) a estimé que le racisme est un défi qui nécessite une action à la fois internationale, régionale et nationale. Se disant consciente que le néo-nazisme existe en Europe et ailleurs dans le monde, elle l'a condamné dans les termes les plus vigoureux. Elle a toutefois estimé qu'il faudrait examiner la question du néo-nazisme de façon plus complète, par exemple dans le cadre de la résolution portant sur la démocratie. À cet égard, elle a estimé que le projet présenté ne contribue pas à régler le problème de façon satisfaisante et complète. En conséquence, l'Union européenne ne pourra pas l'appuyer et demande un vote sur le projet de résolution.

M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) a déclaré que le projet de résolution L.16/Rev.2 n'est pas dirigé contre un pays ou un groupe de pays donnés. La question soulevée est à la fois d'importance et d'actualité. Le racisme sous toutes ses formes est un phénomène détestable qu'il convient de condamner avec force, a insisté le représentant indien. Il existe des preuves de l'activité de groupes fascistes qui sont autant de menaces graves à toute l'œuvre de la communauté internationale en matière de lutte contre le racisme. L'Inde appuie donc ce projet de résolution, d'autant plus qu'il n'est dirigé contre aucun pays.

MME NAÉLA GABR (Egypte) a déclaré que son pays, en tant que pays ayant approuvé la Déclaration de Durban, appuie le contenu du projet de résolution L.16/Rev.2. En effet, ce projet de résolution entre pleinement dans le cadre des travaux de la Commission. Mon pays, a affirmé la représentante égyptienne, a toujours refusé d'approuver les projets de résolution prenant pour cible un pays en particulier; or, tel n'est pas le cas du présent projet de résolution et l'Egypte l'appuie donc.

M. SHAUKAT UMER (Pakistan) s'est félicité de l'amélioration apportée au texte du projet L.16/Rev.2 par rapport à sa version initiale. Il a souligné que le contenu de ce projet de résolution traite d'un phénomène qui préoccupe un grand nombre de pays abritant des minorités et que ce texte est donc pertinent pour tous. Sur cette base, le Pakistan votera pour ce projet de résolution, a indiqué le représentant.

M. ZOHRAB MNATSAKANIAN (Arménie) a estimé que le projet de résolution L.16/Rev.2 est important sur le fond et a relevé qu'il ne se concentre pas sur des cas particuliers; l'Arménie peut donc appuyer ce projet de nature globale.Up

M. ROGER JULIEN MENGA (République du Congo) a déclaré que son pays appuiera le projet de résolution L.16/Rev.2 compte tenu de la gravité des questions qu'il soulève.

M. JUAN MARTABIT (Chili) a indiqué que son pays appuiera le projet de résolution L.16/Rev.2, fidèle en cela à sa condamnation constante de toutes les formes de racisme. Toutefois, a souligné le représentant, le projet de résolution aurait pu être amélioré en étant présenté dans le cadre d'un texte plus général.

M. JUAN MIGUEL FERNÁNDEZ PALACIOS (Cuba) a indiqué que son pays appuie le projet de résolution L.16/Rev.2 en raison de la pertinence de ce texte, qui traite de lutte contre le racisme et met l'accent sur la résurgence de groupes nazis. Cuba appuie sans réserve ce texte, a insisté le représentant.

MME JANETTE NDLOVU (Afrique du Sud) a indiqué que son pays, après avoir souffert de la forme la plus cruelle du racisme, a toujours mis l'accent sur la nécessité de rester vigilants face aux phénomènes de racisme. L'humanité se doit de suivre l'émergence des formes contemporaines de racisme, a-t-elle insisté. Elle a indiqué que l'Afrique du Sud voterait en faveur du projet L.16/Rev.2.

M. ABDULWAHAB ABDULSALAM ATTAR (Arabie Saoudite) a relevé que le projet de résolution L.16/Rev.2 n'est dirigé contre aucun pays en particulier et a indiqué que son pays voterait en faveur du texte.

M. BENJAMÍN ZAPATA (Honduras) a estimé que toute manifestation de racisme et tout mouvement encourageant le racisme doivent être rejetés. Il a toutefois estimé que certains éléments du projet de résolution L.16/Rev.2 devraient être précisés et a indiqué que le Honduras s'abstiendrait lors du vote sur ce texte.

M. SAEED MOHAMED AL-FAIHANI (Barheïn) a souligné que le projet de résolution L.16/Rev.2 ne se réfère à aucun pays particulier.

M. FAHD AL-THANI (Qatar) a précisé que son pays voterait en faveur du projet de résolution L.16/Rev.2, qui ne cible aucun pays en particulier.

M. BIODUN OWOSENI (Nigeria) a souligné que son pays n'a eu de cesse de lutter contre le racisme et contre toutes ses manifestations depuis son accession à l'indépendance et appuiera donc le présent projet de résolution qui appelle l'ensemble de la communauté internationale à lutter contre les nouvelles formes de racisme.

M. SHOTARO OSHIMA (Japon) a indiqué que le projet de résolution L.16/Rev.2 suscitait en lui plusieurs interrogations. En réponse à l'intervention de la Chine, il a déclaré que le mouvement dénoncé par le représentant chinois, en référence au Japon, n'a aucun rapport avec le racisme.

Source: Nations unies, Genève, 16 avril 2004.
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