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FRANCE / LA LUTTE CONTRE LE RACISME
__Textes de référence sur la lutte contre le racisme et les discriminations

26 août 1789
Adoption par l'Assemblée nationale constituante du
texte définitif de la Déclaration des droits
de l'homme et du citoyen. Elle proclame dans son article 1
que les hommes naissent libres et égaux en droits.
27 avril 1848
Décret d'émancipation ou d'abolition de l'esclavage
dans les colonies françaises, pris sur l'initiative de
Victor Schoelcher. L'esclavage avait été une première
fois aboli par la Convention (décret du 16 pluviôse
an II, 4 février 1794), puis rétabli en 1802 par
Bonaparte (loi du 20 Floréal an X). La constitution de
la IIe République du 4 novembre 1848, confirme l'abolition
dans son article 6 "l'esclavage ne peut exister sur aucune
terre française".
29 juillet 1881
Loi sur la liberté de la presse. Elle consacre mais
réglemente le principe de la liberté d'expression
et en sanctionne les abus. La loi de 1881 modifiée notamment
par les lois du 1er juillet 1972 et du 13 juillet 1990, est un
des textes essentiels permettant de lutter contre la propagation
des idées racistes et discriminatoires.
La loi sanctionne ainsi, lorsqu'elles s'expriment publiquement par voie de presse ou tout autre moyen :
la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence (art.24, al.6), la diffamation (art.32, al.2), l'injure (art.33, al.3), envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non-appartenance à une ethnie, une nation, une race, une religion;
l'apologie (art.24, al.3) et la contestation (art.24bis) des crimes contre l'humanité.  |
21 avril 1944
Droit de vote des femmes. L'Ordonnance portant organisation
des pouvoirs publics en France après la Libération
dispose dans l'article 17 que "les femmes sont électrices
et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes".
27 octobre 1946
Promulgation de la constitution de la IVe République.
Le Préambule réaffirme que "tout être
humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance,
possède des droits inaliénables et sacrés"
et proclame que "la loi garantit à la femme, dans
tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme".
1er juillet 1972
Loi 72-546 relative à la lutte contre le racisme, dite
loi Pléven. [René Pléven est garde
de sceaux, ministre de la Justice dans le gouvernement de Jacques
Chaban Delmas] Cette loi, adoptée à la suite de
la ratification par la France de la Convention internationale
sur l'élimination de toutes les formes de discrimination
raciale, est la première loi spécifiquement destinée
à combattre le racisme sous ses différentes formes.
Ses dispositions ont été intégrées
à la loi de 1881 sur la presseet au Code pénal.
22 décembre 1972
Loi 72-1143 relative à l'égalité de rémunération
entre les hommes et les femmes. Le décret d'application (73-360) sera pris le 27 mars 1973.
6 janvier 1978
Loi 78-17 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés. L'article 31 précise qu'il est interdit de conserver en mémoire informatique, sauf accord de l'intéressé, des données nominatives faisant apparaître les origines raciales, les opinions politiques, philosophiques, religieuses.

13 juillet 1990
Loi 90-615 tendant à réprimer tout acte raciste,
antisémite ou xénophobe, dite loi Gayssot [Jean-Claude
Gayssot est député communiste de la Seine-Saint-Denis].
La loi réaffirme dans son article 1 le principe selon lequel,
en France, toute discrimination fondée sur l'appartenance
ou la non-appartenance à une ethnie, une nation, une race
ou une religion est interdite. L'article 2 prévoie que
la Commission nationale consultative des droits de l'homme devra
chaque année, le 21 mars, date retenue par l'ONU pour la
Journée internationale pour l'élimination de toutes
les formes de discriminations raciales, remettre au gouvernement
un rapport faisant le point sur la lutte contre le racisme
qui sera immédiatement rendu public.
L'ensemble des dispositions de la loi a été intégré
au Code pénal et à la loi de 1881 sur la presse,
notamment l'article 9 sur le délit de contestation publique
des crimes contre l'humanité.
1er mars 1994
Entrée en vigueur du nouveau Code pénal qui renforce la répression des crimes et délits racistes :
sa principale innovation est de définir et sanctionner les crimes contre l'humanité : le crime de génocide (art.211-1), les autres crimes contre l'humanité (déportations, esclavage, exécutions sommaires, tortures) (art.212-1), la participation à un groupement ou à une entente établie en vue de préparer ces crimes (art.212-3);
l'article 225-1 définit la discrimination à caractère raciste comme toute distinction opérée entre les personnes physiques en raison de leur origine, de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminéeDiverses formes de discrimination sont punies (art. 225-2) : le refus de fourniture d'un bien ou d'un service, l'entrave à l'exercice normal d'une activité économique, le refus d'embauche, les sanctions, les licenciements discriminatoires, la subordination de la fourniture d'un bien, d'un service ou d'une offre d'emploi à une condition discriminatoire;
la diffamation (art.624-3) et l'injure (art.624-4) non publiques à caractère raciste, la provocation non publique à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale. Jusqu'alors seul leur caractère public permettait de sanctionner ces comportements. |
18 octobre 1995
Décret 95-1114 créant un Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes.
11 mai 1998
Loi 98-349 relative à l'entrée et au séjour
des étrangers en France et au droit d'asile.
16 juillet 1998
Circulaire du garde des sceaux, ministre de la Justice, relative
à la lutte contre le racisme et la xénophobie et
demandant une vigilance renforcée dans la recherche et
la constatation des infractions inspirées par le racisme.
18 janvier 1999
Circulaire 9900013C du ministre de l'Intérieur créant
les Commissions départementales d'accès à
la citoyenneté (CODAC). Les CODAC ont pour mission
de recenser et de lutter contre toutes les formes de discrimination
dont sont victimes les jeunes issus de l'immigration en matière
d'embauche, de logement, de loisirs. Les cellules départementales
de coordination de la lutte contre le racisme, la xénophobie
et l'antisémitisme instituées par la circulaire
du Premier ministre du 1er mars 1993 sont supprimées.
15 avril 1999
Convention constitutive du groupement d'intérêt
public Groupe d'étude sur les discriminations (GED). Ce
groupe a pour objet d'analyser les discriminations dont souffrent
dans tous les domaines les populations en raison de leur origine
étrangère, réelle ou supposée, de
faire connaître les résultats de ses travaux au public
et de proposer des moyens de lutte.
8 juillet 1999
Loi constitutionnelle 99-569 relative à l'égalité
entre les femmes et les hommes
10 septembre 1999
Décret 99-778 instituant une Commission pour l'indemnisation
des victimes de spoliations intervenues du fait des législations
antisémites en vigueur pendant l'Occupation.

18 mars 2000
Assises nationales de la citoyenneté et de la lutte
contre les discriminations à l'Arche de la Défense.
Elles réunissent des jeunes et les principaux acteurs,
administratifs, judiciaires et associatifs de la lutte contre
les discriminations. Dans son allocution, le Premier ministre,
Lionel Jospin, annonce le renforcement de l'action de l'Etat et
notamment la mise en place d'un "numéro vert"
d'appel gratuit, le 114, pour le signalement des actes discriminatoires.
6 juin 2000
Loi 2000-493 tendant à favoriser l'égal accès
des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions
électives.
5 juillet 2000
Loi 2000-614 relative à l'accueil et à l'habitat
des gens du voyage.
10 juillet 2000
Loi 2000-644 instaurant une Journée nationale à
la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites
de l'Etat français et d'hommage aux "Justes"
de France. Cette journée est fixée au 16 juillet,
date anniversaire de la rafle du Vélodrome d'hiver à
Paris, si ce jour est un dimanche, sinon au dimanche suivant.
2 octobre 2000
Le GED change de dénomination et devient Groupe d'étude
et de lutte contre les discriminations (GELD). Il publie un
rapport annuel sur les discriminations raciales et les moyens
de les combattre qui tient compte des données issues
de l'activité des CODAC et de celles recueillies par le
114.
29 janvier 2001
Loi 2001-70 relative à la reconnaissance du génocide
arménien de 1915.
9 mai 2001
Loi 2001-397 relative à l'égalité
professionnelle entre les femmes et les hommes.
21 mai 2001
Loi 2001-434 tendant à la reconnaissance de la traite
et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité.
La République française reconnaît que la traite
négrière et que l'esclavage perpétrés
contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches
et indiennes constituent un crime contre l'humanité. Une
requête en ce sens sera introduite auprès du Conseil
de l'Europe, des organisations internationales et des Nations
unies.
Une proposition de loi relative à la lutte contre
les discriminations à l'embauche et dans l'emploi a
été déposée le 13 septembre 2000,
adoptée en première et seconde lectures par l'Assemblée
nationale et le Sénat. Elle est examinée en Commission
mixte paritaire.
10 décembre 2002
Les députés français adoptent, à
l'unanimité, une proposition de loi qui vise à
aggraver les peines punissant les actes racistes, antisémites
ou xénophobes. Le texte précise que la circonstance
aggravante "est constituée lorsque l'infraction
est précédée, accompagnée ou suivie
de propos, écrits, images, objets ou actes de toute nature
portant atteinte à l'honneur ou à la considération
de la victime ou d'un groupe de personnes dont fait partie la
victime" en raison "de leur appartenance ou de leur
non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie,
une nation, une race ou une religion déterminée".
Dans son article 8, la proposition de loi propose de
"sanctionner plus gravement les atteintes aux biens qui sont
particulièrement visés parce qu'ils sont autant
de symboles de la vie d'une communauté" - lieux de
culte, écoles, moyens de transports utilisés par
leurs élèves.
01.2003

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