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NATIONS UNIES, GENEVE, 2000 / COMMISSION DES DROITS DE LHOMME
__Résolution sur le droit à l'alimentation
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Résolution [2000/10] adoptée [par 49 voix contre une] le 17 avril 2000, à Genève, par la Commission des droits de l'homme.
[ La Commission "décide, afin de répondre pleinement à la nécessité d'une approche intégrée et coordonnée de la promotion et de la protection du droit à l'alimentation, de nommer, pour une période de trois ans, un rapporteur spécial dont le mandat portera sur le droit à l'alimentation" point 10 de la résolution].
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La Commission des droits de l'homme,
Rappelant la Déclaration universelle des droits
de l'homme, qui reconnaît que toute personne a droit
à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé
et son bien-être, notamment pour l'alimentation,
Rappelant également les dispositions du Pacte
international relatif aux droits économiques, sociaux et
culturels, qui énoncent le droit fondamental qu'a toute
personne d'être à l'abri de la faim,
Rappelant en outre la Déclaration universelle
pour l'élimination définitive de la faim et de la
malnutrition,
Ayant à l'esprit la Déclaration de
Rome sur la sécurité alimentaire mondiale et
le Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation qui s'est
tenu à Rome du 13 au 17 novembre 1996,
Rappelant toutes ses résolutions antérieures
sur la question, en particulier la résolution 1999/24 du
26 avril 1999, 
Consciente que la faim et l'insécurité
alimentaire sont des problèmes aux dimensions planétaires
qui risquent fort de persister, voire de s'aggraver de façon
dramatique dans certaines régions, si des mesures énergiques
et concertées ne sont pas prises d'urgence, compte tenu
de l'accroissement prévu de la population mondiale et de
la pression qui s'exerce sur les ressources naturelles,
Réaffirmant qu'un environnement politique, social
et économique pacifique, stable et propice aux niveaux
tant national qu'international est la condition essentielle pour
que les Etats puissent accorder la priorité qui convient
à la sécurité alimentaire et à l'éradication
de la pauvreté,
Réaffirmant, comme l'a fait la Déclaration
de Rome, que la nourriture ne doit pas être utilisée
comme instrument de pression politique et économique, et
soulignant de nouveau, à ce propos, l'importance de la
coopération et de la solidarité internationales,
ainsi que la nécessité de s'abstenir de mesures
unilatérales qui ne sont conformes ni au droit international
ni à la Charte des Nations Unies et qui mettent en danger
la sécurité alimentaire,
Convaincue que, en vue d'appliquer les recommandations
de la Déclaration de Rome et du Plan d'action du Sommet
mondial, chaque État doit adopter une stratégie
correspondant à ses ressources et à ses capacités
pour atteindre ses propres objectifs et, parallèlement,
coopérer sur le plan régional et sur le plan international
afin que soient mises en place des solutions collectives aux problèmes
planétaires de la sécurité alimentaire dans
un monde où les institutions, les sociétés
et les économies sont de plus en plus interdépendantes
et où il est essentiel de coordonner les efforts et de
partager les responsabilités,
Soulignant qu'il importe d'inverser le processus de
diminution constante de l'aide publique au développement
destinée à l'agriculture, tant en termes réels
qu'en pourcentage du total de l'aide publique au développement,
1. Réaffirme que la faim est une honte et
porte atteinte à la dignité humaine et, en conséquence,
exige que soient adoptées d'urgence, sur tous les plans
- national, régional et international -, des mesures visant
à l'éliminer;
2. Réaffirme également le droit
qu'a chaque être humain d'avoir accès à des
aliments sains et nutritifs, conformément au droit à
une nourriture suffisante et au droit fondamental qu'a toute personne
d'être à l'abri de la faim, de manière à
pouvoir développer pleinement ses capacités physiques
et mentales et à les conserver; 
3. Estime qu'il est intolérable que 825
millions de personnes dans le monde, pour la plupart des femmes
et des enfants, en particulier dans les pays en développement,
n'aient pas suffisamment à manger pour satisfaire leurs
besoins nutritionnels essentiels, ce qui porte atteinte à
leurs droits de l'homme fondamentaux et peut, parallèlement,
faire peser des pressions supplémentaires sur l'environnement
dans les zones écologiquement fragiles;
4. Souligne la nécessité de s'employer
à mobiliser des moyens financiers et techniques auprès
de toutes les sources, y compris par l'allégement de la
dette des pays en développement, et de les allouer et utiliser
au mieux, afin de renforcer les mesures prises à l'échelon
national pour mettre en uvre des politiques de sécurité
alimentaire durables;
5. Encourage tous les Etats à prendre
les mesures en vue d'assurer progressivement la pleine réalisation
du droit à l'alimentation, notamment des mesures visant
à faire en sorte que chacun soit à l'abri de la
faim et puisse, le plus rapidement possible, jouir pleinement
du droit à l'alimentation;
6. Prend note avec intérêt de la
mise à jour de l'étude sur le droit à une
alimentation suffisante et le droit d'être à l'abri
de la faim, présentée par M. Asbjørn Eide
à la Sous-Commission de la promotion et de la protection
des droits de l'homme conformément à la décision
1998/106 de la Sous-Commission (E/CN.4/Sub.2/1999/12);
7. Prend également note avec intérêt
du rapport sur le droit à l'alimentation, présenté
par la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme
conformément à sa résolution 1999/24 (E/CN.4/2000/48
et Add.1);
8. Se félicite du travail déjà
accompli par le Comité des droits économiques, sociaux
et culturels pour promouvoir le droit à une nourriture
suffisante, et en particulier de son observation générale
n° 12 (1999) sur le droit à une nourriture suffisante
(art. 11 du Pacte international relatif aux droits économiques,
sociaux et culturels), dans laquelle le Comité affirme
notamment que le droit à une nourriture suffisante est
indissociable de la dignité intrinsèque de la personne
humaine et est indispensable à la réalisation des
autres droits fondamentaux consacrés dans la Charte internationale
des droits de l'homme, et qu'il est également indissociable
de la justice sociale, et exige l'adoption, au niveau national
comme au niveau international, de politiques économiques,
environnementales et sociales appropriées visant à
l'élimination de la pauvreté et à la réalisation
de tous les droits de l'homme pour tous; 
9. Recommande à la Haut-Commissaire d'organiser
une troisième consultation d'experts sur le droit à
l'alimentation, faisant suite à celles de 1997 et 1998,
axée cette fois sur les mécanismes de mise en uvre
au niveau des pays, en invitant des experts de toutes les régions
à échanger des données d'expérience;
10. Décide, afin de répondre pleinement
à la nécessité d'une approche intégrée
et coordonnée de la promotion et de la protection du droit
à l'alimentation, de nommer, pour une période
de trois ans, un rapporteur spécial dont
le mandat portera sur le droit à l'alimentation;
11. Prie le Rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation de s'acquitter plus particulièrement, dans l'accomplissement de son mandat, des principales tâches suivantes :
a) solliciter et recueillir des informations
sur tous les aspects de la mise en uvre du droit à l'alimentation
y compris sur la nécessité urgente d'éliminer
la faim , et y répondre;
b) instaurer une coopération avec les gouvernements,
les organisations intergouvernementales, en particulier l'Organisation
des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, ainsi
qu'avec les organisations non gouvernementales, en vue de la promotion
et de l'application effective du droit à l'alimentation,
et formuler des recommandations concernant sa réalisation
concrète, en tenant compte du travail déjà
accompli à cet égard dans l'ensemble du système
des Nations Unies;
c) recenser les problèmes concernant le droit
à l'alimentation qui se font jour de par le monde;
12. Prie la Haut-Commissaire de mettre à
la disposition du Rapporteur spécial toutes les ressources
humaines et financières nécessaires pour lui permettre
de remplir efficacement son mandat;
13. Prie le Rapporteur spécial de lui
présenter un rapport sur l'application de la présente
résolution à sa cinquante-septième session;
14. Prie les gouvernements, les institutions
spécialisées, fonds et programmes des Nations Unies
compétents, les organes de suivi des traités ainsi
que les organisations non gouvernementales de prêter leur
entier concours au Rapporteur spécial dans l'accomplissement
de son mandat, notamment en lui faisant part de leurs commentaires
et suggestions quant aux façons d'assurer la jouissance
effective du droit à l'alimentation.
Commission des droits de l'homme, Genève, 17
avril 2000.
[Adoptée par 49 voix contre une, avec 2 abstentions, à
l'issue d'un vote par appel nominal.
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