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XXIe siècle
La Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale




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Suisse : 2e Guerre mondiale

Le transit ferroviaire de personnes à travers la Suisse

__Les trains de déportés juifs ne traversaient pas la Suisse


Les trains de déportés juifs ne traversaient pas la Suisse. L'hypothèse du transit de déportés repose sur des rumeurs, souvent répétées jusqu'à récemment, écrit la Commission Bergier dans son rapport, publié le 10 décembre 1999, sur "Le transit ferroviaire de personnes à travers la suisse pendant la seconde guerre mondiale".

Aucun train de déportés en provenance de France n'a emprunté le réseau ferroviaire suisse. Pour les convois de travailleurs en provenance d'Italie - 43 au total - l'itinéraire de 40 d'entre eux a été reconstitué: il ne passe pas par la Suisse.

Le rapport de la Commission Bergier examine d'une part l'hypothèse du transport de déportés juifs à travers la Suisse, et d'autre part la question du transit des travailleurs italiens vers l'Allemagne.

Sur le premier point, l'étude conclut qu'aucun train de déportés en provenance de France n'a emprunté le réseau ferroviaire suisse.

Pour les convois en provenance d'Italie, 43 au total, l'itinéraire de 40 d'entre eux a été reconstitué: il ne passe pas par la Suisse. Nous avons toutes raisons de penser que les trois convois restants ont eux aussi franchi les Alpes par les cols orientaux, qui offrent une liaison plus directe entre l'Italie et la Pologne via l'Autriche. La ligne du Brenner est restée praticable, aucun bombardement ne l'a endommagée à l'époque de ces convois. En outre, le contexte politique était peu favorable: à l'époque critique (fin 1943-1944), les autorités suisses sont plus strictes et refusent dès l'été 1943 le transit des travailleurs italiens. L'hypothèse du transit de déportés repose sur des rumeurs, souvent répétées jusqu'à récemment.

Sur le second point, l'étude rapporte que plus de 180.000 travailleurs italiens ont traversé la Suisse pour se rendre en Allemagne entre 1941 et l'été 1943. Comme ressortissants d'un pays de l'Axe, ils ne peuvent être considérés comme des travailleurs forcés; leur statut n'est pas comparable à celui des travailleurs venant de l'Europe de l'est, ni à celui des Français engagés dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO). Ces Italiens sont attirés en Allemagne surtout par des salaires plus élevés. Leur condition n'est pas satisfaisante pour autant; car ils font l'objet de discriminations et de mauvais traitements.

L'étude examine les demandes d'autorisation de transit. Les puissances de l'Axe soulignèrent le caractère politique de cette migration. Les autorités suisses réagirent avec circonspection, craignant le caractère éventuellement militaire de ces convois. La situation change en juillet - septembre 1943, avec le renversement de Mussolini et l'invasion allemande du nord et du centre de la Péninsule.

Désormais, les travailleurs sont recrutés de force en Italie. Mais nos recherches n'ont révélé aucun transit de cette nature par la Suisse depuis l'été 1943.

Source : site Internet de la Commission Bergier.Up