Combattre le racisme
Durban 2001


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La prépartion de la Conférence
___Les méfaits du colonialisme et de l’esclavagisme

Les ONG africaines : réparation pour les victimes de l'esclavagisme

Une quarantaine d'organisation non gouvernementales (ONG) africaines, regroupées dans un mouvement appelé "Initiative de Gorée" - en référence à l'île au large de Dakar (Sénégal) qui fût du 17e au 19e siècles un des principaux lieux d'embarquement des esclaves vers les Amériques - exigent la reconnaissance de l'esclavage comme un crime contre l'humanité et des réparations pour les victimes.

Selon Alioune Tine, "on ne peut envisager une communauté internationale bâtie sur la justice, l'égalité et l'universalité des droits de l'homme sans que les Etats qui ont pratiqué la traite des esclaves ne demandent pardon de façon explicite".

Le coordonnateur des organisations africaines pour la Conférence de Durban met en avant le "devoir de mémoire" : "l'aspect pécuniaire importe moins que la reconnaissance du crime qui est imprescriptible".

Ben Bella : l'esclavagisme et le colonialisme sont des crimes contre l'humanité

Pour l'ancien président algérien Ahmed Ben Bella, le commerce d'esclaves et le colonialisme devraient être reconnus par la communauté internationale comme des crimes contre l'humanité. Il appelle "à de justes réparations" des victimes de l'esclavage payées par les auteurs de ces pratiques.
L'esclavage et le commerce d'esclaves africains, ainsi que le colonialisme continuent d'avoir "des effets dévastateurs" sur le continent africain, effets qui sont "aggravés par la mondialisation", a-t-il souligné, estimant qu'aujourd'hui, "la situation en Afrique est traversée de drames et de nombreuses blessures sociales qui annihilent ses perspectives de développement".

Se référant au texte de l'Initiative de Gorée, adoptée fin juin 2001 à Dakar, l'ancien président algérien a précisé que "la réparation en soi n'est pas une sanction mais une étape en direction d'une vraie réconciliation de l'Humanité avec elle-même". / Source : Nations unies, Genève, 6 août 2001.

Le président sénégalais Wade Esclavage opposé à la réparation pécuniaire

Le président sénégalais Abdoulaye Wade, est "opposé à toute demande de réparation pécuniaire" de l'esclavage : "Les torts faits au peuple noir ne peuvent être évalués en milliards de dollars", ajoutant :"Je ne m'associerai jamais à une demande d'argent, c'est de la comptabilité sur papier. On ne peut pas en termes monétaires évaluer ces torts. C'est insultant". Il est, en revanche, favorable à une reconnaissance mondiale de l'esclavage comme crime contre l'humanité.

Déplorant la responsabilité de certains rois du peuple noir qui vendaient leurs frères, Abdoulaye Wade n'exclut cependant pas une action en justice contre des compagnies ayant aidé à transporter les Africains du continent vers les pays des esclavagistes.

Amnesty International

Des "réparations" ? Un "chèque ne peut compenser le sang versé", dit le Sénégalais Pierre Sané - ex-secrétaire général de l'organisation Amnesty International-, qui souhaite que "la qualification des faits incriminés" - l'esclavage et le colonialisme - précède le principe de toute réparation. "Il faut inscrire cette partie de l'histoire de l'Afrique dans les livres et les enseigner aux écoliers du monde entier".Haut de page