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NATIONS UNIES, NEW YORK, 2002 / ASSEMBLEE GENERALE
__Résolution sur le droit à lalimentation
| Résolution adoptée, le 19 décembre
2001, par l'Assemblée générale des Nations
unies - sur le rapport de la Troisième Commission. |
L'Assemblée générale,
Rappelant toutes les résolutions de la Commission
des droits de l'homme sur la question, en particulier la résolution
2000/10 du 17 avril 2000 [Voir Documents officiels du Conseil
économique et social, 2000, Supplément no 3 et rectificatif
(E/2000/23 et Corr.1), chap. II, sect. A.], et prenant note de
la résolution 2001/25 de la Commission, en date du 20 avril
2001 [Ibid., 2001, Supplément no 3 (E/2001/23), chap. II,
sect. A.],
Rappelant également la Déclaration
universelle des droits de l'homme [Résolution 217 A
(III).], qui reconnaît que toute personne a droit à
un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé et son
bien-être, notamment pour l'alimentation,
Rappelant en outre les dispositions du Pacte international
relatif aux droits économiques, sociaux et culturels
[Voir résolution 2200 A (XXI), annexe.] qui énoncent
le droit fondamental qu'a toute personne d'être à
l'abri de la faim,
Rappelant la Déclaration universelle pour
l'élimination définitive de la faim et de la malnutrition
[Rapport de la Conférence mondiale de l'alimentation, Rome,
5-16 novembre 1974 (publication des Nations Unies, numéro
de vente : F.75.II.A.3), chap. I.],
Ayant à l'esprit la Déclaration de
Rome sur la sécurité alimentaire mondiale et
le Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation Organisation
des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, [Rapport
du Sommet mondial de l'alimentation, 13-17 novembre 1996 (WFS
96/REP), première partie, appendice.],
Réaffirmant que tous les droits de l'homme sont
universels, indissociables, interdépendants et intimement
liés,
Consciente que la faim et l'insécurité
alimentaire sont des problèmes aux dimensions planétaires
qui risquent fort de persister, voire de s'aggraver de façon
dramatique dans certaines régions, si des mesures énergiques
et concertées ne sont pas prises d'urgence, compte tenu
de l'accroissement prévu de la population mondiale et de
la pression qui s'exerce sur les ressources naturelles,
Réaffirmant qu'un environnement politique, social
et économique pacifique, stable et propice, tant au niveau
national qu'international, est la condition essentielle pour que
les Etats puissent accorder la priorité qui convient à
la sécurité alimentaire et à l'élimination
définitive de la pauvreté,
Réaffirmant, comme l'a fait la Déclaration
de Rome, que la nourriture ne doit pas être utilisée
comme instrument de pression politique et économique, et
soulignant de nouveau, à ce propos, l'importance de la
coopération et de la solidarité internationales,
ainsi que la nécessité de s'abstenir de mesures
unilatérales qui ne sont conformes ni au droit international
ni à la Charte des Nations Unies et qui mettent en danger
la sécurité alimentaire,
Convaincue qu'en vue d'appliquer les recommandations
de la Déclaration de Rome et du Plan d'action du Sommet
mondial de l'alimentation, chaque Etat doit adopter une stratégie
correspondant à ses ressources et à ses capacités
pour atteindre ses propres objectifs et, parallèlement,
coopérer sur les plans régional et international
afin que soient mises en place des solutions collectives aux problèmes
planétaires de la sécurité alimentaire dans
un monde où les institutions, les sociétés
et les économies sont de plus en plus interdépendantes
et où il est essentiel de coordonner les efforts et de
partager les responsabilités,
Soulignant qu'il importe d'inverser le processus de
diminution constante de l'aide publique au développement
destinée à l'agriculture, tant en termes réels
qu'en pourcentage du total de l'aide publique au développement,
1. Réaffirme que la faim est une honte
et porte atteinte à la dignité humaine, et exige
en conséquence que soient adoptées d'urgence, sur
les plans national, régional et international, des mesures
visant à l'éliminer;
2. Réaffirme le droit qu'a chaque être
humain d'avoir accès à des aliments sains et
nutritifs, conformément au droit à une nourriture
suffisante et au droit fondamental qu'a toute personne d'être
à l'abri de la faim, de manière à pouvoir
développer pleinement ses capacités physiques et
mentales et à les conserver;
3. Estime qu'il est intolérable que 826
millions de personnes dans le monde, pour la plupart des femmes
et des enfants, en particulier dans les pays en développement,
n'aient pas suffisamment à manger pour satisfaire leurs
besoins nutritionnels essentiels, ce qui porte atteinte à
leurs droits fondamentaux et peut, parallèlement, faire
peser des pressions supplémentaires sur l'environnement
dans les zones écologiquement fragiles;
4. Encourage tous les Etats à prendre
des mesures en vue d'assurer progressivement la pleine réalisation
du droit à l'alimentation, notamment des mesures visant
à faire en sorte que chacun soit à l'abri de la
faim et puisse, le plus rapidement possible, jouir pleinement
du droit à l'alimentation, ainsi qu'à élaborer
et à adopter des plans nationaux de lutte contre la faim;
5. Souligne la nécessité de s'employer
à mobiliser des moyens financiers et techniques auprès
de toutes les sources, y compris par l'allégement de la
dette extérieure des pays en développement, et de
les allouer et utiliser au mieux, afin de renforcer les mesures
prises à l'échelon national pour mettre en uvre
des politiques de sécurité alimentaire durables;
6. Prie instamment les Etats d'accorder la priorité
voulue dans leurs stratégies et dépenses de développement
à la réalisation du droit à l'alimentation;
7. Prend acte du rapport du Fonds des Nations unies
pour l'enfance intitulé La situation des enfants dans
le monde, 2001 [Publication des Nations Unies, numéro de
vente : F.01.XX.1.], concernant la petite enfance et, dans ce
contexte, rappelle que l'alimentation des jeunes enfants mérite
qu'on lui accorde la plus haute priorité;
8. Prend note avec satisfaction du rapport
préliminaire du Rapporteur spécial de
la Commission des droits de l'homme chargé d'étudier
la question du droit à l'alimentation Voir A/56/210., présenté
conformément à la résolution 2001/25 de la
Commission, et félicite le Rapporteur spécial pour
sa précieuse contribution à la promotion du droit
à l'alimentation;
9. Appuie la réalisation du mandat du Rapporteur
spécial, tel que défini par la Commission des
droits de l'homme dans ses résolutions 2000/10 et 2001/25;
10. Insiste auprès du Rapporteur spécial
pour qu'il contribue efficacement, comme la Commission des droits
de l'homme le lui a demandé, à l'examen à
moyen terme de la mise en uvre de la Déclaration de Rome
sur la sécurité alimentaire mondiale et du Plan
d'action du Sommet mondial de l'alimentation6 en présentant
au Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme ses
recommandations sur tous les aspects du droit à l'alimentation;
11. Encourage le Rapporteur spécial à
intégrer la notion d'égalité entre les sexes
dans les activités relevant de son mandat;
12. Prie le Secrétaire général
et le Haut Commissaire de mettre à la disposition du
Rapporteur spécial toutes les ressources humaines et financières
nécessaires pour lui permettre de s'acquitter efficacement
de son mandat;
13. Se félicite des travaux déjà
accomplis par le Comité des droits économiques,
sociaux et culturels en vue de promouvoir le droit à
une alimentation suffisante, en particulier de son observation
générale no 12 (1999) sur le droit à une
nourriture suffisante (article 11 du Pacte international relatif
aux droits économiques, sociaux et culturels), dans laquelle
le Comité a affirmé notamment que le droit à
une nourriture suffisante est indissociable de la dignité
intrinsèque de la personne humaine et est indispensable
à la réalisation des autres droits fondamentaux
énoncés dans la Charte internationale des droits
de l'homme, et qu'il est également indissociable de la
justice sociale et exige l'adoption, au niveau national comme
au niveau international, de politiques économiques, environnementales
et sociales appropriées visant à l'élimination
de la pauvreté et à la réalisation de tous
les droits de l'homme pour tous [Documents officiels du Conseil
économique et social, 2000, Supplément no 2 et rectificatif
(E/2000/22 et Corr.1), annexe V, par. 4.];
14. Se félicite également de l'organisation,
par le Haut Commissaire, de la troisième Consultation
d'experts sur le droit à l'alimentation, axée sur
les mécanismes de mise en uvre au niveau des pays, tenue
à Bonn du 12 au 14 mars 2001 sous les auspices du Gouvernement
allemand, et prend acte avec intérêt du rapport de
cette réunion [E/CN.4/2001/148.];
15. Appuie la recommandation adressée au Haut
Commissaire d'organiser une quatrième consultation
d'experts sur le droit à l'alimentation, axée sur
la réalisation de ce droit en tant que partie intégrante
des stratégies et des politiques d'élimination de
la pauvreté, en invitant des experts de toutes les régions;
16. Prie le Rapporteur spécial de présenter
un rapport d'ensemble à la Commission des droits de l'homme
à sa cinquante-huitième session et un rapport d'activité
à l'Assemblée générale, à sa
cinquante-septième session, sur l'application de la présente
résolution;
17. Invite les gouvernements, les institutions
spécialisées, fonds et programmes des Nations Unies
compétents, les organes de suivi des traités ainsi
que les organisations non gouvernementales à coopérer
pleinement avec le Rapporteur spécial dans l'exercice de
son mandat, notamment en lui faisant part de leurs commentaires
et suggestions sur les moyens d'assurer la réalisation
du droit à l'alimentation;
18. Décide de poursuivre l'examen de la question
à sa cinquante-septième session au titre de la question
intitulée Questions relatives aux droits de l'homme.
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