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Durban, la Conférence
__Esclavage : pour les leaders africains la "réparation" c'est l'aide au développement
Les dirigeants africains ont abordé à Durban la délicate question de l'esclavage, avec la volonté de se démarquer des demandes de réparations financières exigées par les organisations non gouvernementales africaines. La plupart d'entre eux ont demandé qu'esclavage et colonisation soient reconnus comme des crimes contre l'humanité, mais ont souhaité que leurs "conséquences" soient traitées par un accroissement de l'aide au développement ou l'annulation de la dette.
Face au radicalisme politique de la société civile, un consensus sur la question de la traite négrière s'est dessiné autour du président sud-africain Thabo Mbeki, promoteur d'une "Nouvelle initiative africaine" avec ses homologues algérien Abdelaziz Bouteflika, nigérian Olusegun Obasanjo et sénégalais Abdoulaye Wade. Le président sud-africain plaide pour un "engagement mesurable" des pays riches afin "d'éradiquer l'héritage de l'esclavage". |
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Le président sénégalais Wade.
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"Tout le monde s'accorde pour dire que la traite négrière odieuse de trois siècles est un crime contre l'humanité", a déclaré Abdoulaye Wade, précisant cependant que les chefs d'Etat africains préfèrent la "repentance" aux "excuses" réclamées par certains. "S'excuser en 2001 de crimes commis il y a trois siècles et plusieurs générations n'a pas de sens. Ce dont on a besoin c'est que soit satisfait le devoir de mémoire de l'humanité, pour reconnaître qu'un grand tort a été fait à une partie de cette humanité", a-t-il dit.
Les chefs d'Etat africains appellent les pays développés à reconnaître que l'Afrique "a été blessée, ses ressources humaines et naturelles pillées et que cela explique pour une part sa situation actuelle", a souligné le président sénégalais. S'agissant de la réparation, objet de vives controverses, il a expliqué qu'on est passé du concept global de la "réparation" à celui de l'étude cas par cas, les pays africains n'étant pas dans la même situation que les communautés noires de la diaspora, dont certaines ont besoin d'être mises dans de meilleures conditions.
Les déclarations des Chefs d'Etats africains
Le président nigérien Olusegun Obasanjo a estimé qu'il est "essentiel" de reconnaître "les conséquences fondamentales (de l'esclavage), comme la pauvreté, le sous-développement et la marginalisation".
"Je dois toutefois ouvrir les yeux de ceux qui pensent que toute excuse doit être suivie d'une compensation financière", a-t-il averti. Et d'insinuer que ceux qui militent pour des réparations en bonne et due forme (les Afro-américains) ne comprennent plus la mentalité africaine et "pourraient toucher les Africains dans leur dignité et exacerber la divisions entre Africains du continent et de la diaspora".
Le président congolais Denis Sassou Nguesso "ne demande pour seule réparation que la reconnaissance, le repentir et surtout, la solidarité des pays riches".
Pour le président algérien Bouteflika, "le temps doit venir de la réparation des injustices du passé et avec lui celui des dysfonctionnements et des déséquilibres d'un système de relations qui voue implacablement les plus puissants à toujours plus de richesses et les plus pauvres à un malheur sans fin".
Sources: Nations unies, Durban, et quotidien "Le Soleil", Dakar, 2001. |