droitshumains.org
XXIe siècle
Le génocide des Juifs

Home Shoah



 DOCUMENTS 

La proposition de parrainage d'enfants de la Shoah

NICOLAS SARKOZY
Discours Crif, 13 février
[ 150 ko]

Discours Périgueux, 15 février

REACTIONS
Premières réactions
"J'ai été choquée, puis révoltée" [Annette Wieviorka]
"Transmettre la Shoah est essentiel" [Emmanuelle Mignon, Elysée]

POINTS DE VUE
Un marketing mémoriel [Henri Rousseau]
Quand Sarkozy joue avec le feu des émotions enfantines [Serge Hefez]
Se souvenir de ces 11'400 enfants [Serge Klarsfeld]
Le mort saisit le vif [Claude Lanzmann]
Le devoir d'histoire, condition du devoir de mémoire [Henri Pena-Ruiz]
Une "gentillesse" trop brutale [Boris Cyrulnik]
Mémoire à l’école. Les deux "non" d’Alain Finkielkraut
L’émotion contre l’Histoire [Barbara Lefebvre et Shmuel Trigano]

APPELS
Liberté pour l'histoire [15 février]
Le Nouvel Observateur [21 février]

LA SHOAH ET LES ENFANTS
Enseigner la Shoah aux enfants
Les enfants d'Izieu

FRANCE, FEVRIER 2008 | MEMOIRE DE LA SOAH : LA PROPOSITION DE NICOLAS SARKOZY
__La protestation de "Liberté pour l'histoire"

L’association Liberté pour l’histoire réprouve la décision du président de la République, après celle si contestable sur la lecture obligatoire de la dernière lettre de Guy Môquet, de faire "parrainer la mémoire" de l'un des 11'500 enfants juifs de France victimes de la Shoah, par des élèves de CM 2 à partir de la rentrée 2008.

Quelque respectable que soit l’intention, cette initiative se heurte à de fortes objections :

1- Le caractère contraignant de cette injonction de mémoire. Elle substitue une démarche purement émotive à un apprentissage critique de l’histoire qui demeure le premier devoir des éducateurs.

2- Indépendamment du fait que nul ne sait ce que peut vouloir dire "parrainer une mémoire", est-il raisonnable d’en faire assurer la charge par des enfants de neuf ou dix ans, sans mesurer l’effet psychologique d’une pareille mise en demeure ?

3- La Shoah est un événement unique dans l’histoire. Mais la place ainsi accordée aux victimes juives, à l’exclusion de toutes les autres, risque d’être mal comprise. Mesure-t-on l’embarras des enseignants à appliquer pareille prescription face à des classes d’enfants aux filiations les plus diverses ?

Cette annonce improvisée et en définitive dangereuse nous paraît relever de ce courant de repentance que le président de la République avait paru vouloir condamner. Ne risque-t-elle pas en outre d’avoir l’effet absolument contraire au but visé ?

Paris, 15 février 2008.

L’association Liberté pour l’histoire est née de l’appel signé par 19 historiens. Elle a pour objet de "faire reconnaître la dimension spécifique de la recherche et de l’enseignement historiques, et de défendre la liberté d’expression des historiens contre les interventions politiques et les pressions idéologiques de toute nature et de toute origine" (article 2 de ses statuts). Elle est présidée par Pierre Nora. Site web : www.lph-asso.fr
Up