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FEVRIER 2003 / LA FAIM DANS LE MONDE
__Létat des lieux dressé par le Programme alimentaire mondial
En dépit de progrès accomplis dans la lutte
contre la faim au cours des dernières décennies,
quelque 800 millions de personnes [soit plus que la population
combinée des Etats-Unis, du Canada, de la Russie, de la
France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni et du Japon] continue de
souffrir de la faim chronique.
Le pis est que les avancées de la lutte contre la faim se sont ralenties pour ne plus donner que des gains infimes, et que dans la plupart des régions du monde le nombre des personnes sous-alimentées augmente en valeur absolue.
Chaque jour, 24'000 personnes meurent de faim, de
malnutrition et des maladies connexes.
Au cours des 50 dernières années, environ 400
millions de personnes dans le monde entier sont mortes de faim
et de manque d'hygiène. Ce chiffre est de trois fois celui
des victimes de toutes les guerres qui ont été livrées
au cours du XXe siècle tout entier.
De nouvelles tendances
Ces dernières années, les conflits et les
catastrophes naturelles récurrentes ont ajouté
des millions de personnes au nombre de ceux qui ont besoin de
l'aide de la communauté internationale. La dernière
décennie a vu tripler le nombre des victimes des grandes
catastrophes naturelles par rapport aux années 60, 136
millions de personnes ayant été touchées
en moyenne chaque année.
Le changement climatique, en particulier, a pour conséquence
un accroissement marqué des épisodes de sécheresse
et d'inondation, qui frappent le plus durement les personnes les
plus vulnérables dans les pays les plus pauvres de la planète.
Ce phénomène exigera les ressources importantes
et additionnelles des pays donateurs.
Le VIH/SIDA a infecté, dans le monde entier,
42 millions de personnes - la majorité des victimes se
trouvant dans les pays en développement. Sans compter les
souffrances, ce sont les structures socio-économiques mêmes
qui sont menacées. La génération productive
se meurt, laissant des orphelins et de vieillards incapables de
cultiver de quoi se nourrir; le SIDA et la famine sont directement
liés.
Le salaire de la faim et de la malnutrition
La faim et la malnutrition affectent la croissance
économique, la santé, la productivité et
la qualité de vie des populations. Le monde produit pourtant
assez d'aliments pour nourrir chacun.
La malnutrition est l'une des causes principales de
l'insuffisance pondérale à la naissance dans les
pays en développement, où, tous les ans, environ
30 millions d'enfants naissent avec un poids insuffisant. Les
bébés qui survivent restent chétifs et maladifs
toute leur enfance et leur adolescence.
Si la malnutrition infantile était éliminée
en Inde, par exemple, le produit intérieur brut du pays
pourrait augmenter de quelque 28 milliards de dollars, d'après
la Banque mondiale. C'est là plus que ne dépense
au total actuellement l'Inde pour la nutrition, la santé
et l'éducation.
Quelque 150 millions d'enfants d'âge préscolaire
dans le monde entier sont de poids insuffisant, et 200 millions
souffrent de chétivité, mais les experts conviennent
que c'est seulement là la partie émergée
de l'iceberg. Tous les ans, 11 millions d'enfants de moins de
5 ans meurent de faim, de malnutrition et de maladies opportunistes
- l'équivalent d'un enfant toutes les cinq secondes.
La faim cachée, à savoir les carences
en micronutriments - le manque d'éléments essentiels
dans la nourriture - est encore très répandue.
Environ 254 millions d'enfants d'âge préscolaire souffrent de carence en vitamine A dans 118 pays, l'une des principales causes, pourtant évitable, de la cécité. En moyenne, l'amélioration de l'apport de vitamine A permet de réduire les taux de mortalité des enfants de 23 pour cent, grâce à la capacité de cette vitamine de renforcer le système immunitaire.
La carence en fer, la principale cause de l'anémie,
reste une pandémie et affecte 2 milliards de personnes.
Le phénomène est partiellement responsable des taux
élevés de morbidité et de décès.
Pourquoi l'opinion doit s'alerter dans les pays donateurs
Le motif le plus impérieux d'octroyer une aide
est de nature humanitaire. C'est une valeur humaine de base commune
à tous les peuples et à toutes les sociétés
que d'aider ceux qui sont moins bien lotis qu'eux. Sauver la vie
aux victimes des crises humanitaires d'urgence est la manière
la plus évidente de s'acquitter de ce devoir.
La pression continue de l'immigration illégale
dans beaucoup de pays développés est due, entre
autres raisons, à la pauvreté et à la faim
dans les pays en développement. Dans leur majorité
les immigrants clandestins préféreraient demeurer
dans leur pays avec leur famille.
Le coût de la lutte contre cette marée
d'immigration est énorme. En fin de compte, il serait plus
efficace, et plus humain, d'investir dans la prévention
de la faim et de la pauvreté dans les pays en développement.
Créer du pouvoir d'achat: ces pays achètent
des quantités croissantes de produits manufacturés
aux pays donateurs, aussi entretenir des relations positives ne
peut qu'aider à créer ou à assurer des marchés.
Créer des flux commerciaux à long terme:
les pays pauvres peuvent acheter peu. Les économies en
forte croissance parmi les pays en développement offrent
des perspectives de croissance du commerce mondial et l'ouverture
de la gamme des partenaires commerciaux.
Ce que l'on peut faire
Une grande partie de la faim est aujourd'hui la création
de la politique. Elle exige donc des solutions politiques. Rien
- autre que le manque de volonté politique - n'empêche
le monde de mettre fin à la faim dès demain.
Pour diviser par deux le nombre des personnes affamées d'ici à 2015 il faut investir dans l'agriculture, réformer le commerce et faire progresser la recherche. Mais la communauté internationale a le devoir pour nourrir aujourd'hui les personnes qui ont faim maintenant.
Pour les 300 millions d'enfants [plus que la population
entière des Etats-Unis] dont la vie est mutilée
par la faim, l'aide alimentaire est ce dont ils ont besoin maintenant.
Pour la modeste somme de 19 cents des Etats-Unis par
jour, un repas peut être distribué dans les écoles,
ce qui fait reculer la faim et favorise l'éducation.
L'alimentation scolaire peut de manière
significative contribuer à l'effort global visant à
diviser par deux le nombre des victimes de la faim.
Le Programme alimentaire mondial et la faim
Le PAM est la plus grande organisation humanitaire
au monde et l'agence de premier ligne des Nations unies dans le
combat contre la faim dans le monde. Le PAM aide environ 80 millions
de personnes par an dans 82 pays, y compris la majeure partie
des réfugiés et des personnes déplacées
dans leur pays.
Le PAM apporte une aide d'urgence pour sauver la vie
des personnes frappées par les conflits ou les catastrophes
naturelles, et aide les plus pauvres d'entre les pauvres à
se reconstruire une vie meilleure.
Le PAM transporte des vivres par tous les moyens imaginables
- par navires et chalands, et même en canots, par largage
aérien, ou à dos de mulets. Chaque jour, le PAM
emploie 20 aéronefs et 40 navires de haute mer pour livrer
de la nourriture à ceux qui en ont besoin.
Au cours des 40 dernières années, le PAM
a nourri plus de 1 milliard des personnes les plus pauvres au
monde, a livré plus de 60 millions de tonnes d'aide alimentaire
à 100 pays, et a engagé plus de 30 milliards de
dollars dans des activités de secours et de développement
dans le monde entier.
Rien n'est plus urgent que d'apporter une aide cruciale aux victimes dans les situations d'urgence.
Le nouveau phénomène de perturbation du climat et les conflits déterminent des changements importants dans le travail du PAM et rendent nécessaire de réunir des ressources à grande échelle.
Totalement dépendants de contributions volontaires, les organismes humanitaires comme le PAM doivent faire le grand écart entre les besoins de plus en plus grands des affamés et les budgets des donateurs qui se ressentent du ralentissement de l'économie mondiale.
Source : document Programme alimentaire mondial (PAM),
février 2003, diffusé à l'occasion de la
campagne de communication "Food for life" de United
Colors of Benetton.
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