Photo Le droit à l'alimentation

Le droit à l'alimentation





DOCUMENTS
Rapport Jean Ziegler
[Anglais, pdf 250ko]
Observations de la Mission d'Israël à Genève
[Anglais, pdf 144ko]
Rapport Ziegler
[Français, traduction non-officielle du pré-rapport, Réseau Voltaire, Paris, pdf 124ko]


JUILLET 2003, NATIONS UNIES / UNE MISSION DU RAPPORTEUR SUR LE DROIT A L’ALIMENTATION EN ISRAEL, A GAZA ET EN CISJORDANIE
__Jean Ziegler évoque une "situation humanitaire et alimentaire" catastrophique dans les territoires occupés

Les "remarques" de Jean Ziegler
Septembre 2003 : la "diffusion" du rapport
Israël : Jean Ziegler a "violé les règles d’impartialité"

Carte"La situation humanitaire et alimentaire dans les territoires occupés est catastrophique", a déclaré, le 18 juillet 2003, à Genève, le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l'alimentation, Jean Ziegler, qui affirme que ce droit est "violé de manière grave et permanente par les forces d'occupation" [israéliennes] en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Le rapporteur de la Commission des droits de l'homme des Nations unies, qui présentait à la presse un premier bilan de sa mission effectuée, du 3 au 13 juillet 2003, dans les territoires palestiniens (Cisjordanie et Gaza), a dénoncé la "situation humanitaire catastrophique" des 3,5 millions de Palestiniens du fait de "l'effondrement de l'économie" provoqué par le bouclage des territoires palestiniens. Ce faisant, Israël contrevient à la 4e Convention de Genève sur les obligations de puissance occupante à l'égard des civils, a-t-il estimé.

Jean Ziegler remettra son rapport début septembre 2003 à Kofi Annan, puis le présentera à l'Assemblée générale des Nations unies. Au cours de sa mission, le rapporteur spécial a rencontré les autorités israéliennes, qui se sont montrées "totalement coopératives", ainsi que des membres de l'Autorité palestinienne, dont Yasser Arafat.

Tribune de GenèveQuel bilan tirez-vous de votre mission? En deux ans et demi d'Intifada plus de 2'400 Palestiniens et plus de 750 Israéliens sont morts; des milliers d'autres ont été blessés, dont nombre de femmes et d'enfants. Ma première réaction est de profonde compassion pour toutes les familles des victimes.

Ma mission a duré du 3 au 13 juillet [2003]. Elle avait pour but d'examiner la situation alimentaire et celle de l'eau dans les Territoires palestiniens occupés de Cisjordanie et de Gaza. Le bilan est très préoccupant: l'occupation israélienne, le blocus systématique de toutes les villes et des villages, la disparition continue des terres agricoles pour raisons militaires ont pratiquement anéanti l'économie palestinienne. Selon la Banque mondiale, plus de 60% de la population vit dans la pauvreté extrême ; 56% des ménages ne mangent qu'une seule fois par jour ; 35% des enfants en dessous de 10 ans souffrent d'anémie; un enfant sur cinq en dessous de cinq ans subit des dommages cérébraux par suite de malnutrition. D'une façon ou d'une autre, près de 80% de la population dépend de l'assistance publique internationale.

Vous avez rencontré des responsables palestiniens et israéliens. Discernez-vous une sensible inflexion des discours des uns et des autres? J'ai pu discuter dans une totale liberté avec le président Yasser Arafat et ses ministres, à Ramallah, dans la Moukata en ruines, et avec les généraux israéliens responsables des Territoires occupés au Ministère de la défense de Tel-Aviv. Des années-lumière séparent les deux discours! Pour les généraux israéliens (et pour les ministres), la préoccupation première et presque exclusive porte sur la sécurité. Ils croient que les actions palestiniennes menacent l'existence même d'Israël. Du côté palestinien prime une autre conviction: celle qui voit dans l'occupation une tentative d'acculer les Palestiniens à la capitulation. La Tribune de Genève, Genève, 19 juillet 2003.

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