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>Retour Suisse : 2e Guerre mondiale |
__Le Conseil fédéral salue le rapport mais ne jette la pierre à personne
Le conseiller fédéral a néanmoins tenu à prendre de la hauteur par rapport aux conclusions du rapport. "A ceux qui ont vécu la guerre et qui se sentent blessés, je rappellerai que la révision de l'histoire ne représente pas une condamnation de leur génération. [...] Cinquante ans plus tard, avec tout ce que nous savons de plus que les dirigeants de l'époque, il est difficile de leur jeter la pierre", estime Kaspar Villiger. Le Lucernois invoque ainsi "l'immunité du peuple suisse aux idées nazies" et "la résistance des principes démocratiques face à la marée fasciste" comme autant "d'exploits dignes d'admiration". Villiger met en garde contre le "dégrisement"Le président de la Confédération salue néanmoins le travail de la commission, effectué en toute indépendance. "Même s'il est douloureux, ce processus ne peut que nous rendre plus forts." "La Suisse s'est livrée à l'Histoire. Je constate avec fierté que nous l'avons fait avec plus de persévérance, d'efforts et de fermeté que bien d'autres pour qui une telle attitude eût aussi été de rigueur." Kaspar Villiger admet que "l'image de la vaillante démocratie dont l'armée aurait à elle seule tenu la guerre à distance" relève de la mythologie. Il met toutefois en garde contre le retour de balancier que susciterait un "dégrisement" excessif. "Au cours des sept dernières années, on a davantage mis l'accent sur les actes impardonnables que sur les exploits positifs dont notre pays a été le théâtre." Il souligne enfin que la vérité historique ne saurait être définitive et immuable. Pas une "histoire officielle""Nous ne sommes pas là pour nous ériger en juges de ceux qui nous ont précédés, ni pour donner une note aux travaux de la Commission", poursuit Ruth Dreifuss. "Nous n'avons pas non plus commandé une histoire officielle. Nous voulons simplement savoir comment nous avons agi. Ces questions sont fondamentales. Elles touchent aux liens entre morale et politique." Pour la conseillère fédérale, il est nécessaire de donner à la jeunesse "une image aussi juste que possible de la Suisse". "Le souvenir de la Seconde Guerre mondiale doit nous rendre plus exigeants et plus vigilants aux effets pervers de nos décisions." Enfin, dans une déclaration de l'ensemble du Conseil fédéral, ce dernier se déclare "conscient des erreurs commises". Il rappelle néanmoins que la Commission a réfuté certains reproches graves. Les relations économiques avec l'Allemagne n'ont pas prolongé la guerre. Aucun train de déportés n'a franchi le territoire suisse. Et les banques n'ont pas bâti leur prospérité sur les dépouilles des victimes du nazisme. Adrien Bron, La Tribune de Genève, 23 mars 2002. Article reproduit grâce à l'aimable autorisation de la Tribune de Genève. © Tribune de Genève. |