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>L'Onu et les droits de l'homme![]()
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BAGDAD, 19 AOUT 2003 / ATTENTAT CONTRE LE SIEGE DES NATIONS UNIES
Sergio Vieira de Mello, haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, avait été nommé le 23 mai 2003 représentant de Kofi Annan en Irak pour y superviser le rôle de coordination humanitaire et de conseil politique joué par les Nations unies à côté des forces américano-britanniques. Agé de 55 ans, de nationalité brésilienne, il a fait toute sa carrière au sein du système des Nations unies en commençant par le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR). Avant d'être nommé haut commissaire aux droits de l'homme, il avait été administrateur de Timor-Oriental, après avoir accompli la même tâche au Kosovo. Sergio Vieira de Mello a aussi été secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires, de 1998 à 2001. Un "coup dur" pour les Nations unies
"Rien ne peut excuser cet acte de violence gratuite et meurtrière contre des hommes et des femmes qui sont allés en Irak avec un seul but : aider le peuple irakien à recouvrir son indépendance et sa souveraineté". Le secrétaire général des Nations unies a qualifié de "coup dur" pour les Nations Unies et pour lui-même la mort de Sergio Vieira de Mello. "Ceux qui l'ont tué ont commis un crime, non seulement contre les Nations unies mais contre l'Irak". A New York, le Conseil de sécurité a condamné cette "attaque terroriste", et affirmé qu'elle ne "briserait pas la volonté de la communauté internationale" d'aider l'Irak. "De tels incidents terroristes ne pourront pas briser la volonté de la communauté internationale d'intensifier leurs efforts pour aider le peuple d'Irak", a déclaré son président, l'ambassadeur adjoint de la Syrie, Fayssal Mekdad. La Russie a qualifié cet attentat d'"acte barbare". George W. Bush a condamné un attentat "terroriste". "Ces tueurs ne détermineront pas l'avenir de l'Irak", a affirmé le président américain, qui a promis de "continuer la guerre contre le terrorisme jusqu'à ce que les responsables soient jugés". Selon lui, les auteurs de cet attentat "sont les ennemis du peuple irakien. Ce sont les ennemis de toutes les nations qui souhaitent aider le peuple irakien. Par leur tactique et leurs cibles, ces meurtriers se révèlent une fois de plus comme les ennemis du monde civilisé". Le Premier ministre britannique Tony Blair s'est dit "choqué et attristé", estimant que cet acte "atroce" soulignait l'importance de la présence de la coalition américano-britannique en Irak. "Les auteurs de cette atrocité ont fait montre d'une lâcheté absolue et sont les ennemis non seulement de l'Onu et de la coalition mais aussi du peuple irakien. Nous ne permettrons pas à des terroristes d'affaiblir notre détermination à promouvoir un Irak meilleur", a-t-il déclaré. "A travers les Nations Unies, dont la contribution à la reconstruction de l'Irak est à la fois exemplaire et essentielle, c'est l'ensemble de la communauté internationale qui se trouve aujourd'hui atteinte", a déclaré de son côté le chef de l'Etat français Jacques Chirac. La Ligue arabe a, elle aussi, vivement condamné l'attentat. "La Ligue arabe appelle toutes les forces politiques en Irak à s'unir pour empêcher de tels actes qui ne servent pas l'intérêt du peuple irakien", déclare le communiqué de l'organisation basée au Caire. Le communiqué de la Ligue arabe rend hommage à Sergio Vieira de Mello, "qui déploie des efforts remarquables afin de permettre à l'Irak de recouvrer sa souveraineté et de mettre fin à l'occupation, dans le cadre de l'application des résolutions de l'ONU". Bernard Kouchner : "C'était un juste""Sergio Vieira de Mello était un compagnon de plus de 40 ans, a déclaré Bernard Kouchner, qui avait succédé au représentant des Nations unies, au Kosovo, en 1999. C'était un homme exceptionnel, un intellectuel, un militant des droits de l'homme, un homme engagé à gauche, un juste. [...] Mais il n'y a pas que Sergio. Toute l'équipe du Kosovo qui était autour de lui semble avoir disparue. Il faut parler de ces internationaux qui sont souvent brocardés par ceux qui restent assis dans leur fauteuil, de ceux qui croyaient s'exonérer de l'opprobre, des attaques du terrorisme et des morts en prenant une position anti-américaine. On voit bien qu'avec l'ONU il n'en est rien. Il faut parler de cette barbarie qui déferle, pas du tout du monde musulman mais de l'extrémisme musulman. [...] Pour leur être fidèles, à Sergio en particulier, il faut être fidèles à leur combat, car le combat doit continuer. L'Irak est pour les Irakiens, bientôt ils auront le pouvoir et il faut essayer d'aménager la mission de paix." LA DECLARATION DE KOFI ANNAN
"La mort d'un collègue est difficile à accepter, mais je ne peux penser à personne d'autre dont la disparition manquera autant aux Nations Unies que celle de Sergio. Tout au long de sa carrière, il a été un remarquable serviteur de l'humanité, toujours prêt à soulager les souffrances de tant d'hommes et de femmes, en les aidant à régler leurs différends et à reconstruire leurs sociétés déchirées par les guerres. Dans toutes les fonctions qu'il a eu à remplir - que ce soit en tant que fonctionnaire du Haut Commissariat pour les réfugiés, de Coordonnateur des secours d'urgence, ou encore comme mon Représentant spécial au Kosovo et au Timor-Oriental, et, trop brièvement, en tant que Haut Commissaire aux droits de l'homme -, il a fait preuve de son charme, de son énergie, et de sa capacité à mener les choses à bon terme non par la force, mais par la diplomatie et la persuasion. "En Irak, où il a passé les derniers mois de sa vie, Sergio Vieira de Mello a travaillé sans cesse pour aider le peuple irakien à reprendre contrôle de son propre destin et à construire un avenir de paix, de justice et de totale indépendance. Il est tragique qu'il ait eu aujourd'hui, avec d'autres qui, comme lui, étaient des fonctionnaires dévoués et hautement appréciés des Nations unies, à sacrifier sa vie pour cette cause. Ceux qui l'ont tué ont commis un crime, non seulement contre les Nations unies, mais contre l'Irak lui-même. "Je partage le chagrin de la famille de Sergio. Il va nous manquer énormément comme collègue et comme ami. Efforçons-nous donc d'être dignes de lui, et d'achever le travail qu'il a commencé, pour que sa mort n'ait pas été vaine". Nations unies, New York, 19 août 2003. |