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Examen périodique universel

Conseil des droits de l'homme
Conseil | Sessions 2008
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CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME, JUIN 2008 | HUITIEME SESSION EXAMEN PERIODIQUE UNIVERSEL
__Le Conseil adopte le rapport relatif au Mali

Le Conseil des droits de l'homme a examiné, le 13 juin 2008, l'un des rapports celui du Mali - issus des deux premiers cycles de l'Examen périodique universel qui se sont déroulées en avril et mai 2008 et auquel ont été soumis 32 pays.
Le Mali a expliqué que, tout en admettant la nécessité d'adopter une loi interdisant et réprimant les mutilations génitales féminines, le gouvernement privilégie la sensibilisation et l'éducation des populations plutôt que l'adoption de mesures répressives. Il s'agit là de pratiques culturelles profondément ancrées dans la société malienne, a souligné la délégation, faisant en outre valoir que l'excision est en recul.
Le Mali a par ailleurs élaboré un projet de code des personnes et de la famille prévoyant la suppression de toutes les dispositions discriminatoires à l'égard des femmes.
La Tunisie, les Philippines, le Sénégal et l'Algérie ont participé au débat sur l'examen du Mali.
LE RAPPORT
Le Conseil est saisi du rapport sur l'Examen périodique universel du Mali (A/HRC/8/50), auquel a procédé le Groupe de travail chargé de l'Examen le 15 mai 2008. Les trois rapporteurs chargés de faciliter l'examen de ce pays étaient Maurice, le Brésil et le Japon.
M. SÉKOU KASSÉ (Mali) a tenu à répondre aux recommandations faites l'endroit de son pays en soulignant que le Mali est disposé à coopérer pleinement avec l'ensemble des procédures spéciales du Conseil. Les autorités maliennes s'engagent à examiner avec diligence toute demande de visite émanant de l'une quelconque de ces procédures spéciales, a-t-il indiqué.
En ce qui concerne les mutilations génitales féminines, le représentant malien a rappelé que l'excision était une pratique culturelle profondément ancrée dans la société du Mali. Le gouvernement, tout en admettant la nécessité d'adopter une loi interdisant et réprimant les mutilations génitales, privilégie la sensibilisation et l'éducation des populations face à l'adoption de mesures répressives, a-t-il ajouté. L'efficacité de l'action dans ce domaine exige de susciter l'adhésion de l'ensemble de la société, a insisté le représentant du Mali. L'excision est en recul, a-t-il affirmé. Les résultats d'une enquête nationale en cours de réalisation sur cette question détermineront la conduite à tenir par rapport à l'éventuelle adoption d'une loi interdisant et réprimant la pratique de l'excision, a-t-il expliqué.
Pour ce qui a trait à l'objectif de l'égalité entre les sexes, M. Kassé a indiqué que le processus de relecture du code du mariage et de la tutelle avait abouti à l'élaboration d'un projet de code des personnes et de la famille prévoyant la suppression de toutes les dispositions discriminatoires à l'égard des femmes.
Evoquant ensuite la question de la lutte contre le travail forcé, M. Kassé a souligné que la loi malienne interdisait une telle pratique. S'agissant de la liberté d'expression, il a fait savoir qu'un débat était en cours dans le pays autour de la question de la dépénalisation des délits de presse - une majorité semblant y être favorable.
Le Mali a signé et ratifié la quasi-totalité des instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales, a fait valoir le représentant malien. Le pays a en outre adopté une série de mesures visant à renforcer l'Etat de droit, a-t-il ajouté. Pour ce qui est du rôle de son pays au sein du Conseil des droits de l'homme, M. Kassé a souligné que le Mali s'était engagé à privilégier la coopération et le dialogue constructif entre les pays membres et non membres.
M. Kassé a par ailleurs évoqué un certain nombre d'actions que le Mali entend mener au plan interne et au nombre desquelles figurent l'adoption du projet de code des personnes et de la famille, l'adoption du projet de loi abolissant la peine de mort et le renforcement des mesures visant à promouvoir l'égalité entre hommes et femmes. Le Mali entend également introduire les droits de l'homme dans les programmes d'enseignement et traduire dans les langues nationales les textes fondamentaux de droits de l'homme.
LES DECLARATIONS
M. ALI CHERIF (Tunisie) a remercié la délégation du Mali pour son engagement en faveur de l'exercice que constitue l'Examen périodique universel. La Tunisie tient à féliciter le Mali pour ses efforts en matière de promotion et de protection des droits de l'homme. Elle a notamment pris bonne note du lancement d'un programme commun entre le Mali et les Nations unies visant le renforcement de l'égalité entre les sexes.
MME ERLINDA F. BASILIO (Philippines) a affirmé que le Mali a fait preuve d'un engagement clair et ferme à l'égard des droits de l'homme. Le gouvernement malien a beaucoup progressé dans la promotion et la protection des droits de l'homme, en dépit des contraintes liées au caractère limité des ressources dont il dispose, a-t-elle ajouté. Elle a encouragé la communauté internationale à soutenir les initiatives du gouvernement malien visant à améliorer la situation socioéconomique de sa population.
La représentante des Philippines s'est en outre réjouie que le Mali ait accepté nombre de recommandations qui lui ont été adressées et a salué les efforts déployés par le pays en faveur du renforcement de la démocratie et de l'Etat de droit. Elle a souhaité que le Mali continue sur cette voie et n'épargne aucun effort, en particulier dans les domaines de la santé et de l'éducation.
M. PIERRE DIOUF (Sénégal) s'est félicité de ce que le Mali ait accepté la grande majorité des recommandations formulées à son intention durant la session du Groupe de travail sur l'Examen périodique universel. Cette position n'est guère surprenante, a-t-il souligné; en effet, a-t-il fait observer, il s'agit là d'une nouvelle manifestation de l'engagement constant des autorités maliennes en faveur de la défense des droits de l'homme et de leur sincère volonté d'aller de l'avant dans ce noble combat.
Le représentant sénégalais a attiré l'attention sur les progrès que le Mali a déjà réalisés dans les secteurs de l'éducation et de la santé, ainsi qu'en matière de promotion des droits des enfants et des femmes. Dans une très large mesure, le Mali doit ces progrès à l'importance que revêt la parole donnée dans ce pays et au sens du suivi qui caractérise les autorités de ce pays. Tout en se disant optimiste quant à l'application des recommandations que le gouvernement malien a approuvées, le représentant du Sénégal a fait observer que, pour la mise en œuvre de certaines d'entre elles, le Mali aurait besoin de l'assistance de la communauté internationale.
M. IDRISS JAZAÏRY (Algérie) a dit apprécier l'émergence d'une démocratie participative au Mali, de même que les efforts que ce pays déploie pour son développement, en exploitant le potentiel de solidarité caractéristique du Mali. L'Algérie félicite le Mali pour ses engagements remarquables, notamment dans le domaine des droits des femmes. Le Mali ayant sollicité l'aide de la communauté internationale, l'Algérie appelle cette dernière, et en particulier le Haut Commissariat aux droits de l'homme, à agir pour aider ce pays, comme d'autres, à mettre en œuvre les recommandations issues de l'Examen périodique universel.
LES CONCLUSIONS DU MALI
M. SÉKOU KASSÉ (Mali) a remercié tous les pays qui ont apporté des conseils au sien. Après avoir remercié le président du Conseil ainsi que toutes les personnes, parfois anonymes, qui assurent le bon fonctionnement de cet organe, il a réitéré l'intention de son gouvernement de remplir l'ensemble de ses engagements.
Source : Nations unies, Genève, juin 2008.

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