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CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME | GENEVE, JUIN, HUITIEME SESSION
__Danilo Türk, président Slovène : Il faut rejeter la notion selon laquelle les droits de l'homme ont été portés sur la scène internationale par la volonté de domination de l'Occident sur le monde

Les travaux de la huitième session du Conseil des droits de l'homme se sont ouverts, le 2 juin 2008, à Genève, sur une allocation de M. Danilo Türk, président de la Slovénie.
Le président slovène a souligné que le progrès vers l'adhésion universelle aux principes de droits de l'homme requiert notamment deux facteurs: l'élimination des différences d'interprétation et une certaine forme de réalisme dans la mise en œuvre. Il faut rejeter la notion selon laquelle les droits de l'homme ont été portés sur la scène internationale par la volonté de domination de l'Occident sur le monde; l'universalité des droits de l'homme est une contribution d'une génération lasse de la guerre aux générations suivantes, a-t-il affirmé. Le monde a appris que les violations des droits de l'homme, où qu'elles soient commises, y compris en Occident, représentent une menace pour les droits de l'homme et la paix partout.
L'ALLOCUTION DU PRESIDENT DE LA SLOVENIE
M. DANILO TÜRK, président de la Slovénie, a salué les progrès réalisés par le Conseil des droits de l'homme depuis sa création et a notamment souligné sa capacité à s'atteler à ses tâches tout en développant ses méthodes de travail en parallèle. M. Türk a souligné l'optimisme qui sous tend le message fondamental de la Déclaration universelle des droits de l'homme, qui fête cette année son soixantième anniversaire. Le concept d'universalité des droits de l'homme inscrit dans la Déclaration ne peut être compris et mis en application que dans le cadre de cet esprit d'optimisme. Il ne faut en aucun cas laisser cet esprit s'éteindre, a-t-il insisté.
Le président slovène a fait observer que le progrès vers l'adhésion universelle aux principes de droits de l'homme requiert notamment deux facteurs : l'élimination des différences d'interprétation et une certaine forme de réalisme dans la mise en oeuvre. Il faut rejeter la notion selon laquelle les droits de l'homme ont été portés sur la scène internationale dans une volonté de domination de l'Occident sur le monde, a-t-il estimé. Il a rappelé que la Déclaration a été préparée par une génération épuisée par la guerre et un Occident désireux d'en finir avec les fléaux du totalitarisme, du racisme et de la souveraineté effrénée d'Etats non démocratiques.
L'universalité des droits de l'homme est une contribution d'une génération lasse de la guerre aux générations suivantes, a-t-il insisté. Le monde a appris que les violations systématiques des droits de l'homme, où qu'elles soient commises, y compris en Occident, représentent une menace pour les droits de l'homme et la paix partout.
Le président slovène a souligné que bien que la définition de politiques implique d'isoler certaines priorités par rapport à d'autres et, partant, qu'à un moment ou un endroit donné certains droits semblent plus importants que d'autres, il importe de ne jamais perdre de vue l'ensemble. La pleine réalisation des droits de l'homme requiert un équilibre délicat entre les besoins collectifs et les droits individuels et, parfois, la reconnaissance de droits collectifs, a-t-il ajouté. Il a fait remarquer que la sensibilité politique des droits collectifs pose problème pour la définition des normes des droits de l'homme et, par là même, leur mise en application. A cet égard, il s'est tout particulièrement félicité de la préparation, puis de l'adoption, de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones, estimant que cet instrument fait preuve d'un bon équilibre entre droits collectifs et droits individuels, montre comment protéger les besoins légitimes des États et assure l'expression de la dimension collective de l'identité des individus.
M. Türk s'est félicité de la manière dont le Conseil a su assurer son système de procédures spéciales, insistant tout particulièrement sur la nécessité de préserver l'intégrité, l'efficacité et l'indépendance de ces procédures. Un autre élément fondamental est l'examen périodique universel, a-t-il poursuivi. S'il est effectué correctement, il pourrait assurer l'équité et la non-sélectivité dans l'examen de la situation des droits de l'homme dans les Etats membres des Nations unies. Il importe toutefois de ne pas trop en attendre, a nuancé le Président slovène, faisant observer que les victimes de violations de droits de l'homme ne peuvent pas attendre des années avant que leur situation soit améliorée. Il a reconnu que l'Examen périodique universel peut apporter une bonne contribution à la mise en oeuvre des droits de l'homme, notamment en offrant aux États la possibilité de mener une auto-évaluation honnête. En outre, la crédibilité de cet examen serait renforcée si le dialogue se poursuivait après l'évaluation à laquelle il est procédé à Genève.
D'autre part, le Conseil doit rester engagé dans les situations d'urgence qui exigent une action immédiate pour faire cesser des violations massives et flagrantes des droits de l'homme. Le Président slovène a également préconisé que le Conseil soit réaliste sur ce qu'il peut parvenir à faire par lui-même. A cet égard, il s'est dit d'avis que la situation dans les territoires palestiniens occupés requière un effort international concerté pour assurer la paix et la fin de l'occupation. Ce seul fait devrait permettre d'offrir une bonne assise à la réalisation des droits de l'homme du peuple palestinien. En ce qui concerne le Darfour, l'action internationale implique l'exercice de la justice criminelle en parallèle à la mise en place d'autres mesures décidées par le Conseil de sécurité, a-t-il souligné. Il a ensuite fait remarquer que de telles situations mettent en évidence la responsabilité des Etats de protéger les populations et d'éviter que des violations massives des droits de l'homme se produisent. Le principe de responsabilité de protéger donne tout son sens au concept de souveraineté, a-t-il fait remarquer, soulignant que la souveraineté n'est plus comprise uniquement comme un droit, mais implique également la conscience de la responsabilité d'empêcher les catastrophes humanitaires.
M. Türk a attiré l'attention sur l'importance d'empêcher la discrimination pour motifs de race, de genre ou d'orientation sexuelle. Il est nécessaire de respecter le principe d'universalité des droits de l'homme pour tous, a-t-il insisté. Il a également souligné que la menace du terrorisme continue d'être un défi, avant de plaider, dans ce domaine, pour une communication directe entre le Conseil des droits de l'homme et le Conseil de sécurité, dans le but d'assurer que les mesures antiterroristes n'entravent pas les droits de l'homme.
Pour conclure, le président de la Slovénie a fait observer que la réussite dans la pleine réalisation des droits de l'homme implique que des solutions réelles soient trouvées à des problèmes réels et qu'une assistance réelle soit offerte à ceux qui en ont besoin. Elle exige également une coopération entre les Etats, entre les Etats et les organisations non gouvernementales et au sein de la société civile. Le succès de la réalisation des droits de l'homme assurera la légitimité du système des Nations unies tout entier et donnera au Conseil un rôle approprié, a-t-il souligné. L'évolution des sociétés et le processus d'amélioration globale demandent plus de travail dans le domaine des droits de l'homme et non pas moins, a-t-il conclu.
Source : Nations unies, Genève, juin 2008.

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