|
__1956 2001 : 50 ans de crises
HONGRIE 1956. 203.000 Hongrois fuient la répression soviétique suite au soulèvement de Budapest. En quelques mois, ils seront pris en charge par le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) et hébergés dans des camps (180.000 en Autriche et 20.000 en Yougoslavie), avant de trouver, pour la plupart, un lieu d'asile définitif.
ALGÉRIE - 1958-62. La guerre d'Algérie conduit des milliers d'Algériens à fuir en Tunisie et au Maroc, où le HCR aide à installer des camps. Lorsque la guerre prend fin en 1962, le flux s'inverse, avec la réinstallation des réfugiés rapatriés et le départ dans la panique de plus d'un million de colons vers la France.
SUD DE L'AFRIQUE - Début des années 60. Les guerres d'indépendance, que ce soit au Congo, au Rwanda, au Burundi, en Angola, ou encore au Mozambique, multiplient les violences, déclenchant des massacres et des exodes massifs.
BIAFRA 1967. La guerre du Biafra fera 600.000 morts, la plupart de faim, et quelques millions de déracinés. Le HCR apporte son aide à quelque 40.000 réfugiés Ibo en Guinée équatoriale, puis collabore aux rapatriements lorsque la guerre prend fin en 1970.
TCHÉCOSLOVAQUIE 1968. Le "Printemps de Prague" est brutalement réprimé par les Soviétiques. Fuyant leur pays occupé, 40.000 Tchécoslovaques cherchent asile en Autriche.
BANGLADESH 1971. La guerre civile éclate au Pakistan occidental pour la libération du Bangladesh. Des milliers de Bengalis seront tués par l'armée pakistanaise. Quelque 10 millions de Bengalis se réfugient en Inde ou au Pakistan. Ils retourneront l'année suivante dans leur pays devenu indépendant.
CHILI et CONE SUD 1973. Coup d'Etat du général Pinochet au Chili. Dans les six mois qui suivent, il y a plus de 10.000 morts, 90.000 détenus et 163.000 exilés selon l'Agence France Presse (AFP). D'autres pays du continent (Uruguay, Argentine, Brésil...) connaissent aussi la dictature et ses flux d'exilés.
NICARAGUA, EL SALVADOR et GUATEMALA - 1975-1982. En Amérique centrale, répression politique, violence armée et guerre civile provoquent des exodes massifs de population, notamment au Nicaragua, El Salvador et Guatemala. Très nombreuses sont aussi les populations déplacées à l'intérieur de ces pays. Dans les Caraïbes, beaucoup de Haïtiens ont déjà cherché asile à Saint-Domingue, au Venezuela et dans différentes îles de la région.
SAHARA 1975. L'Espagne cède le Sahara occidental à la Mauritanie et au Maroc. Une partie de la population refuse l'accord. Des dizaines de milliers de Sahraoui iront chercher asile en Algérie.
VIETNAM et LAOS 1975. Les guerres du Vietnam et du Laos provoquent la fuite de réfugiés dans les pays voisins. L'exode des boat-people, qui quittent le Vietnam par la mer, prend des dimensions dramatiques jusqu'en 1979. Beaucoup meurent en mer ou sont victimes de pirates. Fin 1990, 1,5 million de personnes étaient arrivées dans les pays de premier asile dont 1,3 million ont été réinstallées en Amérique du Nord, Europe et Océanie.
AFGHANISTAN 1979. Intervention soviétique et guerre civile en Afghanistan. Des milliers de réfugiés partiront, en majorité vers le Pakistan et l'Iran. Après 12 ans de conflit, il y aura près de 5 millions d'Afghans installés hors de leur pays natal. Fin 1990, environ 300.000 étaient rentrés sous les auspices du HCR.
IRAN 1979. Après la révolution islamique en Iran, un grand nombre d'Iraniens se réfugient dans les pays voisins. Environ 25.000 demandeurs d'asile s'adressent au HCR au Pakistan et en Turquie. La plupart de ceux qui ont été acceptés auront trouvé une solution de réinstallation fin 1990.
MOZAMBIQUE, SOUDAN et RWANDA 1983. La guerre civile au Soudan provoque un exode du Soudan méridional vers l'Ethiopie. En 1990, il atteindra 400.000 personnes.
1986. Guerre civile, sécheresse et famine au Mozambique. Nombreux sont ceux qui fuient vers les pays voisins. Sur plus d'un million de réfugiés, plus de 900.000 sont accueillis au Malawi.
1994. Rwanda. L'arrivée au pouvoir de l'Armée Patriotique Rwandaise après un génocide qui a fait près d'un million de victimes, majoritairement tutsi, pousse 2.264.000 Rwandais hutu sur les routes de l'exil.
BOSNIE-HERZÉGOVINE 1991/1995. Après la Slovénie (juin 1991) et la Croatie (juillet-décembre 1992), la guerre gagne en avril 1992 la Bosnie Herzégovine. Les nationalistes serbes chassent les Musulmans et les Croates. Puis Croates et Musulmans s'affrontent entre 1993 et 1994 avant de redevenir alliés. Le conflit a fait quelque 3 millions de réfugiés, soit un habitant sur trois.
KOSOVO 1999. La guerre menée par l'OTAN à partir de 1999 provoque la fuite de près d'un million de personnes hors du territoire, tandis que plusieurs milliers sont déplacées à l'intérieur. On estime à 11.000 le nombre d'Albanais du Kosovo massacrés au cours de ces semaines. En juin 1999, avec la fin de la guerre, les réfugiés rentrent chez eux par centaines de milliers. Le HCR est intervenu tant pendant l'exil qu'au moment de la réinstallation.
TIMOR ORIENTAL - 1999... Après le vote des habitants du Timor Oriental en faveur de l'indépendance le 30 août, la terreur déclenchée en septembre par les milices anti-indépendantistes fait fuir une grande partie des 800.000 habitants vers le Timor occidental. En octobre, avec l'aide du HCR, 24.000 d'entre eux rentrent chez eux. Bien que beaucoup attendent encore leur retour, l'action du HCR a dû être interrompue du fait de l'insécurité, après le meurtre de 3 de ses fonctionnaires en septembre 2000.
TCHÉTCHÉNIE - 1991/ 1999... Villages bombardés, exactions, pillages, par deux fois, de 1991 à 1995, puis depuis 1999, les indépendantistes tchétchènes ont affronté les forces armées russes dans une guerre sans pitié. Les civils ne sont pas épargnés et fuient vers l'Ingouchie voisine.
LIBERIA SIERRA LEONE - 2000... Après plus de 10 ans de guerre, la sous-région formée par le Libéria, la Sierra-Leone et la Guinée connaît une nouvelle escalade dans la violence : en août, un membre du HCR en poste en Guinée forestière est assassiné. Fin septembre, des incursions rebelles attaquent des camps en Guinée où s'abritent près de 400.000 réfugiés sierra-léonais ou libériens . 135.000 d'entre eux sont coincés dans le bec de perroquet situé à la frontière des trois pays. En l'espace de 6 mois, le HCR réinstalle 180.000 personnes dans des zones plus sûres.
Source : Service de presse, Assemblée nationale, Paris, juin 2001. |