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La violation des droits de l'homme dans le monde



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 LES VIOLATIONS 

Les rapports

 
LE RAPPORT 2002 D’AMNESTY INTERNATIONAL
__Bonnes et moins bonnes nouvelles du monde


Irene KhanPour la première fois, Amnesty International a joint, en annexe de son rapport 2002, un chapitre "Bonnes nouvelles", comme le fait aussi l'autre grande organisation de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch (basée à New York). Amnesty se félicite de "la libération de nombreux prisonniers politiques, de la commutation de peines de mort en prison à vie et des améliorations pour d'autres victimes d'abus des droits de l'homme" dans de nombreuses parties du monde.

:: Libérations  Plusieurs prisonniers d'opinion ou opposants ont été libérés :

Aung San Suu Kyi, le 6 mai, en Birmanie, après 19 mois d'assignation à résidence. Elle est entrée en dissidence en 1990, lorsque la junte birmane a refusé de lui laisser le pouvoir après la victoire de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), aux élections générales.
280 prisonniers politiques ont été libérés depuis qu'Aung San Suu Kyi et les généraux au pouvoir ont engagé en octobre 2000 un dialogue de réconciliation nationale;

Tanak Jigmé Sangpo, 76 ans, au Tibet - il était le plus ancien prisonnier d'opinion détenu à Lhassa et a été libéré en avril après près de quarante ans passés en prison;

Alpha Condé, le dirigeant guinéen, bénéficiaire d'une grâce présidentielle en mai 2001;

- Juma Duni Haji et Machano Khamis Ali, à Zanzibar, emprisonnés sous l'accusation d'avoir tué un policier lors d'une manifestation à laquelle ils n'avaient pas participé;Up

José Francisco Gallardo, un général mexicain qui avait dénoncé les exactions de l'armée de son pays en 1993,

Lucien Messan, rédacteur en chef du "Combat du peuple" et l'ex-ministre togolais des droits de l'homme, Harry Octavianus Olympio, au Togo, à la suite d'une grâce du président Gnassingbé Eyadéma, en novembre 2001;

N'sii Luanda Shandwe, président du Comité d'observateurs des droits de l'homme, et un autre militant, Golden Misabiko, au Congo démocratique, après 3 et 7 mois d'emprisonnement;

Ghassan Muhammad Attamieh, un arabe israélien détenu en Israël sans inculpation, "apparemment pour ses activités politiques", remis en liberté en juin 2001;

trois Saharaouis soupçonnés d'être liés au Front Polisario relâchés par les autorités marocaines après un pardon accordé le 7 novembre 2001 par le roi;

Dodojon Atovulloyev, un journaliste tadjik en exil, remis en liberté par les autorités russes en dépit d'une demande d'extradition du Tadjikistan, etc.

:: Peine de mort  Amnesty se félicite du recul de la peine de mort aux Etats-Unis - 98 exécutions en 1999, 85 en 2000, 66 en 2001. La condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal a été annulée.

Au Pakistan, Pervez Moucharraf a commué en prison à vie, en décembre 2001, plusieurs centaines de condamnations à mort qui avaient été prononcées contre des mineurs délinquants.

En République démocratique du Congo, cinq enfants-soldats ont échappé à la mort avec une commutation de leur peine en prison à vie.

:: Autres "bonnes nouvelles". Dans les cinq premiers mois, 19.500 personnes de 188 pays ont répondu à l'appel d'Amnesty sur le site www.stoptorture.org pour défendre huit cas en Turquie, au Mexique et en Equateur. Trois de ces huit personnes ont été remises en liberté. Un militant des droits de l'homme déjà torturé au Togo, Houndjo Mawudzro, a été libéré le 28 novembre peu après son arrestation après une campagne d'Amnesty.

Enfin, la Nouvelle-Zélande est devenu le 10ème Etat à ratifier le protocole à la Convention relative aux droits de l'enfant relatif à l'implication des enfants dans les conflits armés.

LES OBSERVATIONS D'AMNESTY RELATIVES À CERTAINS PAYS

:: ISRAEL et territoires occupés  En Israël et dans les territoires occupés, note Amnesty, "des meurtres, commis à la fois par les forces israéliennes et des groupes armés palestiniens, la torture de détenus et les jugements injustes ont continué, ainsi que les destructions deUp maisons".
L'organisation accuse Israël d'utilisation "excessive d'armes" et dénonce l'Autorité palestinienne pour usage de la torture.

Israël : selon Amnesty, l'armée israélienne, qui a adopté "une attitude de plus en plus offensive", a "utilisé des armes lourdes, notamment des chars, des avions de combat F-16 et des bateaux de guerre pour bombarder au hasard des zones palestiniennes à partir desquelles des Palestiniens avaient ouvert le feu". L'organisation affirme que "79 enfants et 32 personnes ont été la cible d'assassinats" par les forces de sécurité israéliennes, et accuse ces forces "d'avoir tué plus de 460 Palestiniens […]. Il s'agissait, dans la grande majorité des cas, d'homicides illégaux".

Palestine : Amnesty relève que "des groupes armés et des personnes agissant à titre individuel ont tué 65 civils israéliens dans les territoires occupés et 89 en Israël même". L'organisation déplore bque "plus de 20 palestiniens soupçonnés de collaboration avec Israël ont été tués ou retrouvés morts dans des circonstances laissant à penser qu'ils avaient été victimes d'exécutions extrajudiciaires."

"Plusieurs centaines de personnes soupçonnées de collaborer avec Israël ont été arrêtées - par les autorités palestiniennes. La plupart ont été maintenues en détention prolongée au secret et auraient été torturées", relève encore Amnesty, qui fait état de "la condamnation à mort de douze Palestiniens par la cour de sûreté de l'Etat (palestinien) ou par des tribunaux militaires à l'issue de procès sommaires et inéquitables".

:: JAPON  "Tous les étrangers ne sont pas les bienvenus au Japon", estime Amnnesty. "Les ressortissants étrangers incarcérés dans les centres de détention situés au niveau des points d'entrée dans le pays sont couramment victimes de violations des droits humains, notamment de mauvais traitements et de détentions au secret".

L'organisation affirme disposer d'informations selon lesquelles des agents de sécurité privés, responsables de ces lieux de détention appelés "centres de prévention de l'immigration clandestine", infligent parfois des mauvais traitements aux candidats au droit d'asile ou à l'immigration dans l'archipel.

:: VIET-NAM  "Des mesures énergiques ont été prises contre les minorités ethniques et les dissidents religieux ou politiques", indique Amnesty. Comme les années précédentes, le gouvernement s'est opposé à la venue d'observateurs indépendants, et a dénoncé toute critique venant de l'extérieur comme inadmissible".

:: ZIMBABWE  Arrestations arbitraires, tortures, assassinats politiques, presse muselée: Amnesty dénonce le régime du président zimbabwéen Robert Mugabe (réélu en mars 2002 dans des circonstances controversées), qui "n'a cessé de multiplier les atteintes à la liberté de la presse".

Amnesty accuse notamment le gouvernement de Robert Mugabe, d'avoir sévèrement réprimé l'opposition avec l'appui de milices et d'une police entièrement à sa solde - "dans le cadre d'une entreprise de répression délibérée soutenue par l'Etat et dirigée contre les opposants au gouvernement ou à sa politique", et qui s'est exercée avant et après le scrutin présidentiel de mars 2002. Plus de 17.000 opposants auraient été déplacés à l'intérieur du pays en mars après avoir fait l'objet d'attaques ou de menaces de mort, affirme l'organisation, qui cite des informations "nombreuses et concordantes" d'arrestations arbitraires d'opposants du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), ainsi que des "passages à tabac, actes de tortures et assassinats politiques".

Amnesty dénonce également de nombreuses agressions contre plus de 40 journalistes zimbabwéens, et contre certains journalistes étrangers qualifiés de "sympathisants des terroristes". Enfin, le système judiciaire a subi des "tentatives d'ingérence" du gouvernement, qui en plusieurs occasions "a refusé de se plier aux décisions de la Cour suprême". Quatre juges "éminents" ont démissionné en 2001, "après avoir, semble-t-il, subi les manoeuvres de harcèlement et les pressions du gouvernement".

Source : Amnesty International, Paris, mai 2002.Up