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NATIONS UNIES, MARS 2007 | JOURNEE INTERNATIONALE POUR L'ELIMINATION DE LA DISCRIMINATION RACIALE
__Ban Ki-moon condamne la discrimination, entrave au développement et au progrès

K. AnnanA l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, célébrée le 21 mars 2007, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a souligné que les pratiques racistes, qui "perpétuent les inégalités sociales et économiques profondément ancrées dans les sociétés", portaient atteinte au développement en empêchant les individus de réaliser pleinement leur potentiel et donc, de contribuer au progrès national.

"Si on n'y prend pas garde, les pratiques racistes peuvent causer des troubles sociaux et des conflits, faisant obstacle à la stabilité et à la croissance économique", a souligné Ban Ki-moon.

Saluant des avancées significatives contre la discrimination ces dernières décennies, notamment la fin de l'apartheid en Afrique du Sud ou l'adoption par de nombreux pays de lois sur le sujet, le secrétaire général des Nations unies a néanmoins estimé que beaucoup restait à faire puisque la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination était encore loin de la ratification universelle.

"Surtout, de récents rapports font état d'une augmentation inquiétante des incidents de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d'intolérance dans de nombreuses parties du monde", a-t-il rappelé.

"Les Nations unies ont un rôle majeur à jouer dans la lutte contre la discrimination raciale mais c'est aussi à chacun d'entre nous de faire front : nous devons rejeter les actes de discrimination ou d'intolérance dans notre vie quotidienne et les dénoncer avec force dans la sphère publique", a estimé Ban Ki-moon, soulignant que ces efforts s'inscrivent dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) pour 2015.

 Louise Arbour : les engagements formels ne sont pas suffisants 

K. AnnanInsistant elle aussi sur les liens entre racisme et développement, Louise Arbour, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a déclaré, à Genève, qu'"une société qui tolère la discrimination porte atteinte à son propre développement en entravant la contribution de pans entiers de sa population, et sème potentiellement les germes de conflits violents en son sein".

Dans son message, Louise Arbour ajoute que "les engagements formels ne sont pas suffisants".

Cette Journée est par conséquent "l'occasion de mobiliser l'opinion publique et de rappeler aux gouvernements leur devoir de combattre la discrimination raciale sous toutes ses formes et ainsi assurer le plein développement de tous les membres de nos communautés et des générations futures".

BAN KI-MOON : LES PRATIQUES RACISTES PERPÉTUENT LES INÉGALITÉS ET FONT OBSTACLE À LA STABILITÉ ET À LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE

Message du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, le 21 mars 2007.

Le 21 mars 1960, les forces de police ouvraient le feu sur des manifestants pacifiques qui s’étaient élevés contre les lois racistes à Sharpeville, en Afrique du Sud, faisant 69 victimes et des dizaines de blessés. Tous les ans, le monde entier commémore ce massacre afin d’appeler l’attention sur l’importance qu’il y a à lutter contre le racisme, partout et à tout moment.

Le thème retenu cette année, "Le racisme et la discrimination : des obstacles au développement", rappelle les liens qui existent entre le racisme, la discrimination et le développement. Les pratiques racistes nuisent à leurs victimes, mais limitent également le potentiel global des sociétés où elles sont tolérées. Elles empêchent les particuliers de donner la pleine mesure de leurs capacités et de contribuer pleinement à l’essor de leur pays. Elles perpétuent des inégalités sociales et économiques profondément ancrées. Si l’on n’y prend garde, elles peuvent entraîner des troubles et des conflits sociaux, faisant ainsi obstacle à la stabilité et à la croissance économique.

Ces dernières décennies, des progrès considérables ont été faits dans la lutte contre la discrimination raciale. Le système de l’apartheid a été démantelé en Afrique du Sud et plusieurs nations ont adopté des lois antidiscriminatoires. Pourtant, il reste encore beaucoup à faire. Les lois ne se traduisent pas toujours par de meilleures conditions de vie et de nombreux pays n’ont toujours pas formulé ou mis en œuvre des politiques antidiscriminatoires efficaces. De fait, 42 ans après l’adoption de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, l’objectif d’une ratification universelle est encore loin d’être atteint. Sur un plan général, de récents rapports font état d’une hausse inquiétante des manifestations de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d’autres formes d’intolérance dans de nombreuses régions du monde.

L’Organisation des Nations unies, en tant qu’instance normative chargée de surveiller le respect des droits de l’homme et de sensibiliser l’opinion publique, a un rôle majeur à jouer dans la lutte contre la discrimination raciale. Mais c’est aussi à chacun d’entre nous de faire front : nous devons rejeter les actes de discrimination ou d’intolérance dans notre vie quotidienne et les dénoncer avec force dans la sphère publique. Puisque le racisme nuit au développement, notre action devrait faire partie intégrante des initiatives menées aux échelons local et national pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement d’ici à 2015.

Célébrons cette Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale en nous engageant de nouveau à défendre l’égalité entre tous les êtres humains et en prenant la résolution de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour parvenir à cet idéal simple mais fort.

Source : Nations unies, New York, mars 2007.
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