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La décision de destruction
7 juin 1941 - Lettre de Hans Heinrichs Lammers, chef de la chancellerie du Reich, à Martin Bormann, chef de la chancellerie du parti :
"Der Führer hat der vom Reichsministern des lnnern vorgeschlagenen Regelung vor allem deshalb nicht zugestimmt, weil er der Meinung ist, daß es nach dem Kriege in Deutschland ohnedies keine Juden mehr geben werde."
[Le Führer n'a pas accepté la mesure proposée
par le ministre de l'intérieur du Reich, essentiellement
parce qu'il estime que de toute façon, après la
guerre, il ne restera plus de Juifs en Allemagne.] [1]
31 juillet 1941 - Texte rédigé par Adolf
Eichmann à la demande de Reinhardt Heydrich, et signé
par Hermann Göring, délégué du chancelier
:
"ln Ergänzung der lhnen bereits mit Erlaß vom
24. I. 39 übertragenen Aufgabe, die Judenfrage in Form der
Auswanderung oder Evakuierung einer den Zeitverhältnissen
entsprechend möglichst günstigsten Losung zuzuführen,
beauftrage ich Sie hiermit, al/e erforderlichen Vorbereitungen
in orga-nisatorischer, sachlicher und materieller Hinsicht zu
treffen für eine Gesamtlösung der Judenfrage im deutschen
Einflußgebiet in Europa.
Soferne hierbei die Zuständigkeiten anderer Zentralinstanzen
berührt werden, sind diese zu beteiligen.
Ich beauftrage Sie weiter, mir in Bälde einen Gesamtentwurf
über die organisatorischen, sachlichen und materiellen Vorausmaßnahmen
zur Durchführung der angestrebten Endlösung der Judenfrage
vorzulegen."

[Complétant les dispositions de l'arrêté
du 24 janvier 1939 vous chargeant d'apporter à la question
juive la solution la plus favorable selon les circonstances, par
l'émigration ou l'évacuation, je vous donne mission
par la présente de prendre toutes les mesures préparatoires
nécessaires, qu'il s'agisse de l'organisation, de la mise
en oeuvre et des moyens matériels, pour obtenir une solution
totale à la question juive dans la zone d'influence allemande
en Europe.
Tous les autres organes gouvernementaux doivent coopérer
avec vous à cet effet.
Je vous charge, en outre, de m'adresser sous peu un plan d'ensemble
sur les mesures préparatoires à prendre concernant
l'organisation, la mise en oeuvre et les moyens nécessaires
pour réaliser la solution finale désirée
de la question juive.] [2]
En juin 1941, Hitler ne juge pas utile de poursuivre
le détail d'une législation sur la définition
et le sort des Mischlinge, car cela n'a plus d'intérêt
: son intention est donc déjà claire, et il le fait
savoir. Au 31 juillet suivant, Heydrich obtient une consigne explicite.
C'est en outre dès juin que des destructions de masse ont
commencé, de façon expérimentale, à
Chelmno.
Le 29 novembre 1941, Heydrich convoque la "Conférence
de Wannsee", qui se tiendra le 20 janvier 1942 à
midi, sur "die Endlösung der Jugenfrage",
"la solution finale de la question juive".
Un rapport en fut rédigé en trente exemplaires.
Il cite parmi les possibilités de solution les fusillades
et les camions à gaz. Ce n'est que postérieurement
que les chambres à gaz furent "inventées".
En dehors de ce rapport, aucun autre ordre écrit ne fut
donné.
Le "protocole" (compte rendu) de la Conférence
de Wannsee évalue le nombre de Juifs à éliminer
à onze millions, en comptant ceux des territoires "non
encore" occupés. Il précise :
"Unter entsprechender Leitung sollen nun im Zuge der Endlösung die Juden in geeigneter Weise im Osten zum Arbeitseinsatz kommen. ln großen Arbeitskolonnen, unter Trennung der Geschlechter, werden die arbeitsfähigen Juden straßenbauend in diese Gebiete geführt, wobei zweifellos ein Großteil durch natürliche Verminderung ausfallen wird. Der allfällig endlich verbleibende Restbestand wird, da es sich bei diesem zweifellos um den widerstandsfähigsten Teil handelt, entsprechend behandelt werden müssen, da dieser, eine natürliche Auslese darstellend, bei Freilassung ais Keimzelle eines neuenjüdischen Aufbaues anzusprechen ist. (Siehe die Erfahrung der Geschichte.)"
[Au cours de la solution finale, les Juifs de l'Est devront
être mobilisés pour le travail avec l'encadrement
voulu. En grandes colonnes de travailleurs, séparés
par sexe, les Juifs aptes au travail seront amenés à
construire des routes dans ces territoires, ce qui sans doute
permettra une diminution naturelle substantielle de leur nombre.
Pour finir, il faudra appliquer un traitement approprié
à la totalité de ceux qui resteront, car il s'agira
évidemment des éléments les plus résistants,
puisque issus d'une sélection naturelle, et qui seraient
susceptibles d'être le germe d'une nouvelle souche juive,
pour peu qu'on les laisse en liberté (voir l'expérience
de l'histoire.)] [3]
1. Raul Hilberg, La destruction des juifs d'Europe,
Gallimard, collection Folio, Paris, volume 2, page 344 (traduction
M.-F. Palomera et A. Charpentier).
2. Ibid, page, 345.
3. J.-M. Lecomte, Savoir la Shoah, CRDP,
Dijon, 1998, pages 164-166 et 165-167 (traduction Christine Syren).
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