Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme

>L'Onu et les droits de l'homme


HAUT COMMISSARIAT

> Genève, Palais Wilson
> 1998, l'inauguration

HAUTS COMMISSAIRES

MARY ROBINSON
[1997-2002]

SERGIO VIEIRA DE MELLO
[2002-2003]


LOUISE ARBOUR
[2004-2008]
> Premières déclaration

L'ATTENTAT DE BAGDAD
19 août 2004, Genève
> Kofi Annan: la perte de ces 22 vies fut "une tragédie"

1997-2002, GENEVE / MARY ROBINSON, HAUT COMMISSAIRE
__Le parcours d’une ”Mary Courage”


M. RobinsonEn mars 2001, l'ancienne présidente irlandaise Mary Robinson avait annoncé qu'elle ne briguerait pas un nouveau mandat de quatre ans, en septembre suivant. Puis, à la demande du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, elle avait accepté de rester en place une année supplémentaire. Le Brésilien Sergio Vieira de Mello lui a succédé en septembre 2002.

Selon des sources diplomatiques, Mary Robinson avait manifesté le souhait de revenir sur sa première décision de se retirer, mais les Etats-Unis, selon ces mêmes sources, n'étaient pas favorables à ce qu'elle reste à son poste.

Tribune de Genève Claudine Girod a évoqué, dans la Tribune de Genève, du 12 septembre 2002, le départ de Mary Robinson du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. En guise de bilan, elle a retracé le parcours d'une "Mary Courage", d'une "grande dame", d'une "femme de conviction en croisade sur les terres mouvantes de la diplomatie".

"En cinq années d'exercice, Mary Robinson a imprégné un style au poste de haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme. Une fonction récente de la nébuleuse onusienne, accouchée dans la douleur en 1993 après des décennies de palabres. Un mandat aux allures de mission impossible: "Promouvoir et protéger l'exercice effectif par tous de leurs droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux." Une autorité morale doublée d'un bureau dirigeant des actions sur le terrain dans 23 pays. Bref, une tâche ardue ponctuée chaque année par un grand rendez-vous genevois: la réunion pendant six semaines de la Commission des droits de l'homme, assemblée de 53 Etats de toutes les parties du globe.

"De l'Algérie au Kosovo, du Timor à la Tchétchénie, de l'Afghanistan au Proche-Orient, Mary Robinson s'est engagée sans détour. Sans hésiter à dénoncer les pesanteurs internes du système onusien ou le manque de moyens du Haut Commissariat aux droits de l'homme, qui avec un budget de 48 milliards de dollars par an, ne représente à peine qu'un sixième de ce que dépensent les plus grandes agences humanitaires. Sans craindre non plus de critiquer les grands de ce monde, de la Russie à la Chine en passant par les Etats-Unis.

"Malgré sa détermination, Mary Robinson s'est heurtée à des obstacles de taille. En mai 1999, en pleine guerre du Kosovo, Slobodan Milosevic lui ferme les portes de Belgrade. En novembre 2000, alors que le pouvoir israélien la taxe de partialité, son convoi est la cible de tirs en Cisjordanie. Lors de la conférence mondiale contre le racisme qu'elle préside à Durban en septembre 2001, elle doit essuyer le départ des délégations américaines et israéliennes, intraitables sur la question des réparations pour l'esclavage. En avril [2002], nouvelle déconvenue pour la haut commissaire sur le dossier du Proche-Orient: la mission d'enquête à Jénine restera à quai à Genève...

"La haut commissaire laissera aussi son empreinte sur le plan institutionnel avec deux nouveaux traités d'importance adoptés durant son mandat. L'un sur les enfants soldats, l'autre sur la prostitution enfantine. Sans oublier un texte fondamental en faveur de la défense des militants des droits de l'homme. Au terme de cinq ans de lutte, Mary Robinson n'en garde pas moins une grande déception? "Qu'il n'ait pas été possible d'obtenir davantage de soutiens pour les pays en développement."

Claudine Girod, La Tribune de Genève, 12 septembre 2002.
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