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XXIe siècle
Ensemble contre le peine de mort




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DAKAR, FEVRIER 2002: LA CONFERENCE DES BARREAUX FRANCOPHONES

__Les avocats francophones lancent une campagne mondiale contre la peine de mort

L'Ordre des avocats de Genève prend la tête d'une campagne mondiale pour l'abolition de la peine de mort, initiée par les avocats des Barreaux francophones. Les avocats francophones, qui se sont réunis du 6 au 8 février 2002 à Dakar (Sénégal), ont en effet décidé d'installer le secrétariat général de cette campagne à Genève. Leur mouvement - la Conférence internationale des Barreaux de tradition juridique commune (CIB) - regroupe 82 organisations d'avocats, en particulier dans les pays francophones.

Les avocats ont adoptés à Dakar une résolution qui fixe les grandes lignes de cette action contre la peine de mort. Le bâtonnier de l'Ordre des avocats de Genève, Pierre de Preux, explique que le texte - proposé par un autre avocat genevois, Jean-Marie Crettaz - vise en premier lieu les Etats qui "n'ont pas aboli la peine capitale. Les avocats de ces pays feront connaître au secrétariat général de Genève toutes les procédures engagées contre des accusés risquant la peine de mort. L'objectif visé est que les autres Barreaux entreprennent, avec les moyens de communication adéquats, une campagne de protestation et de soutien aux défenseurs de ces accusés et leur prêtent toute l'assistance requise."

Les Etats-Unis seront les premiers visés par cette campagne contre la peine capitale. "Il faut absolument faire sauter le verrou américain. Ce pays est la seule grande démocratie qui exécute des condamnés. On ne pourra pas exiger de la Chine, de l'Arabie saoudite ou d'autres nations qu'ils abandonnent la peine capitale tant que les Etats-Unis continuent à montrer le mauvais exemple."

Le secrétariat installé à Genève recueillera des informations sur des procédures engagées contre des accusés risquant la peine de mort et apportera aide et soutien à ces personnes. Le bâtonnier genevois souhaite aussi porter la lutte en Suisse. La Confédération, qui a interdit la peine de mort depuis 1942 sur le plan civil et depuis 1992 sur le plan militaire, n'extrade pas des suspects qui risquent la peine de mort.

Le droit absolu à la vie

"Nous voulons que les autorités suisses refusent, lorsqu'il y a risque de peine mortelle, toute collaboration avec les Etats-Unis ou les autres pays non-abolitionnistes, dans ce que l'on nomme la "petite entraide", c'est-à-dire la collaboration octroyée par la Suisse à la justice d'un autre pays en matière de recherches de preuves. Il peut arriver que les Etats-Unis, par exemple, demandent à la Suisse de lui fournir des renseignements de nature financière ou autre afin d'alimenter un dossier qui, en fin de compte, risque de se conclure par la peine capitale. En ce cas, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour nous opposer à cette demande d'aide."

Car, ajoute Me de Preux: "Rien ne doit justifier qu'on expose des accusés à la mort. Il y a une hiérarchie des valeurs que l'on doit absolument respecter au sommet de laquelle est placé le droit absolu à la vie. Ce droit constitue une créance de chaque individu vis-à-vis de l'Etat."

Secrétariat de la campagne : Me Pierre de Preux, 6, rue François-Bellot, CH-1206 Genève. Tél. (+41.22) 704.05.05. E-mail : pierre.depreux@depfyffer.ch

Internet : www.cib.asso.fr

Source: La Tribune de Genève, 19 février 2002, et Secrétariat de la Campagne.Haut de page