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XXIe siècle
Attentats terroristes aux États-Unis




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SEPTEMBRE 201, L’ORGANISATION DE LA RIPOSTE AMERICAINE

::: Pour les Etats-Unis, "cette croisade, cette guerre contre le terrorisme demandera du temps"


Les Etats-Unis préparent une riposte contre les groupes terroristes et les pays qui les soutiennent, qualifiée de "croisade" - et de "guerre d'un type nouveau" - par le président américain George W. Bush.

"Le temps est maintenant venu de gagner de manière décisive la première guerre du 21ème siècle", a déclaré, le 16 septembre 2001, le président Bush après la réunion d'un "conseil de guerre" à Camp David. "Cette croisade, cette guerre contre le terrorisme demandera du temps", a-t-il dit, promettant de "débarrasser le monde des scélérats".

Le secrétaire d'Etat à la défense, Donald Rumsfeld, a souligné qu'il s'agit d'un "effort long, large, soutenu" qui s'étendra "non sur des semaines ou des jours, mais sur des années".

Oussama Ben Laden, vivant en Afghanistan, accusé d'être l'instigateur des attentats, est recherché "mort ou vif". A Kaboul, le régime au pouvoir des talibans a réaffirmé son soutien au dissident saoudien et averti que le djihad (guerre sainte) serait décrété contre les Etats-Unis en cas d'attaque américaine contre un pays musulman. "S'il y a une invasion d'un pays musulman, il y aura un djihad contre les envahisseurs".


Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a assuré de son côté que l'organisation était prête à relever le défi de la lutte contre le terrorisme. "Tous les pays sont inquiets face au terrorisme" et "ils veulent participer à ce combat", a-t-il déclaré, en demandant aux Américains de "ne pas provoquer une division entre l'Ouest et les musulmans".

Les alliés des Etats-Unis ont, pour leur part, réaffirmé leur volonté d'être à leurs cotés, mais plusieurs pays européens, dont la France et l'Allemagne, attendent de connaître ce que Washington envisage sur le plan militaire avant de s'engager. Seuls la Grande-Bretagne et la Turquie appuient, sans réserves, les Etats-Unis. "C'est une guerre [...] entre le monde civilisé et le fanatisme", a déclaré le 15 septembre 2001, le premier ministre Tony Blair, ne laissant aucun doute sur la détermination britannique à y participer "totalement" et en appelant la communauté internationale à s'unir pour démanteler "l'entière machine du terrorisme de masse".

La plupart des dirigeants européens ne veulent pas se laisser entraîner dans la logique de guerre préconisée par les Etats-Unis qui comporte, soulignent-ils, le risque d'un "conflit avec les musulmans". Le ministre allemand des affaires étrangères, Joschka Fischer, a ainsi mis en garde contre "une confrontation de l'Occident avec l'Islam qui ne pourrait que servir les extrémistes. Et d'ajouter: "La riposte ne doit pas provoquer plus d'instabilité [...] Il ne faut pas agir de manière irréfléchie et à courte vue".

A Berne, le ministre suisse des affaires étrangères, Joseph Deiss, a rappelé que la Suisse était prête à collaborer avec la communauté internationale pour combattre le terrorisme. "Il n'y a pas de neutralité face au terrorisme".

Le 12 septembre, le premier ministre français, Lionel Jospin, avait jugé que les alliés des Etats-Unis devaient "condamner vigoureusement et combattre le terrorisme" mais ne pas se "laisser aller à des considération sur un affrontement entre le monde occidental et le monde islamique en tant que tel. Nous ne combattons pas le monde islamique".

Le milliardaire d'origine saoudienne Oussama Ben Laden figure au premier rang des personnes soupçonnées par les Etats-Unis mais il a démenti toute implication dans les attentats. "Les Etats-Unis me montrent du doigt, mais j'annonce catégoriquement que je ne l'ai pas fait", a-t-il déclaré, le 16 septembre 2001, à Afghan Islamic Presse, une agence privée proche des talibans. "Je vis en Afghanistan. Je suis un adepte du commandeur des croyants [le mollah Omar], qui ne me permet pas de participer à de telles activités".

Source : presse internationale, septembre 2001.Up