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__Les génocides et massacres "génocidaires"


| Le génocide arménien | Le génocide cambodgien | Le massacre ukrainien |

Le génocide arménien

   • LA RECONNAISSANCE DU GENOCIDE ARMENIEN EN SUISSE
Etat de Genève, 1998   Canton de Vaud, 2003
Confédération [Conseil national] 2003   Ville de Genève, 2005 2003

Document [345 ko]

Commis par l'Etat turc entre janvier 1915 et juillet 1916, ce massacre a fait de 1'000'000 à 1'500'000 morts, soit les deux tiers de la population arménienne de l'ex-Empire ottoman.

Le déclin de l'Empire ottoman et la division des Balkans font que les Arméniens (dont la patrie fut envahie par les Turcs au XIème siècle) sont à la fin du XIXème partagés entre trois empires: perse, ottoman et russe. En 1908 les Jeunes Turcs du parti Union et Progrès renversent le sultan et prennent le pouvoir. Leur idéologie est nationaliste et raciste. Dès le début de la guerre en 1914, ils accusent les Arméniens de Turquie d'espionnage en faveur des Russes. Fin 1914, le Comité central du parti Union et Progrès met en place un programme de suppression des Arméniens.

La Turquie, à travers ses régimes successifs, continue à rejeter violemment l'accusation de génocide : elle reconnaît la déportation et les massacres (tout en diminuant le nombre des victimes) mais nie leur planification.Up

Le génocide cambodgien

Du 17 avril 1975 au 7 janvier 1979, le Cambodge fut dirigé par les Khmers rouges. Selon les estimations des historiens, leur régime -le "Kampuchéa démocratique"-, dirigé par Pol Pot, est tenu pour responsable de la mort de 1,7 million de Cambodgiens – hommes, femmes et enfants - soit 20% de la population globale du Cambodge.

Dès leur arrivée au pouvoir, les Khmers rouges, nationalistes et communistes, planifièrent une purification ethnique et un nettoyage social dans le but avoué d'uniformiser la société khmère en supprimant les groupes ethniques et religieux ainsi que les individus du groupe national jugés irrécupérables.

Le premier ministre cambodgien Hun Sen a accepté en mai 2000 une formule permettant la création avec l'ONU d'un tribunal conjoint pour juger les principaux dirigeants khmers rouges accusés de crimes contre l'humanité. Cet accord ouvre la voie – 25 ans après - à un procès historique du massacre polpotiste.

Le massacre ukrainien

Selon l'historien Robert Conquest, de 1928 à 1932, l'Etat soviétique déporte 1,5 à 2 millions d'Ukrainiens et 500 000 sont massacrés sur place. La culture ukrainienne est interdite et les intellectuels emprisonnés. Mais c'est en affamant délibérément la population paysanne en 1932 et 1933 que l'URSS de Staline décime les Ukrainiens dont les aspirations nationales étaient ressenties comme une menace. La collectivisation brutale de l'agriculture et les quotas excessifs imposés entraînent la famine et la mort pour 5 millions des 20 à 25 millions de paysans ukrainiens (le chiffre de 5 millions est - d'après les historiens - l'estimation la plus probable à l'intérieur d'une fourchette allant de 2 à 10 millions).

Le massacre ukrainien de 1932-1933 est "le seul cas dans l'histoire d'une famine fabriquée par l'homme pour détruire en partie un groupe national" (Yves Ternon).

Sources : "L'Etat criminel, les génocides au XXème siécle" de Yves Ternon (Seuil, 1995)Up