Sergio Vieira de Mello, haut commissaire aux droits de l'homme

>L'Onu et les droits de l'homme



videHAUT COMMISSARIAT

SERGIO VIEIRA DE MELLO
[2002-2003]

19 AOUT 2003
> La mort de Sergio Vieira de Mello
> La déclaration du Conseil de sécurité des Nations unies
> Hommage : Rio / Genève
> "Tombeau de mes amis assassinés", par Bernard Kouchner

DECEMBRE 2003
> Le prix des droits de l'homme des Nations unies

PUBLICATIONS
> 2000, Les Nations unies face à l'irrationnel dans l'histoire, par Sergio Vieira de Mello [ 75 ko]
> Sergio Vieira de Mello, un espoir foudroyé

19 AOUT 2003, BAGDAD / LA MORT DE SERGIO VIEIRA DE MELLO
__A Rio de Janeiro, Kofi Annan rend un dernier hommage à Sergio Vieira de Mello et renouvelle l’engagement des Nations unies en Irak

Lors d'une cérémonie commémorative organisée à Rio de Janeiro le 23 août 2003, le secrétaire général des Nations unies a rendu hommage à son représentant spécial en Irak, Sergio Vieira de Mello. Renouvelant l'engagement des Nations unies à poursuivre ses activités en Irak, Kofi Annan a indiqué que l'avènement d'un "Irak libre et souverain" serait le meilleur moyen d'honorer sa mémoire.

Kofi Annan et la famille de Sergio Vieira de Mello

Kofi Annan et la famille de Sergio Vieira de Mello.

"Nous ne comprenons pas, nous ne pouvons accepter que Sergio ait dû mourir à cette date, de cette façon, et nous ne croyons pas qu'un bien quelconque puisse découler de cette mort. Nous ne pouvons pas accepter que cette intelligence brillante, cette énergie, ce dévouement, cette loyauté aux idéaux des Nations Unies, nous aient aussi brutalement été enlevés. Nous ne pouvons rien imaginer de plus cruel, de plus absurde, de plus injuste", a souligné Kofi Annan, qui a salué son sacrifice ainsi que celui de ses camarades morts avec lui en rappelant qu'ils avaient donné leur vie pour la défense de la paix et la réconciliation de l'Irak.

[Sergio Vieira de Mello a été inhumé le 28 août 2003 au cimetière de Plainpalais, à Genève, où reposent d'illustres personnages de l'histoire et de la littérature tels que Jean Calvin, Jorge Luis Borges, Rainer Maria Rilke et la philosophe suisse Jeanne Hersch. "Il avait fait le choix d'être un citoyen du monde et d'avoir une famille près de Genève", a déclaré la veuve du diplomate, la Française Annie de Mello.]

LE DISCOURS DE KOFI ANNAN

Discours du secrétaire général, Kofi Annan, à la cérémonie commémorative en hommage à Sergio Vieira de Mello, à Rio de Janeiro, le 23 août 2003.

Sergio Vieira de Mello

Je vous remercie d'être venus ici aujourd'hui; nous pleurons un fils bien-aimé du Brésil, un ami qui m'était très cher, un grand serviteur des Nations unies.

Les peuples du Mozambique, du Liban, du Cambodge, de la Bosnie-Herzégovine, du Congo, du Kosovo – de beaucoup de pays, presque sur chaque continent et avant tout peut-être les habitants du Timor-Leste [Timor-Oriental] - se souviendront de lui comme d'un homme qui est venu les aider à une heure critique, pour atténuer leurs souffrances, pour se faire le défenseur de leurs droits fondamentaux.

Je pense que le peuple irakien, lui aussi, s'en souviendra avec gratitude. Son travail, en Irak, n'est pas terminé. Si Dieu le veut nous le terminerons. Son dernier souhait, juste avant de mourir, était que la Mission des Nations unies ne fût pas retirée. Nous respecterons ce vœu. L'avènement d'un Irak libre et souverain sera peut-être un moyen d'honorer la mémoire de Sergio, qui a donné sa vie à cette cause.

Quant à vous, Brésiliens, votre drapeau est en berne aujourd'hui, vous avez perdu l'un de vos fils les plus remarquables. Mais à l'avenir, ce drapeau, que Sergio a fait connaître dans beaucoup de pays, car c'était celui qui ornait son maillot quand il faisait de la course à pied, ce drapeau flottera plus haut que jamais. Sergio a servi son pays en servant le monde entier, et vous avez de nombreuses raisons d'être fier de ce fils du Brésil.

Nous partageons un peu de cette fierté, aux Nations unies.

Pourtant nous ne comprenons pas, nous ne pouvons accepter que Sergio ait dû mourir à cette date, de cette façon, et nous ne croyons pas qu'un bien quelconque puisse découler de cette mort. Nous ne pouvons pas accepter que cette intelligence brillante, cette énergie, ce dévouement, cette loyauté aux idéaux des Nations unies, nous aient aussi brutalement été enlevés. Nous ne pouvons rien imaginer de plus cruel, de plus absurde, de plus injuste.

Mais quand nous saluons son sacrifice et celui de ses camarades morts avec lui – nous nous rappelons qu'ils ont donné leur vie pour la défense de principes, pour la paix, pour la réconciliation – alors nous pouvons redresser la tête; et nous sommes fiers de travailler pour l'Organisation qu'ils servaient.

Sergio, mon ami, tu es entré au Panthéon des héros, des héros que les Nations Unies préfèreraient voir toujours en vie. Tu continueras dans notre souvenir à briller de la clarté la plus vive. Puisses-tu demeurer en paix!