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SESSION SPECIALE

Une session sur la crise alimentaire mondiale

Le Conseil préoccupé par la crise

La résolution adoptée par le Conseil

LA SESSION

Intervention Louise Arbour

Intervention Olivier de Schutter

Le DEBAT Pays

Le DEBAT Agences intergouvernementales

Le DEBAT - Ong
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CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME, 22 MAI 2008 | SESSION SPECIALE SUR "LA CRISE ALIMENTAIRE MONDIALE"
__Les interventions des agences intergouvernementales

Plusieurs organisations intergouvernementales sont aussi intervenues au cours du débat : Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO); Programme alimentaire mondial (PAM); Organisation internationale de la francophonie (OIF); Organisation de la Conférence islamique (OCI); Union africaine (UA); Programme des Nations unies pour le développement (PNUD); Fonds monétaire international (FMI); Banque mondiale.
MME BARBARA EKWALL (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture - FAO) s'est félicitée de la tenue de cette session extraordinaire. Elle a rappelé qu'au cours de ces dernières années, le prix des denrées alimentaires a plus que doublé et fait observer que l'impact a été particulièrement grave sur les consommateurs urbains et les pauvres vivant dans les milieux ruraux. En outre, les femmes ont été particulièrement touchées. La représentante de la FAO a déclaré que la crise actuelle soulève des questions techniques complexes liées à la production, l'environnement, l'énergie, l'économie et le développement.
L'attention actuelle accordée à la flambée des prix doit être l'occasion de réponse de manière adéquate à la crise et d'améliorer les systèmes de gestion alimentaire à tous les niveaux. Elle a ensuite attiré l'attention sur les lignes directrices identifiées par la FAO pour promouvoir la sécurité alimentaire et a fait remarquer qu'en insistant notamment sur la bonne gouvernance, la responsabilité, la participation et la dignité humaine, nous disposons d'instruments additionnels permettant de s'atteler aux causes profondes de la faim. Une réponse internationale urgente est nécessaire pour aider les pays les plus pauvres à faire face à cette crise, a-t-elle insisté, avant de souligner que la réunion de la FAO prévue en juin offre l'occasion de renforcer l'engagement politique. Elle a à cet égard précisé que la haut commissaire et le Rapporteur spécial ont été invités à cette réunion et que la FAO se réjouit de leur participation active aux discussions.
M. DALY BELGASMI (Programme alimentaire mondial - PAM) a rappelé que le dernier Forum économique mondial de Davos avait souligné l'importance et la gravité de la crise alimentaire mondiale actuelle. Aussi, faut-il se réjouir qu'un consensus général soit trouvé quant à l'importance de cette crise.
Le Sommet de la FAO de Rome, mais aussi le G-8 prochainement, vont débattre de cette crise, s'est également félicité le représentant du PAM. Le stock mondial de céréales a atteint un seuil qu'il n'avait jamais atteint depuis 30 ans, a-t-il relevé. Dans le contexte de crise actuel, il serait souhaitable de ne pas perdre l'occasion de souligner l'importance d'une aide d'urgence à 100 millions de personnes qui sont menacées par la crise actuelle, a conclu le représentant du PAM.
M. LIBÈRE BARARUNYERETSE (Organisation internationale de la Francophonie - OIF) a relevé que le droit à l'alimentation est pour l'heure en train d'être gravement compromis par l'escalade des prix des denrées alimentaires dans les pays en développement et met en péril le bien-être et la vie d'un sixième de la population mondiale. Dans ce contexte, a-t-il ajouté, il convient de se mobiliser en faveur d'une intégration de la perspective des droits de l'homme dans les travaux de la réunion de haut niveau organisée au début du mois prochain à Rome sous les auspices de la FAO. Force est de constater que les politiques économiques agricoles mises en oeuvre jusqu'à présent, avec des exportations accrues des denrées alimentaires et la production de biocarburants, a compromis la souveraineté alimentaire, a poursuivi le représentant de l'Organisation internationale de la Francophonie. La communauté internationale doit donc prendre de toute urgence les mesures politiques qui permettront de résoudre cette crise dont l'impact pourrait être, à plus ou moins longue échéance, celui d'une catastrophe humanitaire d'une gravité et d'une ampleur sans précédent.
M. BABACAR BA (Organisation de la Conférence islamique - OCI) a rappelé que la crise actuelle met en jeu la survie de plusieurs millions de personnes dans le monde et, au-delà, la paix et la sécurité internationales. C'est pourquoi les comités spécialisés de l'OCI se sont réunis en Turquie ces dernières semaines pour étudier quelles mesures doivent être prises pour résoudre cette crise. Des sommes très importantes ont déjà été dégagées par les membres de l'Organisation de la Conférence islamique pour atténuer les effets immédiats de la crise actuelle. Cependant, la résolution de cette crise nécessitera une action beaucoup plus approfondie, qui doit être axée sur la réalisation du principe de la mise à disposition permanente d'une nourriture en quantité et en qualité satisfaisantes. Le Conseil des droits de l'homme doit jouer un rôle d'agitateur de consciences en faveur de la mise en oeuvre des mesures susceptibles d'aller dans ce sens.
M. USMAN SARKI (Union africaine) a rappelé que le Sommet d'Abuja sur la sécurité alimentaire, organisé par l'Union africaine en décembre 2006, avait abouti à un cadre d'action opérationnel pour revitaliser l'agriculture africaine en vue de la croissance économique et de la réduction de la famine. Il a en outre rappelé que le Conseil avait été alerté ou du moins informé sur la gravité de la situation du point de vue de la réalisation du droit à l'alimentation par l'ancien rapporteur spécial chargé de cette question, M. Jean Ziegler, qui avait attiré l'attention sur les conséquences de certaines pratiques et spéculations dangereuses dans le commerce des produits alimentaires.
Mettre l'Afrique à l'abri de la précarité alimentaire structurelle passerait par l'acquisition d'un savoir technique plus important lui permettant, par exemple, de lutter contre la désertification et la sécheresse, de mieux gérer ses ressources en eau, de moderniser son exploitation agricole et de rationaliser l'utilisation de ses ressources naturelles, a précisé le représentant de l'Union africaine.
M. ALAIN LAMBERT (Programme des Nations unies pour le développement - PNUD) a souligné que le PNUD et son Bureau pour la prévention des crises et le relèvement sont extrêmement préoccupés par l'étendue de la crise alimentaire mondiale. La famine est, certes, inacceptable, a-t-il poursuivi, mais ce qui est source d'une plus vive préoccupation est le fait que cette crise survient au moment où la réduction de la vulnérabilité des pauvres est plus que jamais urgente. De surcroît, la faim accroît non seulement la vulnérabilité aux catastrophes, mais crée également les conditions pour des conflits plus violents.
Une assistance urgente est essentielle dans ce contexte, mais une attention toute particulière doit également être accordée au travail de prévention. Il a également indiqué que le PNUD et le Bureau pour la prévention des crises et le relèvement ont mis en place des structures dans cette perspective et rappelé qu'ils restent bien placés pour agir localement.
M. BRAD MCDONALD (Fonds monétaire international - FMI) a rappelé que le directeur général du Fonds, M. Dominique Strauss-Kahn, a déclaré que la croissance rapide des prix alimentaires aux niveaux qui sont atteints aujourd'hui suscite, dans de nombreux pays, à la fois une grave préoccupation du point de vue humanitaire et une instabilité potentielle du point de vue macroéconomique.
Pour sa part, le FMI apporte dans ce contexte une contribution axée sur la surveillance et l'analyse, la fourniture de conseils politiques et le financement. Le Fonds contribue en effet à identifier les principaux facteurs à l'origine de la croissance des prix des denrées alimentaires, a notamment souligné le représentant du FMI. Il a par ailleurs indiqué que la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC), l'un des outils essentiels du soutien financier apporté par le FMI, constitue un instrument valable pour les pays frappés par la crise alimentaire.
M. RICHARD NEWFARMER (Banque mondiale) a fourni des indications statistiques sur l'ampleur de la crise alimentaire actuelle et indiqué que le Directeur de la Banque mondiale avait appelé à la mise en œuvre d'une politique de «New Deal» pour la politique alimentaire mondiale. A court terme, il faut adopter des mesures ponctuelles de soulagement. A moyen terme, il faudra renforcer la production agricole et s'efforcer de mieux comprendre l'impact des biocarburants. A long terme, la Banque estime impératif de supprimer les subventions agricoles et les barrières commerciales qui empêchent l'accès des pays pauvres au marché international. Plus de 150 pays ont d'ores et déjà adopté ce plan d'action, a fait valoir le représentant. Il a par ailleurs indiqué que la Banque mondiale travaille actuellement à la formulation d'un programme de réaction mondial visant à dégager les ressources financières et le soutien technique nécessaires pour permettre aux pays pauvres de limiter l'impact des prix élevés sur les populations les plus fragiles.
Source : Nations unies, Genève, mai 2008.

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