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Mars 2002, Genève, 60e session __Le Comité adopte des recommandations sur les rapports présentés par la Suisse, la Lituanie, la Croatie, l'Autriche, le Qatar, la République de Moldova, le Danemark, la Belgique, la Jamaïque, le Costa Rica et le Liechtenstein
Le Comité a adopté par consensus une déclaration dans laquelle il condamne sans équivoque les attaques terroristes perpétrées aux Etats-Unis le 11 septembre 2001 et a demandé à tous les Etats et à toutes les organisations internationales d'assurer que les mesures prises dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ne donnent lieu à aucune discrimination fondée sur la race, la couleur, l'ascendance ou l'origine nationale ou ethnique. Le Comité a également présenté une recommandation sur le suivi de la Conférence de Durban contre le racisme. La haut commissaire aux droits de l'homme, Mary Robinson, a souligné le rôle essentiel joué par le Comité en matière de lutte contre le racisme et la discrimination raciale et a estimé que le Comité est particulièrement bien placé pour recueillir des informations sur la mise en uvre, dans les différents pays, de la Déclaration et du Programme d'action adoptés lors de la Conférence mondiale contre le racisme. LES OBSERVATIONS FINALES SUR LES RAPPORTS EXAMINÉSSUISSE. Dans ses observations finales concernant le troisième rapport périodique de la Suisse, le Comité se félicite des progrès réalisés par la Suisse, depuis l'examen de son rapport initial, s'agissant de la mise en uvre des dispositions de la Convention. Dans ce contexte, le Comité se réjouit de constater que la nouvelle Constitution fédérale - entrée en vigueur en janvier 2000 - intègre le principe de l'égalité de tous les êtres humains devant la loi. Il note également avec satisfaction qu'un certain nombre de constitutions cantonales ont été récemment réformées de manière à intégrer des dispositions interdisant expressément la discrimination. Le Comité note par ailleurs que la Convention fait partie intégrante du système juridique suisse et que certaines de ses dispositions peuvent être directement invoquées devant les tribunaux. Le Comité exprime en outre sa satisfaction face à la création d'un fonds de 15 millions de francs suisses destiné à financer des programmes de lutte contre le racisme. Le Comité indique néanmoins que la persistance en Suisse d'attitudes ou de sentiments négatifs à l'égard des Noirs, des musulmans et des demandeurs d'asile le préoccupe au plus haut point. Aussi, est-il recommandé à la Suisse de poursuivre ses efforts visant à prévenir et à combattre de telles attitudes. Le Comité est par ailleurs d'avis qu'il convient d'intégrer pleinement à la politique de naturalisation (actuellement en cours de révision) le droit de faire appel contre une décision en matière de naturalisation, en particulier lorsque cette décision est arbitraire ou discriminatoire. Les allégations de violence policière et de recours excessif à la force contre des personnes d'origine étrangère au cours de leur arrestation ou durant leur renvoi préoccupent également au plus haut point le Comité. Le Comité se dit aussi préoccupé par la situation des gens du voyage, tels que les Roms et les Yinnish et espère que des efforts continueront à être déployés afin d'améliorer leurs conditions de vie et de travail en Suisse. LITUANIE. Dans ses observations finales concernant le rapport de la Lituanie, le Comité note avec satisfaction que depuis l'indépendance de la Lituanie, des progrès considérables ont été accomplis dans le domaine des droits de l'homme. En particulier, l'option zéro de la loi sur la citoyenneté de 1989 - qui a permis à la majorité de la population d'acquérir la citoyenneté lituanienne - a entraîné l'instauration d'une société plus stable. Le Comité se félicite en outre des efforts déployés par la Lituanie pour respecter, protéger et promouvoir la réalisation des droits culturels des personnes appartenant aux minorités nationales. Il se félicite également que le pays envisage de faire la déclaration prévue au titre de l'article 14 de la Convention (par laquelle serait reconnue la compétence du Comité pour recevoir et examiner des plaintes individuelles). Le Comité note par ailleurs avec satisfaction qu'un nouveau Code pénal, incluant un certain nombre d'articles qui établissent la responsabilité pour les crimes fondés sur la discrimination raciale, devrait bientôt entrer en vigueur. Le Comité note toutefois que la nouvelle Loi sur la citoyenneté est plus restrictive et qu'elle exige des candidats (à l'acquisition de la citoyenneté) qu'ils passent un examen visant à vérifier leur connaissance de la langue lituanienne et des dispositions de la Constitution, ce qui peut aboutir à exclure de la citoyenneté lituanienne des personnes appartenant à certaines minorités. Le Comité note par ailleurs que les Roms sont confrontés à des difficultés s'agissant de la jouissance de leurs droits fondamentaux dans les domaines du logement, de la santé, de l'emploi et de l'éducation et qu'ils font l'objet d'attitudes préjudiciables. Le Comité se dit également préoccupé par les tendances xénophobes à l'égard des requérants d'asile et réfugiés tchétchènes et demande à la Lituanie de prendre à cet égard des mesures préventives et d'éducation. Le Comité se dit par ailleurs préoccupé par les informations indiquant que des politiciens et des médias ont exprimé des sentiments de haine raciale. CROATIE. Dans ses observations finales concernant le rapport de la Croatie, le Comité note que le pays traverse une période difficile marquée par des défis économiques et sociaux dans un contexte de reconstruction d'après-guerre, ce qui ne manque pas de créer des obstacles à la pleine et entière mise en uvre de la Convention. Le Comité se réjouit néanmoins de la mise en place du Bureau des droits de l'homme et de l'élaboration d'un projet d'éducation visant à promouvoir l'égalité du point de vue des minorités ainsi que le multiculturalisme. AUTRICHE. Dans ses observations finales sur le quatorzième rapport périodique de l'Autriche, le Comité se félicite des récents progrès qui ont été réalisés dans le domaine des droits de l'homme dans ce pays. Il note en particulier la mise en place, en juillet 1999, du Conseil consultatif des droits de l'homme. Il note avec satisfaction la création du Fonds pour les immigrants qui aide les nouveaux immigrants en leur offrant des conseils gratuits dans leur langue d'origine sur les questions liées à leur intégration en Autriche. Il note également avec satisfaction les efforts entrepris par l'Etat partie pour protéger la diversité linguistique dans le pays, notamment l'adoption de panneaux de signalisation bilingue dans les zones habitées par les minorités croates et hongroises. Le Comité se félicite en outre que l'Autriche ait récemment fait enregistrer sa déclaration au titre de l'article 14 de la Convention (reconnaissant la compétence du Comité pour recevoir et examiner des plaintes individuelles). QATAR. Dans ses observations finales sur le rapport du Qatar, le Comité accueille avec satisfaction les réformes politiques engagées par le Qatar et note en particulier la réforme de la législation en matière de libertés publiques, la levée de la censure sur la presse écrite, la tenue des premières élections du Conseil municipal central au suffrage universel direct en 1999, et l'annonce de la mise en place prochaine d'un parlement élu. Le Comité note également avec satisfaction qu'un comité chargé de l'élaboration d'une Constitution permanente a été créé au Qatar. Il note en particulier les informations données par la délégation relatives à la représentation, au sein de ce comité, de tous les secteurs de la société. REPUBLIQUE DE MOLDAVA. Dans ses observations finales concernant le rapport de la République de Moldova, le Comité constate la création d'institutions ayant pour objectif de combattre la discrimination raciale dans le pays. Il note également avec satisfaction les efforts entrepris par la République de Moldova pour mettre en oeuvre des programmes d'éducation dans le domaine des droits de l'homme, en particulier concernant le droit des minorités. À cet égard, le Comité accueille avec satisfaction les décrets adoptés par le pays pour assurer le développement de l'utilisation des langues des minorités ainsi que de la préservation de leur culture. En ce qui concerne la protection des droits de l'homme des minorités, le Comité recommande à la République de Moldova de prendre des mesures pour assurer de manière plus complète les droits économiques, sociaux et culturels des minorités. DANEMARK. S'agissant du Danemark, le Comité accueille avec satisfaction les mesures positives qui ont été prises pour l'application de la loi sur l'intégration des étrangers de 1998, y compris une étude d'évaluation de l'application de cette loi. Le Comité prend acte de la suspension temporaire de la licence de Radio OASEN appartenant à une association à tendance néo-nazie. Il accueille avec satisfaction les progrès enregistrés dans les possibilités d'emploi des minorités et des réfugiés dans le secteur public, la création de conseils d'intégration pour assurer la poursuite des efforts d'intégration, le succès relatif dans la distribution de maisons aux réfugiés. Concernant le Groenland, le Comité note avec satisfaction la mise en place de la Commission sur le gouvernement autonome ayant pour mission de soumettre des propositions d'amendements à la loi sur l'autonomie du territoire. Le Comité prend note d'informations faisant état de l'augmentation de discours véhiculant la haine au Danemark. Il reconnaît la nécessité de maintenir un équilibre entre la liberté d'expression et les abus à tendance racistes et recommande à cet égard au pays de surveiller les violations des articles 2 et 4 de la Convention. Le Comité est par ailleurs préoccupé par des rapports faisant état d'une augmentation des cas de harcèlement d'individus d'origine arabe et musulmane depuis les évènements du 11 septembre 2001. Le Comité réitère en outre ses préoccupations précédentes concernant les délais dans la résolution de la procédure engagée par les Inughuit concernant la base navale de Thule. Le Comité note avec inquiétude des allégations selon lesquelles le Danemark nie l'identité et l'existence de Inughuit en tant que groupe ethnique ou entité tribale. BELGIQUE. Dans ses observations finales sur le rapport de la Belgique, le Comité accueille avec satisfaction l'évolution récente en faveur des droits de l'homme enregistrés dans le pays, et plus particulièrement la mise en place de nouvelles lois dans ce domaine et la ratification d'un certain nombre de traités internationaux. Il souhaiterait obtenir des informations complémentaires sur la question de la primauté des dispositions de la Convention dans le droit interne en Belgique. Il accueille également avec satisfaction le travail du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme et plus particulièrement l'accord trouvé entre la Poste et le Centre sur la prévention de la distribution de matériels contenant de la propagande raciste et xénophobe par les partis politiques ainsi que les mesures prises par la Belgique pour contrer la propagation de déclarations racistes sur l'Internet. JAMAIQUE. Dans ses observations finales sur le rapport de la Jamaïque, le Comité accueille avec satisfaction la mise en oeuvre de la loi transitoire sur les défenseurs du peuple de 1999 qui porte sur la création du bureau du Défenseur du peuple doté de pouvoirs d'enquête pour protéger et faire valoir les droits des citoyens. Le Comité note que le processus de révision de la Constitution prévoit une loi sur la ratification des traités en vertu de laquelle les dispositions des traités ratifiés deviendraient partie intégrante du droit interne jamaïcain. À cet égard, le Comité encourage la Jamaïque à poursuivre ses travaux en vue de finaliser ce processus de révision et souhaite obtenir des informations complémentaires sur les "droits fondamentaux et libertés" mentionnés dans la section 24 de la Constitution et plus particulièrement ceux concernant la discrimination fondée sur la race, la couleur et l'origine ethnique. Le Comité rappelle qu'il a des difficultés à accepter l'affirmation faite par certains Etats selon laquelle il n'y a pas d'actes de discrimination raciale dans leur pays. Il souligne à nouveau que l'absence de plaintes pour actes de racisme dans un pays donné ne signifie pas nécessairement qu'il n'existe aucune discrimination raciale dans ce pays mais peut indiquer que la population du pays concerné ne connaît pas suffisamment les recours juridiques existants. Le Comité note en outre que le rapport ne fait pas état de la contribution des organisations de la société civile dans la promotion de l'harmonie ethnique et souhaite obtenir plus d'information sur ces organisations, et plus particulièrement sur celles s'occupant de sujets relatifs à la lutte contre la discrimination raciale. Le Comité recommande par ailleurs à la Jamaïque de tenir compte des dispositions énoncées dans la Déclaration et le Programme d'action de Durban dans sa législation nationale et d'inclure dans ses prochains rapports les plans d'actions qu'il aura définis à cet effet. COSTA RICA. S'agissant du Costa Rica, le Comité note avec satisfaction que la législation costaricienne prévoit que les traités internationaux de droits de l'homme priment sur la législation nationale et peuvent être directement invoqués devant les tribunaux nationaux. Il accueille avec satisfaction l'adoption en 1999 de l'article 76 de la Constitution qui prévoit la sauvegarde des langues nationales autochtones et l'adoption récente par le Bureau national du contrôle de la propagande d'une résolution sur l'interdiction de programmes radio ou d'autres produits commerciaux discriminatoires à l'égard de la femme, et plus particulièrement de la femme noire. LIECHTENSTEIN. Dans ses observations finales sur le rapport du Liechtenstein, le Comité accueille avec satisfaction le fait que le pays a modifié sa législation nationale pour répondre aux exigences de la Convention avant même de l'avoir ratifiée et note avec intérêt qu'un amendement de la loi sur la Cour Suprême va être introduit pour étendre les compétences de la Cour Suprême aux cas de violations des droits garantis par la Convention. Il accueille également avec satisfaction les mesures prises par le Liechtenstein pour répondre à la recrudescence des phénomènes de l'extrême droite et de la xénophobie. Ces mesures incluent l'établissement d'un groupe d'experts au sein des forces de police et la création d'un groupe de coordination interinstitutions. Observations finales et décisions sur les pays qui n'ont pas présenté de rapportLe Comité a adopté une décision dans laquelle il rappelle que lors de l'examen, le 8 mars dernier, de la mise en uvre de la Convention aux Îles Salomon, il a regretté que le pays n'ait présenté au Comité aucun rapport depuis le rapport initial de 1983. Le Comité reconnaît le défi que constituent les conditions économiques et sociales auxquelles le pays est confronté et est conscient des conflits ethniques et politiques qui ont exacerbé la situation dans l'archipel. Le Comité se dit préoccupé que les diverses tentatives visant à assurer la paix n'aient abouti qu'à des résultats limités, la tension restant élevée dans le pays. Il espère que les élections qui se sont déroulées en décembre 2001, associées à la promesse du nouveau parti au pouvoir de reconstruire le pays tant sur le plan politique qu'économique, permettront d'instaurer une paix et une sécurité durables dans les Îles Salomon. Le Comité rappelle qu'en dépit des demandes répétées du Comité, la Papouasie-Nouvelle-Guinée n'a pas repris son dialogue avec cet organe - dialogue interrompu depuis 1984. Le Comité prie donc instamment la Papouasie-Nouvelle-Guinée de présenter son rapport au titre de l'article 9 de la Convention et de fournir des informations portant spécifiquement sur la situation actuelle à Bougainville. Le Comité espère que la Papouasie-Nouvelle-Guinée envisagera en outre de retirer la réserve qu'elle a faite au sujet de l'article 4 de la Convention (qui porte sur l'interdiction des propos et de la propagande racistes). Recommandation sur le suivi de la Conférence mondiale contre le racismeDans sa recommandation concernant le suivi de la Conférence mondiale contre le racisme organisée à Durban, le Comité recommande aux Etats d'appliquer un certain nombre de mesures pour renforcer la mise en oeuvre de la Convention, telles que la présentation de leurs rapports en temps voulu, le retrait de leurs réserves à la Convention, la diffusion publique du texte de la déclaration de Durban et du Programme d'action, ainsi que de l'existence de la procédure de plainte conformément à l'article 14 de la Convention. |