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REPUBLIQUE FEDERALE ALLEMANDE / Le 60e ANNIVERSAIRE DE LA LIBERATION DU CAMP DE BUCHENWALD
__Gerhard Schroeder à Buchenwald : "l'époque nazie est une partie de notre identité"

Gerhard SchröderLe souvenir de l'époque du national-socialisme, de la guerre, du génocide et des crimes est une partie de notre identité nationale. Et c'est une responsabilité morale constante", a déclaré le chancelier allemand, Gerhard Schröder, le 10 avril 2005, à Weimar, devant un parterre de personnalités et quelque 550 anciens prisonniers de 26 pays qui furent internés dans ce camp où périrent environ 56'000 personnes.

"Nous qui sommes nés après la guerre, qui représentons une autre Allemagne, une Allemagne démocratique, nous ne voulons et nous ne permettrons pas que l'injustice et la violence, l'antisémitisme, le racisme et la xénophobie aient une chance de renaître", a-t-il ajouté.

Parmi les invités figuraient aussi 1'200 vétérans de la 3e armée américaine qui avait libéré le camp de Buchenwald, le 11 avril 1945. Lorsque le bruit des chars se fit entendre, les gardes et les sentinelles dans les tours s'enfuirent dans la forêt. Les membres de la résistance du camp prirent le contrôle.

Le camp de concentration de Buchenwald a été construit par les SS pendant l'été 1937 sur la colline de l'Ettersberg, près de Weimar. Quelque 250'000 personnes de 36 pays y ont été emprisonnées : des opposants politiques au régime nazi, des Juifs, des Sinti et Roms, des prisonniers de guerre. La plupart n'ont pas survécu; ils sont morts de faim et de froid, ou ont été abattus par les SS. Environ 21'000 prisonniers ont assisté à la libération du camp.

Le serment de Buchenwald n'a pas encore été tenu

Stèles

Stèles portant les noms de camps de concentration nazis.


D'anciens prisonniers ont pris la parole durant la cérémonie. L'écrivain espagnol Jorge Semprun a rappelé qu'en 2015, aucun survivant du camp de Buchenwald ne pourrait vraisemblablement plus dire : "Oui, c'était comme ça, j'y étais... Nous ne pourrons plus donner de témoignage des expériences vécues dans les camps nazis".

Le président du Comité international de Buchenwald-Dora, Pierre Durand, avait 15 ans le 11 avril 1945, et cela faisait deux ans qu'il était détenu à Buchenwald. Ce jour-là, il errait à travers le camp à la recherche de ses parents. Ils étaient déjà morts, ensevelis dans des fosses communes anonymes. Il a exhorté les auditeurs à ne pas oublier le passé. À Buchenwald, Auschwitz, Dachau et dans les autres camps de concentration, des crimes planifiés par les hommes ont été commis. Pour lui, oublier, c'est rendre l'indicible à nouveau possible.

Bertrand Herz, secrétaire général de l'Association française Buchenwald-Dora, a rappelé à la jeunesse que le serment de Buchenwald n'avait pas encore été tenu. Les 21'000 survivants s'étaient en effet juré, peu après la libération du camp de concentration, il y a 60 ans, de lutter aussi longtemps qu'il le faudrait pour assécher toutes les racines du nazisme.Up

Gerhard Schröder : L'Allemagne fait face à sa responsabilité

Le chancelier fédéral Gerhard Schröder a rendu hommage à la libération du camp de concentration, qui a été une "libération de l'extérieur, mais aussi une libération de l'intérieur", ce qui, à son sens, ne doit pas être oublié.

L'Europe de la liberté, de la paix et de la démocratie que nous avons construite au cours des 50 dernières années trouve son origine profonde dans les années les plus ténébreuses du XXe siècle, a-t-il poursuivi.

"Vous qui êtes venus ici êtes les gardiens de la mémoire authentique et palpable. Vous avez été les témoins et les victimes des conséquences d'une cruauté humaine poussée à l'extrême. Je m'incline devant vous, devant les victimes et les membres de leurs familles." Gerhard Schröder

C'est dans la terreur muette des camps qu'est née la détermination inébranlable de lutter contre les forces de l'injustice et de la tyrannie, quelles qu'en soient les manifestations, et de bâtir un monde digne de l'humanité.

"C'est notre obligation envers ceux qui ont souffert à Buchenwald et dans les autres camps. Cette mission dépasse le cadre des générations. Elle incombait aux responsables qui nous ont précédés. Elle nous incombe et elle incombera à ceux qui nous succéderont. En Allemagne, cette mission est intemporelle", a déclaré M. Schröder.

Il a également rappelé l'histoire du camp après le 11 avril 1945. En août 1945, le camp est passé sous le contrôle de l'administration militaire soviétique, et Buchenwald est devenu le camp spécial n° 2, camp d'internement pour les criminels nazis et les criminels de guerre. Avant sa dissolution, près de 30'000 personnes y ont été internées, et plus de 7'000 y sont mortes.

Spiegel : Tolérance zéro vis-à-vis du racisme et de l'antisémitisme

Paul Spiegel, président du Conseil central des Juifs en Allemagne, a dénoncé la minimisation des tendances d'extrême droite, en particulier chez les jeunes. "Devant nous grandissent des jeunes qui risquent un jour de commettre des crimes sur la base de leurs convictions religieuses." Il a dit observer chez les enfants et les jeunes un durcissement de la pensée, qui fait progresser le terreau de la violence.

Source : site du gouvernement allemand, avril 2005.
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