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2005 / RAPPORTEURS SPECIAUX ET EXPERTS DE LA COMMISSION L'Expert indépendant de la Commission des droits de l'homme chargé de la situation des droits de l'homme en Afghanistan, Cherif Bassiouni, a effectué, du 31 janvier au 6 février 2005, sa seconde visite officielle dans le pays. Au cours de sa mission, l'Expert indépendant a rencontré des responsables du gouvernement et des représentants de la Commission indépendante des droits de l'homme, ainsi qu'avec les représentants de la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan et du système des Nations unies dans le pays. Il s'est également entretenu avec des représentants d'organisations non gouvernementales et des membres de la communauté diplomatique et des donateurs. Cherif Bassiouni s'est en outre rendu dans les prisons de Pol-e-Charkhi et du district de Logar, où il a rencontré les autorités locales. L'Expert indépendant salue les progrès réalisés depuis la mission qu'il a effectuée en août 2004, notamment la libération, par le gouvernement, de prisonniers de la ville de Shiberghan détenus à la prison de Pol-e-Charkhi. Il salue également les progrès réalisés, s'agissant des capacités nationales dans les domaines politique et des droits de l'homme, mais souligne que davantage d'efforts doivent être faits pour un plus grand respect de normes des droits de l'homme. A cet égard, Cherif Bassiouni souligne que les efforts doivent porter avant tout sur les institutions chargées de l'application du droit, notamment le système judiciaire, la police et le système carcéral. Il exprime sa préoccupation en ce qui concerne le respect des normes minima pour le traitement des prévenus et souligne que le développement du trafic de drogues et la corruption ont un impact négatif sur la réalisation des droits de l'homme. Il exprime aussi sa préoccupation quant à la situation des femmes, l'enlèvement d'enfants et le trafic d'enfants. Des mesures doivent être prises, s'agissant de la violence contre les femmes, en particulier dans le contexte familial. Il exprime sa préoccupation s'agissant de l'accès des femmes et d'autres groupes vulnérables à la justice, ainsi que des violations des droits de l'homme qui peuvent être le résultat de l'application du système de justice dit coutumier. L'Expert indépendant est vivement préoccupé par des allégations d'arrestations, de détention et de mauvais traitements qui auraient été commis par les forces étrangères en Afghanistan, y compris de torture. Cherif Bassiouni souligne enfin la nécessité pour les principaux acteurs de la situation en Afghanistan de continuer à travailler sur la base des réalisations de la transition politique en mettant en place un plan stratégique pour la création de conditions favorables à la jouissance des droits de l'homme. A cet égard, trois éléments interdépendants et essentiels doivent être traités sous tous leurs aspects : la justice et l'Etat de droit, la question des drogues, et la corruption. L'Expert indépendant salue les évolutions récentes concernant une stratégie pour une justice de transition ou après-conflit, notamment l'acceptation par le gouvernement des recommandations du rapport préparé par la Commission indépendante afghane des droits de l'homme à l'occasion de la récente visite de la haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Louise Arbour. Source : Nations unies, Genève, 10 février 2005. |