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NATIONS UNIES, FEVRIER 2006 / LE PROJET DE CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME
__Louise Arbour appelle les Etats à soutenir la création du Conseil des droits de l'homme
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Louise Arbour, a appelé, le 24 février
2006, les Etats membres à adopter la résolution
sur le Conseil des droits de l'homme, présentée
la veille par le président de l'Assemblée générale,
estimant que si le projet n'était pas "idéal",
rien ne permettait de penser qu'en négociant plus longtemps
on parviendrait à un meilleur résultat.
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"La proposition de création du Conseil des droits
de l'homme, présentée par le président de
l'Assemblée générale, offre une occasion
unique" de "redynamiser" la promotion
des libertés fondamentales partout dans le monde, assure
la haut commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, dans
un communiqué publié à Genève."Ne
pas l'adopter, c'est risquer de faire considérablement
reculer la cause des droits de l'homme", ajoute-t-elle.
Selon Louise Arbour, le texte permettra en effet "au futur
conseil de s'attaquer de façon plus objective et crédible,
aux violations des droits de l'homme dans le monde entier".
"Il fixe des critères pour les nouveaux pays membres
auxquels il sera demandé de s'engager expressément
en faveur de la promotion et de la protection des droits de l'homme".
Le nouveau Conseil "prévoit également la
suspension des membres qui commettent des violations flagrantes
et systématiques de ces droits", a-t-elle fait observer.
"A la différence de la Commission, le Conseil sera
tenu d'examiner périodiquement le bilan en matière
de droits de l'homme de tous les pays, à commencer par
ses membres".
"Aucun pays n'échappera à ce contrôle
et les pays ne pourront plus s'abriter derrière leur statut
de membre de l'organe principal des Nations unies s'occupant des
droits de l'homme pour se protéger ou protéger leurs
alliés contre des critiques ou une condamnation pour des
violations de droits", remarque Louise Arbour..
Le bilan de la Commission des droits de l'homme
Revenant sur le bilan de la Commission des droits de l'homme,
appelée à être remplacée, la haut commissaire
a rappelé qu'elle avait "donné à la
communauté internationale la Déclaration universelle
des droits de l'homme et un certain nombre de traités essentiels
pour protéger les libertés fondamentales".
"Au cours de ses sessions annuelles, la Commission a appelé
l'attention sur un grand nombre de problèmes et de débats
liés aux droits de l'homme. Elle a permis de porter les
doléances de certaines personnes sur la scène mondiale
et a été la seule instance internationale où
soient confrontés la société civile et les
auteurs d'exactions", a expliqué Louise Arbour.
"Le Conseil conservera ces importantes fonctions, ainsi que le système actuel d'enquêteurs indépendants sur les droits de l'homme. L'un de ces experts a été parmi les premiers à mettre en garde contre l'imminence d'un génocide au Rwanda", a-t-elle précisé.
LA DECLARATION DE LOUISE ARBOUR
Déclaration de Louise Arbour, haut commissaire
des Nations unies aux droits de l'homme, à l'occasion de
la présentation d'un projet de résolution pour la
création d'un Conseil des droits de l'homme par
le président de l'Assemblée générale
des Nations unies.
La proposition de création du Conseil des droits
de l'homme, présentée par le Président
de l'Assemblée générale, offre une occasion
unique de commencer à mettre en place un système
redynamisé de promotion et de protection des libertés
fondamentales partout dans le monde. Cette proposition mérite
le soutien des Etats membres. Ne pas l'adopter, c'est risquer
de faire considérablement reculer la cause des droits de
l'homme.
Le texte soumis à l'Assemblée générale
par son président a ce qu'il faut pour permettre au futur
conseil de s'attaquer de façon plus objective, et crédible,
aux violations des droits de l'homme dans le monde entier.
Il fixe des critères pour les nouveaux pays membres auxquels
il sera demandé de s'engager expressément en faveur
de la promotion et de la protection des droits de l'homme. Il
prévoit également la suspension des membres qui
commettent des violations flagrantes et systématiques de
ces droits.
A la différence de la Commission, le Conseil sera tenu
d'examiner périodiquement le bilan en matière de
droits de l'homme de tous les pays, à commencer par ses
membres. Aucun pays n'échappera à ce contrôle,
et les pays ne pourront plus s'abriter derrière leur statut
de membre de l'organe principal de l'ONU s'occupant des droits
de l'homme pour se protéger ou protéger leurs alliés
contre des critiques ou une condamnation pour des violations de
droits.
Le Conseil se réunira également pendant plus
longtemps tout au long de l'année et pourra ainsi réagir
rapidement face à des crises émergentes dans le
domaine des droits de l'homme. Les auteurs potentiels de violations
des droits de l'homme seraient avertis que le monde les surveille
en permanence, et pas seulement pendant six semaines au printemps,
au moment où la Commission se réunit traditionnellement.
La Commission a donné à la communauté
internationale la Déclaration universelle des droits
de l'homme et un certain nombre de traités essentiels
pour protéger les libertés fondamentales. Au cours
de ses sessions annuelles, la Commission a appelé l'attention
sur un grand nombre de problèmes et de débats liés
aux droits de l'homme. Elle a permis de porter les doléances
de certaines personnes sur la scène mondiale et a été
la seule instance internationale où soient confrontés
la société civile et les auteurs d'exactions. Le
Conseil conservera ces importantes fonctions, ainsi que le
système actuel d'enquêteurs indépendants sur
les droits de l'homme. L'un de ces experts a été
parmi les premiers à mettre en garde contre l'imminence
d'un génocide au Rwanda.
Soyons clairs : la proposition dont est saisie actuellement
l'Assemblée générale est le fruit d'un compromis.
Ce ne peut pas être le modèle idéal, et rien
ne permet de penser qu'en négociant plus longtemps on parviendra
à un meilleur résultat.
Mais même une institution qui est parfaite sur le
papier est vouée à l'échec si la communauté
internationale ne procède pas au changement nécessaire
dans la culture de la défense des droits de l'homme.
C'est en grande partie parce qu'elle n'a pas fait ce changement
- qu'elle n'a pas été capable de se réinventer
après avoir mis en place le cadre du système international
de protection des droits de l'homme - que la Commission a été
entravée dans son action. Le cas du Rwanda est tristement
instructif à cet égard. Là, les procédures
de la Commission ont fonctionné mais les avertissements
des enquêteurs n'ont pas été entendus. Pour
que le nouveau Conseil fonctionne, la volonté politique
et l'engagement de la communauté internationale auront
tout autant d'importance que des modifications, quelles qu'elles
soient, de la structure ou des méthodes de travail.
Sources : Nations unies, New York et Genève,
24 février 2006.
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