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La violation des droits de l'homme dans le monde
 

 LES VIOLATIONS 

Les rapports

__Droits de l'homme dans le monde, en 1999: Amnesty International dresse un effreyant état des lieux


LogoDans son rapport annuel 2000, rendu public le 13 juin 2000, l'organisation Amnesty International dresse un effrayant état des lieux concernant les atteintes aux droits de l'homme dans quelque 140 pays de la planète. Fort de 420 pages, le rapport énumère toutes les violations - actes de torture, procès inéquitables, déportations massives...- qui frappent hommes, femmes et enfants dans de nombreux pays, en particulier en Afrique et en Asie.

En ce qui concerne la peine de mort, l'organisation de défense des droits de l'homme note qu'en 1999 "au moins 1.813 personnes ont été exécutées dans 31 pays", selon les chiffres officiels, sans doute beaucoup plus en réalité. 85% des exécutions avérées ont eu lieu dans "une toute petite poignée de pays": Arabie Saoudite, Chine, Etats-Unis, Iran, République démocratique du Congo.En bref


| LE RAPPORT 2000 D'AMNESTY |

P. Sané
Pierre Sané, Secrétaire
général d'Amnesty
International

Amnesty International, qui évoque les évènements marquants de l'année 1999, se montre réservée sur les interventions armées menées au nom des droits de l'homme, au Kosovo ou au Timor-Oriental, et elle déplore que de graves violations, en Chine ou en Irak, passent relativement inaperçues. "Alors que le Kosovo et le Timor-Oriental faisaient la une des journaux un peu partout dans le monde, les terribles souffrances endurées par d'autres populations passaient pratiquement inaperçues", constate Pierre Sané, secrétaire général d'Amnesty, qui relève que ces interventions militaires cachaient des situations que la communauté internationale a laissé pourrir, en fermant les yeux pendant des années sur les violations des droits de l'homme qui y étaient perpétrées.

"Choisir entre l'épuration ethnique ou une pluie de bombes, voilà un dilemme auquel les militants des droits humains ne devraient jamais être confrontés", souligne Pierre Sané qui fait remarquer qu'au Kosovo, en Somalie et en Angola, les interventions militaires ont laissé derrière elles des situations précaires et des populations guère plus assurées de leurs droits.

Amnesty International regrette que la popularité grandissante du thème des droits humains va de pair avec son utilisation souvent cynique par les Etats, en fonction de leurs propres intérêts. L'organisation de défense des droits de l'homme accuse implicitement d'hypocrisie les Etats occidentaux, qui proclament la défense des droits de l'homme mais qui en même temps multiplient les ventes d'armes - celles à l'Afrique sub-saharienne ont quasiment doublé l'an dernier - et refoulent de plus en plus de demandeurs d'asile politique.

De la Chine à Augusto Pinochet

Amnesty déplore qu'en Chine, "une répression intense s'est abattue sur les dissidents avec une ampleur et une brutalité que l'on n'avait pas connues depuis une décennie". "Mais une fois encore, constate l'organisation, la Chine a échappé à toute critique en raison du poids politique et économique qu'elle représente".

La communauté internationale a longtemps observé, selon Amnesty, le même silence embarrassé sur l'intervention russe en Tchétchénie. Le "bilan épouvantable" de l'Arabie Saoudite est encore moins évoqué par les pays occidentaux. Dans ce pays, au moins 103 personnes ont été exécutées en 1999 tandis que d'autres ont été arrêtés et sont emprisonnés pour des motifs politiques ou religieux. La situation n'est pas meilleure en Irak où, "après des années de sanctions draconiennes, le taux de la mortalité infantile était en 1999 le plus élevé du monde".

Plus positif, pour Amnesty, l'impunité dont bénéficient les responsables d'atteintes massives aux droits de l'homme a quelque peu reculé en 1999, que ce soit à l'occasion des procédures engagées en vue de l'extradition d'Augusto Pinochet à Londres, ou du travail courageux d'une commission d'enquête sur les 200.000 victimes de la guerre civile au Guatemala.

Enfin, Pierre Sané appelle la communauté internationale à réagir plus tôt aux violations massives des droits humains et, pour commencer, à réunir suffisamment de ratifications d'Etat au Statut de Rome pour mettre en place, dans les meilleurs délais, la Cour pénale Upinternationale.