Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme

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> Genève, Palais Wilson
> 1998, l'inauguration

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JUIN 1998, L'INNAUGURATION DU PALAIS WILSON A GENEVE
__M. Gérard Ramseyer, Président du Conseil d'Etat : promouvoir les idéaux d'une société pluraliste et tolérante


Gérard RamseyerGenève est née d'un pont et d'une colline, dit-on. Une colline qui a toujours préféré les sanctuaires aux châteaux-forts, comme pour affirmer qu'ici, on veut vivre en paix, au bord de cette rade magnifique, bordée au loin de montagnes superbes.

Dans ce cadre : un palais - qui fut un palace - auquel s'attache une histoire presque insolite de grandeur et de portée.

1866 : L'Europe se déchire à Sadowa, signe avant-coureur du drame effroyable qu'elle vivra 50 ans plus tard autour de Verdun.

1875 : Dans la Genève qui flamboie au firmament du tourisme, nombre d'hôtels prestigieux sont construits, dont l'Hôtel National, face au lac, face au levant, face à la plus haute montagne d'Europe, le Mont-Blanc.

1919 : Au cours de la Conférence de Paris, Genève est choisie pour abriter le siège de la toute nouvelle Société des Nations (SDN). L'intervention du Président des Etats-Unis, M. Thomas Woodrow Wilson ainsi que les efforts déployés au plan diplomatique par Gustave Ador et William Rappard seront déterminants pour le choix de la candidature genevoise.

1920 : Le peuple suisse ratifie l'entrée de la Suisse au sein de la Société des Nations. A Genève, le corps électoral s'exprime à 84% de manière positive. A cette époque déjà, les Genevois tenaient à marquer leur ouverture au monde. La cérémonie qui nous réunit aujourd'hui constitue un signe tangible de la continuité de cet engagement.

1920 toujours : L'Hôtel National change d'affectation pour être mis à la disposition de la SDN dont la première assemblée générale s'ouvre le 15 novembre 1920. Cette conférence constituera la première d'une longue série de rencontres diplomatiques ayant Genève pour cadre. L'Hôtel National comptera désormais parmi ses hôtes d'un genre nouveau Sir Robert Cecil, Aristide Briand, Nansen, Herriot, ou encore Stresemann et Vénizélos pour n'en citer que quelques-uns.Up

Genève : une vocation humanitaire et de médiation

En l'honneur du Président Wilson, décédé en 1924, les autorités genevoises décident de donner son nom au bâtiment de l'Hôtel National connu depuis lors sous le nom de Palais Wilson. Genève sera désormais la capitale d'une idée s'inscrivant dans le droit fil d'une vocation humanitaire et de médiation : la paix au service des nations. La cité s'engagera en faveur de la Communauté internationale. Elle développera cet Esprit de Genève, fait de tolérance et de concessions réciproques, qui a su démontrer au cours des ans qu'il constitue le plus sûr rempart contre le recours à la violence et l'arbitraire.

En guise de conclusion, je formule un souhait, celui que les actions conduites depuis ce lieu chargé d'histoire par le Haut commissariat des droits de l'homme permette de promouvoir les idéaux d'une société pluraliste et tolérante au service de la personne humaine.

Combattre les violations des droits de l'homme, dépasser le stade des professions de foi, engager en permanence le combat sur le terrain, aller au-delà des frontières et des égoïsmes, tels sont les actes que commandent les convulsions du temps que nous vivons.

Dès lors, au nom des autorités du canton, je tiens à saluer l'action déterminée de la Confédération suisse, qui a dégagé les moyens permettant de doter la Genève internationale d'un Palais Wilson restauré et adapté aux exigences de notre époque. Un tel instrument accroît de façon significative la capacité de Genève dans son rôle d'instrument de la politique étrangère de la Suisse.

Un Mémorial en faveur des droits de l'homme

Je porte à votre connaissance que le Conseil d'Etat a mandaté le Fonds cantonal de décoration pour lancer un concours d'idées auprès de plusieurs artistes pour la création d'un Mémorial en l'honneur de celles et ceux qui ont oeuvré, il y a 50 ans et depuis, en faveur des droits de l'homme. Le Mémorial, placé aux alentours du Palais Wilson, sera inauguré à la fin de l'année.

Ce Palais, fleuron du patrimoine architectural du 19e siècle, élément de grande qualité du site magnifique de notre rade, retrouve ainsi son lustre d'antan. Le Palais Wilson, devenu siège du Haut-Commissariat aux droits de l'homme, rejoint l'histoire de ce continent en symbolisant le passage d'une guerre, quelque part en Bohème, à une idée dorénavant incontournable : le triomphe que doit remporter le droit sur la force.

Gérard Ramseyer. Président du Conseil d'Etat de la République et canton de Genève.

5 juin 98.