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2005 / LA SITUATION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME La Commission des droits de l'homme a entendu, le 13 avril 2005, la Représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, Mme Hina Jilani, qui s'est dite encouragée par certaines évolutions positives intervenues au cours de l'année écoulée, soulignant néanmoins que le nombre de communications envoyées aux États concernant des abus commis sur des défenseurs de droits de l'homme était supérieur de plus de 30% à celui de l'année 2004. De nombreux abus ont frappé les défenseurs des droits de l'homme travaillant sur les questions relatives aux droits des populations autochtones, a-t-elle souligné. Leurs pays étant directement concernés par le rapport de la Représentante spéciale, qui y a effectué des visites, les représentants de l'Angola et de la Turquie ont fait des déclarations. LA PRESENTATION DU RAPPORTPrésentant son rapport, MME HINA JILANI, Représentante spéciale du Secrétaire général concernant la situation des défenseurs des droits de l'homme, s'est dite encouragée par certains développements positifs intervenus au cours de l'année écoulée. Elle a toutefois souligné que le nombre de communications envoyées aux Etats concernant des abus commis sur des défenseurs de droits de l'homme était supérieur de plus de 30% à celui de l'année dernière. Cette année des communications ont été envoyées concernant 895 défenseurs de droits de l'homme et 170 organisations non gouvernementales. Chacune de ces affaires reflète en elle-même les difficultés rencontrées par les défenseurs des droits de l'homme ainsi que les risques encourus par ces personnes sur le terrain. Dans ce contexte, elle a souligné que de nombreux abus ont frappé les défenseurs des droits de l'homme travaillant sur les questions relatives aux droits des populations autochtones : assassinats, torture, disparitions forcées. Mme Jilani a par ailleurs exprimé sa préoccupation
face aux attaques perpétrées contre des personnels
humanitaires dans les régions de conflit. La Représentante
spéciale a exprimé son inquiétude face aux
réponses données par les différents gouvernements
qui tentent de justifier des atteintes aux droits des défenseurs
des droits de l'homme en mettant en avant leur législation
nationale. La loi doit être conforme aux instruments
internationaux pertinents, a rappelé avec force la
Représentante spéciale, qui a en outre souligné
que nombre d'États ont vite fait d'assimiler les défenseurs
des droits de l'homme à des terroristes. Les gouvernements
ne prennent pas de mesures suffisantes pour assurer que les responsables
d'abus contre les défenseurs des droits de l'homme fassent
l'objet de poursuites, a-t-elle souligné. LE RAPPORTLe rapport concernant la situation des défenseurs des droits de l'homme (E/CN.4/2005/101 et Add.1 à 3) prie instamment les Etats de reconnaître pleinement et concrètement le rôle positif que jouent les défenseurs des droits de l'homme dans la recherche d'une solution pacifique aux conflits politiques et sociaux. Il les prie de respecter l'expression pacifique des revendications concernant les droits fonciers et les droits des populations autochtones, les droits des travailleurs, les droits des minorités et les droits démocratiques, en tant qu'exercice légitime du droit énoncé dans la Déclaration sur les défenseurs des droits de l'homme, à savoir promouvoir la protection et la réalisation des droits de l'homme. Dans les situations de conflit armé, et en particulier de troubles civils, les gouvernements et les autres belligérants sont instamment priés de s'abstenir de prendre pour cible les défenseurs des droits de l'homme et de distinguer l'expression publique et pacifique d'un dissentiment de la rébellion armée. Le rapport demande à tous les organes et institutions des Nations Unies de porter une attention particulière à la protection des défenseurs des droits de l'homme dans le cadre de leur action.
DECLARATIONS DES PAYS CONCERNESM. JOAQUIM BELO MANGUEIRA (Angola) a affirmé qu'en visitant librement l'intérieur de l'Angola, la Représentante spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l'homme a pu constater la volonté du peuple angolais en matière de promotion du développement, après 30 années d'une guerre fratricide et dévastatrice. Le gouvernement angolais est honoré par la conviction exprimée par la Représentante spéciale selon laquelle les indicateurs positifs de l'évolution des droits de l'homme dans le pays constituaient "un indicateur de tendance de progrès". L'amélioration notoire de la situation des droits de l'homme en Angola est aujourd'hui reconnue par les principales chancelleries étrangères et par les plus importantes organisations internationales de défense des droits de l'homme. À l'exception de quelques cas isolés, depuis la fin du conflit armé, l'Angola n'a pas enregistré de cas graves de violations des droits de l'homme concernant les défenseurs des droits de l'homme. Lorsque des cas sont signalés au gouvernement, ce dernier met en place la solution adéquate et s'efforce d'améliorer les méthodes visant à prévenir les risques d'abus. En revanche, le gouvernement n'est pas d'accord avec certaines considérations de principes contenues dans le rapport, lesquelles, a-t-il dit, ne reflètent pas la réalité et les efforts entrepris par le gouvernement et la société civile. Le gouvernement, a fait valoir M. Mangueira, a mis en place depuis 1991, avec l'avènement du multipartisme, de mécanismes de promotion et de sauvegarde des droits de l'homme, avec la coopération active des Nations Unies et la participation des représentants de la société civile et des organisations non gouvernementales. Certains aspects ne sont en revanche pas satisfaisants, a-t-il souligné, citant le fonctionnement déficient de quelques institutions. M. TÜRKEKUL KURTTEKIN (Turquie) s'est félicité que le rapport de la Représentante spéciale sur les défenseurs des droits de l'homme souligne les progrès réalisés en Turquie s'agissant non seulement de la situation des défenseurs des droits de l'homme, mais aussi dans le domaine des droits de l'homme en général. Le représentant s'est également félicité que Mme Jilani se dise encouragée par les progrès enregistrés par le gouvernement turc en matière de réformes dans le domaine des droits de l'homme. La détermination du peuple et du gouvernement de la Turquie de parvenir à des normes plus élevées dans le domaine des droits de l'homme se poursuivra, a affirmé le représentant. Le représentant turc a par ailleurs affirmé que certaines des observations, recommandations et critiques contenues dans le rapport de Mme Jilani devaient être appréhendées en tenant compte du fait que la nouvelle loi sur les associations n'était pas en vigueur au moment de la visite de la Représentante spéciale. Elle est entrée en vigueur en novembre 2004. Cette loi vise à résoudre certains des aspects au sujet desquels le rapport de Mme Jilani exprime des réserves. Par la promulgation et l'application de cette loi, certaines recommandations ont été traitées, notamment du point de vue du Code pénal. Le représentant turc a assuré que les autorités de son pays allaient examiner les conclusions, critiques et recommandations de la Représentante spéciale afin de pouvoir en tirer bénéfice. Enfin, le représentant a estimé qu'il eût été utile pour le lecteur et conforme à la réalité que le rapport indique que le PKK fait partie des organisations terroristes reconnues comme telles par l'Union européenne et les Etats-Unis. Les représentants de la société civile sont des éléments importants du processus démocratique, a conclu le représentant turc. |