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Le 1er Congrès mondial contre la peine de mort, Strasbourg (F), 21-23 juin 2001 __Les opposants à la peine de mort appellent les Etats à faire adopter par les Nations unies un moratoire des exécutions, préalable à l'abolition définitive
Les opposants à la peine de mort ont adopté le 23 juin 2001, à Strasbourg (France), une "Déclaration" dans laquelle ils demandent "l'abolition universelle de la peine de mort". Les participants des organisation non gouvernementales de défense des droits de l'homme, plusieurs parlements européens ainsi que des médias réunis, du 21 au 23 juin 2001, en Congrès mondial dans l'enceinte du Conseil de l'Europe et du Parlement européen, à l'initiative de l'association Ensemble contre la peine de mort, ont dressé un état des lieux de la peine de mort dans le monde et tenté de mettre sur pied des actions afin de parvenir à son abolition.
Le 22 juin, les présidents et vice-présidents de 18 parlements nationaux et européens ont lancé "Nous appelons tous les Etats à instaurer, sans délai et partout dans le monde, un moratoire des exécutions des condamnés à mort et à prendre des initiatives visant à abolir la peine de mort dans leur législation interne", déclarent les présidents et vice-présidents de 18 parlements nationaux et européens dans l'Appel présenté à la tribune du Parlement européen. La peine capitale, qui "viole le plus fondamental des droits de la personne humaine, le droit à la vie", constitue, selon eux, une "sanction inadéquate", car "son application est irréparable". Jacques Chirac : une exécution capitale ne peut constituer un acte de justiceDans un message adressé à Michel Taube, organisateur du Congrès et président de lassociation Ensemble contre la peine de mort, le président de la République française, Jacques Chirac, a réaffirmé quune exécution capitale ne pouvait constituer une acte de justice. Nulle justice nest infaillible et chaque exécution peut tuer un innocent. [ ] Rien ne peut légitimer lexécution de mineurs ou de personnes souffrant de déficience mentale, a-t-il ajouté. Cest un combat quil faut mener avec détermination et conviction, a encore déclaré Jacques Chirac, qui avait appelé à labolition universelle de la peine de mort devant la Commission des droits de lhomme des Nations unies, le 30 mars 2001 à Genève. La peine de mort dans 86 paysEn 2001, la peine de mort reste en vigueur dans 86 pays. Plus de la moitié des Etats de la planète 109 pays sur 195 - ont aboli, en droit ou en fait, la peine de mort. Une trentaine de pays y ont renoncé depuis 1990. En 1999, 64 pays ont prononcé au total 3.857 condamnations à mort et 1.813 prisonniers ont été exécutés dans 31 pays, selon des chiffres fournis par Amnesty International qui estime que ceux-ci sont inférieurs à la réalité. En 2000, 1.457 prisonniers ont été, toujours selon l'organisation de défense des droits de l'homme, exécutés dans 28 pays, dont un millier en Chine, 85 aux Etats-Unis, 75 en Iran et 63 en Arabie Saoudite. Le nombre d'exécutions serait en hausse en 2001, selon l'organisation Hands off Caïn qui a répertorié [de janvier à juin 2001] 1.290 exécutions, dont plus de 1.100 en Chine. L'APPEL DE STRASBOURGNous, Présidents des Parlements nationaux et internationaux, signataires de cet appel, Sommes convaincus que la peine de mort viole le plus fondamental des droits de la personne humaine - le droit à la vie - un droit que reconnaissent les instruments régionaux et internationaux de protection des droits de l'homme. Parce que son application est irréparable; Nous considérons que la peine capitale constitue une sanction inadéquate, d'autant qu'il existe des moyens pour combattre la grande criminalité tout en respectant les droits de l'homme. Nous soutenons le vaste mouvement en faveur de l'abolition de cette peine, qui a conduit à sa disparition dans plus de la moitié des Etats de la planète. L' Europe a, dans ce combat, fait preuve de la plus grande détermination. Le Conseil de l'Europe et l'Union européenne ont conduit des actions et adopté des instruments juridiques marquants, et en particulier :
Nous nous réjouissons de voir se former et s'étendre un consensus politique à l'échelle universelle en faveur de l'abolition de la peine de mort, ce dont témoignent, entre autres :
Pour toutes ces raisons, considérant le rôle et la responsabilité qui incombent aux Parlements et aux gouvernements nationaux dans le processus d'abolition de la peine de mort, Convaincus que l'abolition universelle de la peine de mort est une contribution essentielle au respect de la dignité humaine et des droits de l'homme, Nous appelons tous les Etats à instaurer, sans délai et partout dans le monde, un moratoire des exécutions des condamnés à mort, et à prendre des initiatives visant à abolir la peine de mort dans leur législation interne.
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