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XXIe siècle
La Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale




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Suisse : 2e Guerre mondiale

L’HISTOIRE SUISSE ET LE RAPPORT BERGIER

__De la Résistance à la collaboration, les ouvrages consacrés à l'histoire de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale / Verbatim


"Nous avons été sur le continent les premiers résistants de l'Europe ou bien les derniers qui fussent encore décidés à résister. C'est là un fait historique qu'aucune considération ne pourra changer." / Revue militaire suisse, juin 1947.

"L'encerclement de la Suisse, la précarité de son ravitaillement, l'impossibilité de transférer les réfugiés vers un pays d'accueil rendaient inévitable une limitation rigoureuse et forcément arbitraire des entrées. [...] A ces douloureuses contraintes près, le défi de la neutralité a été tenu et la Suisse ne s'est pas alignée sur l'ordre totalitaire. Le mérite, la Providence accordant sa protection majeure, les Anglais, puis les Américains luttant pour la liberté, la rendant et la garantissant à l'Europe occidentale, en reviennent à la cohésion solidaire du peuple suisse dans sa vocation de liberté et dans sa volonté de résistance. Le général Guisan en a été, dans l'armée et dans le peuple, la personnification emblématique. Mais la responsabilité n'en relève pas moins du Conseil fédéral qui lui a donné sa mission et l'a maintenue, lui en consentant les moyens. Le gouvernement a su assurer, dans une collégialité sans défaillance grave, la conduite de la politique étrangère et la survie économique dans les conditions les plus critiques." / Le Défi de la neutralité de Georges-André Chevallaz Editions de l'Aire, Suisse,1995.

"Finalement, les négociateurs suisses ont réussi une espèce de tour de force en obtenant de l'Allemagne nazie non seulement des denrées alimentaires et du pétrole, mais aussi le fer avec lequel se forgeaient dans nos usines les armes qui, si jamais elles étaient utilisées, le seraient contre l'Allemagne. Il en coûta évidemment un crédit de clearing qui, à la fin du conflit, atteignait 1119 millions de francs. Toute la question était de savoir si le prix ainsi payé pour conserver l'indépendance nationale était moralement et politiquement supportable ou s'il était exagéré." / Histoire de la Suisse, l'histoire récente (1928-1980) de Pierre Béguin, Editions Payot Lausanne,1980.Up

"Les partis politiques traditionnels durent en partie se taire, et l'on assista à une inféodation de la structure du pouvoir par des clans issus des droites. De petits "baillis", forme helvétique des Führer, [...] tentèrent de se créer leur territoire. Il en résulta une segmentation du monde politique (désormais éclaté en mouvements, ligues et réseaux privés), mais aussi de l'armée ou de l'administration. Le Conseil fédéral lui-même était divisé. Il ne restait plus en définitive qu'une seule structure cohérente au niveau du pouvoir central: le Département de l'économie publique, et la Délégation permanente pour les négociations économiques avec l'étranger qui s'y rattachait. Ces dernières assumèrent les décisions essentielles pour l'existence du pays, sans pour autant que puisse intervenir une opinion publique toujours plus livrée à la propagande de l'armée et à l'omniprésence du général." / Le Salaire des neutres de Hans-Ulrich Jost, Editions Denoël, Paris, 1999.

"Malgré les circonstances contraignantes qui ont déterminé la politique suisse en matière de transaction d'or, on ne peut se débarrasser de l'impression gênante que les échanges d'or avec l'Allemagne reposaient sur une association douteuse, sur un compagnonnage scélérat avec une dictature inhumaine, sur une collaboration quasi conspiratrice avec un régime hostile à la Confédération suisse et à sa conception de l'Etat." / L'Or des nazis. La Suisse, un relais discret de Werner Rings, Editions Payot, Lausanne, 1985.

"Non, ce n'est pas la soi-disant invincibilité de notre armée conjuguée à l'atout géographique de notre fortin alpin qui a fait hésiter Hitler à nous envahir [...]. Mais ce sont plutôt et surtout notre étroite et active collaboration économique avec le Reich, nos accords de clearing, les armes qui sortaient de nos usines pour aller renforcer le potentiel militaire de la Wehrmacht, notre position stratégique au cur de l'Arc alpin, la sécurité et la discrétion de nos places financières qui recueillirent les tonnes d'or volées par les nazis, notre rôle de plaque tournante de l'espionnage international qui furent autant d'atouts que Hitler et son état-major ont soupesé à l'aune des seuls intérêts de leurs ambitions hégémoniques; atouts qui se sont imposés dans l'analyse des dirigeants nazis comme infiniment plus rentables qu'une invasion destructrice de notre pays." / Du Bonheur d'être Suisse sous Hitler de Jean-Baptiste Mauroux, Editions d'En Bas, Lausanne, 1997 [Première édition Jean-Jacques Pauvert, Paris, 1968].

"La politique extrêmement peu accueillante menée à l'égard des réfugiés civils a contribué à isoler la Suisse sur la scène internationale au cours des dernières années de la guerre. La question des réfugiés politiques et des persécutés raciaux s'était déjà posée durant les années 30, mais la politique helvétique prend un aspect de plus en plus administratif et inhumain à partir de la déclaration de guerre. [...] Heureusement, de nombreux Suisses agirent en faveur des réfugiés, et critiquèrent d'ailleurs sévèrement la politique fédérale en la matière. On ne peut cependant dire que la majorité de la population se soit montrée à la hauteur de la tradition humanitaire si souvent évoquée dans les fêtes patriotiques.". / Nouvelle Histoire de la Suisse et des Suisses, sous la direction de Jean-Claude Favez, Editions Payot, Lausanne, 1982-83.

"Entre 1942 et 1944, [...] la Suisse se trouva dans une position géographique et historique unique qui paraissait lui faire un devoir de mener une politique active d'accueil et de secours international. Elle en avait la possibilité. Elle abritait déjà un grand nombre de réfugiés civils et d'internés militaires; un contingent accru ne l'aurait pas mise dans une difficulté insurmontable. En fermant la frontière de plus en plus sévèrement, en remettant à leurs poursuivants des réfugiés surpris lors de leur passage clandestin, et en s'accrochant trop longtemps à cette attitude restrictive, on livra des êtres humains à un destin tragique. Dans ce sens, les autorités de la Suisse ont réellement contribué à la réalisation de l'objectif des nationaux-socialistes." / La Suisse, le national-socialisme et la Seconde Guerre mondiale. Rapport final de la Commission indépendante d'experts Suisse-Seconde Guerre mondiale, ou rapport Bergier, Pendo, 2002.

Extraits publiés dans Le Temps, Genève, 6 avril 2002.Up