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NATIONS UNIES, HCR, 2005 / LA SITUATION DES REFUGIES DANS LE MONDE
INTRODUCTION. Au début de l'année 2005, le nombre de personnes relevant de la compétence du HCR était de 19,2 millions, soit une augmentation de 13% par rapport aux 17 millions de l'année précédente. Ce chiffre reflète les diverses catégories de populations aidées par l'organisation - réfugiés, civils retournés chez eux mais ayant encore besoin d'assistance, déplacés internes, demandeurs d'asile et apatrides.
L'augmentation du nombre d'individus relevant de la compétence du HCR est largement due à la forte présence d'apatrides et de déplacés internes - des civils contraints d'abandonner leur foyer pour échapper à la violence mais qui n'ont pas quitté leur pays. Le HCR a pris en charge la protection de 660 000 des 1,8 millions de personnes déplacées dans le Darfour, une région du Soudan dévastée par la guerre civile. Par ailleurs, selon les sources gouvernementales, la Colombie compterait aujourd'hui 2 millions de déplacés, contre 1,2 million auparavant. Le nombre d'apatrides relevant du mandat du HCR est passé de 912 000 à plus de 2 millions, un résultat qui s'explique en grande partie par des statistiques plus fiables pour cette catégorie de personnes vulnérables. Beaucoup d'Afghans sont revenus chez eux, mais 2,1 millions sont encore en exil - la plus nombreuse population de réfugiés aidés par le HCR. La plupart vivent en Iran et au Pakistan, les deux principaux pays d'accueil, soit 1 046 000 et 961 000 personnes, respectivement.
1 Chiffres révisés en fin d'année. A QUI LE HCR VIENT-IL EN AIDE ET COMMENT ? 9,2 millions de réfugiés. Le HCR offre protection et assistance non seulement aux réfugiés, mais aussi à d'autres catégories de personnes déracinées ou en situation de vulnérabilité. Parmi elles se trouvent les demandeurs d'asile, les réfugiés rentrés chez eux mais ayant encore besoin d'un soutien pour reconstruire leur vie, les populations locales directement affectées par la présence de réfugiés, les apatrides mais aussi, en nombre croissant, les déplacés internes, c'est-à-dire des gens qui ont dû partir de chez eux mais sont néanmoins restés dans leur pays. Contrairement aux réfugiés, ces derniers ne sont pas protégés par le droit international et ne peuvent bénéficier de diverses formes d'assistance. Or, la guerre a changé de visage dans les dernières décennies : elle est de plus en plus souvent interne et non plus interétatique, d'où une augmentation massive du nombre de déplacés, qui représentent aujourd'hui le deuxième groupe le plus important relevant du mandat du HCR. Ils seraient quelque 25 millions dans le monde, la majorité se trouvant en Colombie, au Soudan, en Angola, au Libéria, au Sri Lanka, en Bosnie-Herzégovine et dans les pays de l'ex-Union soviétique. Le HCR vient en aide à environ 5,6 millions d'entre eux. Le HCR définit le réfugié comme une personne qui se trouve hors de son pays et ne peut ou ne veut pas y retourner parce qu'elle craint à juste titre d'y être persécutée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de ses opinions politiques ou de son appartenance à un groupe social particulier. Des dispositifs régionaux comme la Convention de l'Organisation de l'unité africaine sur les réfugiés en Afrique (1969) ou la Déclaration de Carthagène sur les réfugiés en Amérique latine (1984) ont élargi ce mandat aux civils chassés de chez eux par la guerre ou un conflit interne. A ce jour, 145 pays ont signé la Convention de Genève de 1951 relative aux réfugiés et/ou son Protocole de 1967 et reconnaissent comme réfugiés les individus qui répondent aux définitions contenues dans ces traités et accords régionaux. En 2004, le nombre de réfugiés dans le monde a diminué pour la quatrième année consécutive, passant de 9,7 à 9,2 millions, son chiffre le plus bas en près d'un quart de siècle. Environ un million d'Afghans ont regagné leurs foyers, mais 2 millions vivent encore en exil. Des retours massifs ont également été enregistrés en Iraq, au Burundi, en Angola et au Libéria. Par ailleurs, il y a eu 232 100 nouveaux réfugiés, l'exode le plus important s'étant produit au Soudan (146 900 personnes). Les réfugiés constituent aujourd'hui 48% de la population relevant de la compétence du HCR.
839 200 demandeurs d'asile. Les civils qui fuient leur pays pour chercher refuge dans un autre Etat doivent soumettre une demande d'asile afin d'obtenir le droit d'être reconnus officiellement comme réfugiés et bénéficier de la protection juridique et de l'aide matérielle que leur octroie ce statut. En 2004, quelque 676 400 nouvelles demandes ont été déposées dans le monde, dont la plupart émanaient de citoyens originaires de la Fédération de Russie, de Serbie-Monténégro et de Chine. Les deux tiers de ces nouvelles demandes étaient présentés en Europe. Si l'on ajoute les dossiers en cours d'examen des années précédentes, le nombre total de demandeurs d'asile en attente d'une décision atteignait 839 200 à la fin de 2004. Durant les cinquante dernières années, des millions de personnes ont ainsi pu obtenir l'asile, mais depuis quelque temps le nombre de nouvelles demandes est en constante diminution. En 2004, il est tombé à son niveau le plus bas en 16 ans dans 38 pays industrialisés. En temps de crise humanitaire majeure, il est parfois nécessaire de modifier le système d'asile. Ainsi, lorsque dans les années 90 les guerres des Balkans ont contraint des millions de civils à l'exil, le HCR a reconnu que les dispositifs d'asile des pays d'accueil risquaient d'être débordés par des afflux d'une telle ampleur. L'agence a donc proposé la mise en place d'une procédure simplifiée et accélérée, permettant d'offrir une "protection temporaire", c'est-à-dire d'une durée limitée, aux nouveaux arrivants, en rappelant toutefois que le droit d'asile demeure la clé de voûte du mandat du HCR pour la protection des réfugiés.
1. Pays ayant enregistré plus de 10 000 nouvelles demandes d'asile (chiffres révisés décembre 2005). 5 574 000 déplacés internes. A la demande du Secrétaire général des Nations unis ou de l'Assemblée générale des Nations Unies, le HCR offre protection et assistance à des populations qui ne relèvent a priori pas de son mandat initial. C'est notamment le cas des déplacés internes, qui se trouvent dans une situation de déracinement relativement similaire à celle des réfugiés, mais qui, n'ayant pas franchi de frontière, sont restés dans leur pays. Comme ces personnes ne sont que partiellement couvertes par le droit humanitaire et les dispositifs d'assistance en vigueur, un vaste débat s'est engagé ces dernières années pour déterminer comment mieux leur venir en aide et à qui incombe la responsabilité de les protéger. En 2004, il y avait dans le monde environ 25 millions de déplacés. Quelque 5,6 millions d'entre eux ont été aidés par le HCR, un bond de 14% par rapport aux 4,4 millions de l'année précédente. Cette différence est en grande partie imputable aux nouvelles statistiques du gouvernement colombien, le nombre de bénéficiaires de l'aide augmentant de 760 000 pour atteindre les 2 millions de personnes, ainsi qu'aux 660 000 déplacés dans la région du Darfour, au Soudan, à qui le HCR fournit maintenant une assistance. D'autres groupes de déplacés du Soudan, d'Azerbaïdjan, du Libéria et de Sri Lanka attendent de rentrer chez eux depuis des années. Mais leur nombre a beaucoup diminué dans ces deux derniers pays en 2004, de même qu'en Afghanistan.
NOTE. Ce tableau ne prend en compte que les personnes déplacées bénéficiant de la protection ou de l'aide du HCR. 2 053 100 apatrides et autres personnes relevant de la compétence du HCR. Le HCR, qui aide également d'autres groupes de populations frappées par des conflits, est de plus en plus souvent appelé à se mobiliser en faveur d'un nombre croissant d'apatrides. Selon les estimations les plus fiables, car il est difficile d'obtenir des chiffres précis, il y aurait plusieurs millions d'apatrides dans le monde. La Déclaration universelle des droits de l'homme stipule que "chaque individu a droit à une nationalité", et deux traités internationaux portent spécifiquement sur l'apatridie : la Convention de 1954 relative au statut des apatrides et la Convention de 1961 sur la réduction des cas d'apatridie. Suite à une consultation globale avec les gouvernements, 74 pays ont communiqué des statistiques beaucoup plus précises, si bien que le nombre d'apatrides et autres personnes nécessitant l'aide immédiate du HCR a grimpé en flèche, passant de 912 200 en 2003 à 2 053 100 un an plus tard. 1 494 500 rapatriés. La majorité des réfugiés choisissent de retourner chez eux dès que les conditions le permettent, en général une fois que le conflit a pris fin, qu'une certaine stabilité a été rétablie et que les infrastructures de base sont en cours de reconstruction. Le HCR favorise le rapatriement volontaire comme étant la meilleure solution pour les populations déracinées. Il assure souvent le transport des rapatriés, auxquels il fournit ensuite un soutien matériel, notamment sous forme d'allocations financières, d'outils agricoles et de semences. Parfois, il participe également à la remise en état de logements, d'écoles, de routes et de dispensaires. Le personnel sur le terrain veille à ce que les rapatriés ne soient pas en danger lorsque la situation est encore instable. Ces activités sont d'une durée variable, mais dépassent rarement les deux années qui suivent le rapatriement. C'est ensuite au tour d'autres organisations spécialisées dans l'aide au développement à plus long terme de prendre le relais. Les trois dernières années ont été marquées par des rapatriements d'une ampleur sans précédent, avec le retour de 5 millions de réfugiés (dont 3,5 millions d'Afghans). L'année 2004 n'a pas dérogé à la règle, puisque environ 1,5 million de réfugiés sont retournés dans leur pays dans le cadre de 27 grandes opérations de rapatriement : 940 500 Afghans, 194 000 Iraquiens, et divers groupes originaires de pays africains, dont le Burundi, l'Angola, le Libéria, la Sierra Leone, la Somalie et le Rwanda.
1. Chiffres d'après les rapports reçus des pays d'origine et des pays d'asile. 83 700 admissions à la réinstallation. Certains réfugiés ne peuvent pas ou ne veulent pas retourner chez eux, le plus souvent parce qu'ils y seraient de nouveau persécutés. Le HCR les aide alors à s'installer, soit dans le pays d'asile où ils se trouvent déjà, soit dans un pays tiers prêts à les accueillir à titre permanent. Si de nombreux pays acceptent de recevoir des réfugiés à titre temporaire lorsqu'une crise éclate, ils sont par contre moins de 20 à participer aux programmes de réinstallation du HCR en admettant chaque année un nombre déterminé de réfugiés. Globalement, le nombre de personnes réinstallées a fortement chuté après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, et en conséquence, surtout dans ce pays. Il est ensuite reparti à la hausse, pour atteindre 83 700 en 2004, une augmentation de 50% par rapport à l'année précédente. Cette reprise a été particulièrement nette pour les principaux pays de réinstallation : les Etats-Unis et l'Australie. 1. Source : gouvernements. LE HCR EN BREF / Données au 1er juillet 2005 Bureaux du HCR dans le monde, y compris le siège : 263 dans 116 pays EN QUELQUES CHIFFRES Début 2005, le nombre de personnes relevant de la compétence du HCR s'élevait à 19,2 millions. Ce chiffre comprenait 9,2 millions de réfugiés (48%), 839 200 demandeurs d'asile (4%), 1,5 million de rapatriés (8%), 5,6 millions de déplacés internes (29%), et 2 millions d'autres personnes bénéficiant de l'aide du HCR (11%). Le chiffre de 19,2 millions de personnes représentait une augmentation de 13% par rapport aux 17 millions de l'année précédente, principalement en raison du nombre croissant de déplacés internes et d'apatrides ayant reçu l'aide du HCR, qui est passé de 5,3 à 7,6 millions. Les réfugiés, qui représentent le groupe le plus important de personnes recevant l'assistance du HCR, ont été globalement moins nombreux (9,2 millions contre 9,7 millions précédemment), principalement en raison du rapatriement de 940 500 Afghans du Pakistan et d'Iran. Le nombre de personnes recevant une aide après leur retour au pays - les rapatriés - s'est établi à 1,5 million en 2004, une augmentation de quelque 400 000 par rapport au 1,1 million de 2003. 232 100 nouveaux réfugiés ont été enregistrés en 2004. Ils venaient surtout du Soudan (146 900), de la République démocratique du Congo (38 100), de Somalie (19 100) et d'Irak (12 000). L'Asie a accueilli plus d'un tiers de la population relevant du mandat du HCR, avec 6,9 millions de personnes soit 36%. Viennent ensuite l'Afrique avec 4,9 millions (25%), l'Europe avec 4,4 millions (23%), l'Amérique du Nord avec 853 300 (5%), l'Amérique latine avec 2 millions (11%) et l'Océanie avec 82 400 (0,4%). En 2004, quelque 676 400 personnes ont demandé l'asile dans le monde, dont les deux tiers à destination de l'Europe. La majorité des demandes émanaient de ressortissants de la Fédération de Russie, de Serbie-Monténégro et de Chine. Si l'on ajoute les requêtes des années précédentes, toujours en cours d'examen, le nombre total de demandeurs en attente d'une décision atteignait 839 200 à la fin de l'année. Les cinq principaux pays d'accueil des réfugiés sont l'Iran (estimation HCR : 1 046 000), le Pakistan (estimation HCR : 961 000), l'Allemagne (877 000), la Tanzanie (602 000) et les Etats-Unis (421 000). Dans ces trois derniers pays, le nombre de réfugiés a diminué de 8,7% à 7%. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||