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20 JUIN 2002, JOURNEE MONDIALE DU RÉFUGIÉ
__Ruud Lubbers: "Cette année, c'est aux femmes réfugiées, à leur courage et à leur ténacité, que nous tenons à rendre hommage en particulier"

Ruud LubbersLe Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) a mis les femmes réfugiées à l'honneur à l'occasion de la Journée mondiale du réfugié, le 20 juin 2002. "Cette année, c'est aux femmes réfugiées, à leur courage et à leur ténacité, que nous tenons à rendre hommage en particulier", souligne Ruud Lubbers, haut commissaire pour les réfugiés, dans un communiqué publié à Genève.

Le 20 juin marquait initialement la journée du réfugié africain, avant de devenir en 2001 la journée mondiale du réfugié.


Photo
Femmes réfugiées, Guinée.
Photo HCR, Genève.

"N'oublions pas que près de 80 % des personnes déracinées dans le monde sont des femmes et des enfants. Il faut que leur voix soit entendue et qu'elles puissent développer toutes les ressources qui sont en elles afin que leur rôle soit pleinement reconnu", note Rudd Lubbers qui insiste tout particulièrement sur l'amélioration de la protection physique et juridique des femmes réfugiées notamment contre les violences sexuelles, ainsi que sur le renforcement de leur participation dans les organes décisionnels des camps.

Fin février 2002, des témoignages recueillis dans les camps d'Afrique de l'Ouest sur des abus sexuels à l'encontre de réfugiées mineures, en échange d'aide humanitaire, avaient provoqué l'émoi des agences internationales, d'autant qu'étaient mis en cause certains de leurs employés locaux.

"Pour que les femmes soient pleinement entendues, nous voulons arriver à une participation féminine (dans ces instances) de 50%", indique l'ancien Premier ministre néerlandais. En collaboration avec le Programme alimentaire mondial (PAM), le HCR souhaite également que 80% de la nourriture distribuée dans les camps aille aux femmes et soit contrôlée par elles.

Femmes réfugiées : une plus grande marge d'action

Récemment en Guinée, des papiers d'identité individuels ont été délivrés à tous les réfugiés majeurs et pour la première fois aux femmes comme aux hommes. Cela confère aux femmes une plus grande marge d'action dans des domaines tels que la distribution de nourriture et la liberté de circulation, note le HCR, qui préconise une généralisation de cette pratique.

Malgré les a priori culturels, y compris chez les réfugiés ou le personnel de terrain, "nous avons bien avancé", estime Serge Malé, épidémiologiste au HCR, cité dans la revue de l'agence des Nations unies. "Il y a quinze ans, on voyait les femmes réfugiées à travers un seul prisme, celui de la mère. On ne les voyait pas comme des êtres humains complexes avec toutes sortes de problèmes. Depuis, nous avons évolué dans notre attitude vis-à-vis des femmes, des violences sexuelles et des mutilations génitales", souligne-t-il.

Sources: HCR,Genève; Le Monde, Paris, et presse internationale.Up