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Attentats terroristes aux États-Unis




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13 DECEMBRE 2001 : LE PENTAGONE DIFFUSE UNE VIDEO QUI ACCUSE BEN LADEN

::: Oussama Ben Laden revendique l’organisation des attentats du 11 septembre à New York et Washington

| EXTRAITS DU TEXTE DIFFUSE PAR LE PENTOGONE |

Le Pentagone, ministère américain de la défense, a diffusé, le 13 décembre 2001, un enregistrement vidéo d'Oussama Ben Laden, qui, selon les Etats-Unis, prouve de façon irréfutable sa responsabilité dans les attentats du 11 septembre 2001 qui ont fait quelque 3.000 tués et disparus.

Ben Laden


Dans cette cassette vidéo de mauvaise qualité, le chef du mouvement terroriste Al-Qaida raconte les attaques contre les tours du World Trade Center, à New York, et contre le Pentagone, à Washington. Il y révèle aussi que Mohammed Atta était "le responsable du groupe" qui a mené les attentats.

Le document, dont le président américain Bush a autorisé la diffusion, aurait été tourné le 9 novembre 2001, selon la date inscrite sur la boîte. Il aurait été trouvé dans une maison de Jalalabad par des soldats américains. Pour le président Bush, "ceux qui verront cette cassette réaliseront que non seulement [que Ben Laden] est coupable de ces incroyables meurtres mais qu'il n'a ni conscience ni âme et qu'il représente ce que la civilisation a de pire".

"Nous avons calculé à l'avance le nombre de victimes de l'ennemi"

"Ben Laden, l'aveu", a titré, le 14 décembre 2001, le quotidien Libération qui relève que, dans cette "vidéo où Ben Laden se vante des attentats", on trouve la confirmation des "appuis dont Al-Qaida bénéficie en Arabie Saoudite". La diffusion de cette vidéo a laissé les "Arabes sceptiques", note l'Agence France Presse (AFP).Up

Le quotidien Al-Sharq du Qatar a mis en doute l'authenticité de la cassette vidéo estimant qu'elle "ne révèle pas la vérité, mais au contraire épaissit le mystère" sur les attentats antiaméricains. Et au Liban, le quotidien Ad-Diyar, proche des milieux syriens, s'est dit persuadé que Washington "a diffusé la cassette de Ben Laden pour justifier sa détermination à l'assassiner et pour faire savoir que sa fin est proche".

Parlant lors d'un dîner avec deux invités, dont un Saoudien, dans un lieu près de Kandahar, Ben Laden donne des indications conduisant à penser qu'il était directement impliqué dans l'organisation de ces attaques. Il précise que les 19 volontaires ayant détourné les avions savaient qu'ils allaient participer à une opération "martyre" mais qu'ils n'ont été mis au courant des détails de l'opération qu'à la dernière minute.

"Nous avons calculé à l'avance le nombre de victimes de l'ennemi qui seraient tuées, en fonction de la position de la tour. Nous avons calculé que trois ou quatre étages seraient frappés, explique-t-il. "Je pensais que le feu provoqué par le carburant dans l'avion ferait fondre la structure métallique de l'immeuble et ferait s'effondrer la partie où l'avion avait frappé et tous les étages, au-dessus seulement".

 Le chef du mouvement terroriste Al-Qaida raconte la préparation des attaques sur New York et Washington : "Nous avions calculé le nombre de gens que nous allions tuer"

La scène se passe près de Kandahar, probablement le 9 novembre. Elle dure une heure, une minute et 47 secondes. La cassette vidéo met en scène trois personnes: Oussama Ben Laden, son collaborateur Suleyman Abou Guaith et un cheikh saoudien non identifié. Voici l'essentiel des propos tenus tels que le Pentagone les a traduits de la cassette vidéo et les a diffusés, le 13 décembre 2001.

Ben Laden


Up
Le cheikh: "Vous nous avez donné des armes, vous nous avez donné l'espoir […] Les gens maintenant nous soutiennent encore plus […] Nous sommes venus de Kaboul […] Nous avons demandé au chauffeur de nous conduire, c'était une nuit de pleine lune […] Les anciens, tout le monde se félicite de ce que vous avez fait, la grande action que vous avez commise."

Ben Laden: "Qu'Allah soit loué. Quelle est la position des Mosquées là-bas (en Arabie Saoudite) ?"

Le cheikh: "Honnêtement, ils sont très positifs. Cheikh Al-Bahrani nous a fait un bon sermon après la prière du soleil couchant. Il a été filmé en vidéo et je devais l'apporter, mais malheureusement, j'ai dû partir immédiatement."

Ben Laden: "Le jour des événements ?"

Le cheikh: "Au moment exact de l'attaque contre l'Amérique. Il [Bahrani] a fait un sermon très impressionnant […] Quand je lui ai rendu une première visite il y a environ un an et demi, il m'a demandé: "Comment va le cheikh Ben Laden? Il vous envoie ses bons souhaits." […] En ce qui concerne le cheikh Suleyman Ulwan, […] je l'ai brièvement entendu avant les prières de midi. Il [Ulwan] a dit que c'était le jihad et que ces gens (les victimes du World Trade Center et du Pentagone) n'étaient pas des personnes innocentes. Il en a attesté par Allah."

Puis, décrivant son voyage depuis Kaboul: "Ils nous ont fait entrer clandestinement, et je pensais que nous serions dans d'autres cavernes dans la montagne, et j'ai été surpris par la maison d'hôtes, qui est très propre et confortable."

Ben Laden: (Inaudible) "...Quand les gens voient un cheval fort et un cheval faible, par nature, ils aimeront le cheval fort. Ce n'est qu'un but. Ceux qui veulent que les gens vénèrent le Dieu des gens, sans suivre cette doctrine, suivront la doctrine de Mahomet, que la paix soit sur eux."

Puis, citant des commentaires de l'enseignement du prophète: "On m'a donné l'ordre de lutter contre les gens jusqu'à ce qu'ils disent qu'il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah et son prophète Mahomet." "Ces jeunes qui ont conduit les opérations […] ont accepté l'exégèse du prophète Mahomet. Ces jeunes gens, par leurs actes, à New York et Washington, ont tenu des discours qui ont éclipsé tous les autres discours faits partout ailleurs dans le monde. Des discours que comprennent à la fois les Arabes et les non-Arabes, même les Chinois. C'est au-dessus de ce que les médias ont dit. Certains ont dit qu'en Hollande, dans un des centres, le nombre de personnes qui a adhéré à l'islam dans les jours qui ont suivi les opérations était plus important que celui de ceux qui avaient adhéré à l'islam dans les onze dernières années."

Le cheikh: "Des centaines de personnes avaient des doutes sur vous, et seulement quelques-uns vous suivaient jusqu'à ce que ce grand événement se produise. Maintenant, des centaines de personnes viennent pour se joindre à vous. Je me souviens d'une vision du cheikh Saleh Al-Chuaybi. Il a dit: "Il y aura un grand choc et des gens se rendront par centaines en Afghanistan." Je lui ai demandé: "En Afghanistan?" Il a répondu: "oui". Selon lui, les seuls qui restent derrière sont les malades mentaux et les menteurs. Je me souviens de lui disant que des centaines de personnes iront en Afghanistan. Il avait cette vision il y a un an."Up

Ben Laden: (Inaudible) "...Nous avons calculé à l'avance le nombre de victimes de l'ennemi qui seraient tuées, en fonction de la position de la tour. Nous avons calculé que trois ou quatre étages seraient frappés. J'étais le plus optimiste de tous (inaudible) en raison de mon expérience. Je pensais que le feu provoqué par le carburant dans l'avion ferait fondre la structure métallique de l'immeuble et ferait s'effondrer la partie où l'avion avait frappé et les étages au-dessus seulement. C'est tout ce que nous espérions."

Le cheikh: "Qu'Allah soit loué."

Ben Laden: "Nous étions (inaudible) quand l'événement a eu lieu. Nous étions prévenus depuis le jeudi précédent que l'événement aurait lieu ce jour-là. Nous avions terminé notre travail ce jour-là, et la radio était allumée. Il était 17 h 30 chez nous. J'étais assis avec le docteur Ahmed Abou al-(Kair). Immédiatement, nous avons entendu la nouvelle qu'un avion avait frappé le World Trade Center. Nous avons mis les nouvelles de Washington. Les nouvelles ont continué, sans mention de l'attaque jusqu'à la fin. A la fin des informations, ils ont dit qu'un avion venait de frapper le World Trade Center […]. Après un moment, ils ont annoncé qu'un autre avion avait frappé le World Trade Center. Les frères qui ont entendu les nouvelles étaient fous de joie."

Le cheikh: "J'ai écouté les nouvelles. J'étais assis... Nous ne pensions à rien, et tout à coup […] les nouvelles sont venues et tout le monde était transporté de joie […]. Remerciez Allah que l'Amérique soit sortie de ses grottes. Nous l'avons frappée la première fois, et la prochaine la frappera avec les mains des croyants, des bons croyants, des grands croyants. Par Allah, c'est une grande oeuvre. Allah prépare pour vous une grande récompense pour ce travail […]. Je me rappelle les paroles d'Al-Rabbani, il a dit qu'ils avaient fait une coalition contre nous au cours de l'hiver avec les infidèles, comme les Turcs et d'autres Arabes. Et ils nous ont entourés comme à l'époque du prophète Mahomet. Exactement comme ce qui se passe maintenant. Mais il a rassuré ses adeptes et a dit: "Cela va se retourner contre eux." […] Et le jour arrivera où les symboles de l'islam s'élèveront et ce sera très semblable (aux premières années de l'islam) […]. Ce sera le plus grand jihad de l'histoire de l'islam.

Ben Laden: "Abdallah Azzam, que Dieu le bénisse, m'a dit de ne rien enregistrer (inaudible) alors j'ai pensé que c'était un bon présage, et Allah nous bénira (inaudible). Abou al-Hassan al- (Masri) est intervenu sur Al-Jazira il y a quelques jours et s'est adressé aux Américains en disant: "Si vous êtes de vrais hommes, venez ici et affrontez-nous." (Inaudible) Il m'a dit il y a un an: "J'ai vu dans un rêve, nous jouions un match de football contre les Américains. Quand notre équipe est apparue sur le terrain, ils étaient tous des pilotes!" Il a dit: "Alors je me suis demandé si c'était un match de foot ou de pilotes. Nos joueurs étaient des pilotes." (Abou al-Hassan) ne savait rien de l'opération jusqu'à ce qu'il l'entende à la radio. Il a dit que le match a commencé et que nous les avons battus. C'était un bon présage pour nous."Up

Suleyman Abou Guaith: "La télévision retransmettait le grand événement. La scène montrait une famille égyptienne assise dans son séjour, ils ont explosé de joie. Vous savez, quand dans un match de foot votre équipe gagne, c'était la même expression de joie. Il y avait un sous-titre: "Pour venger les enfants d'Al-Aqsa, Oussama Ben Laden lance une opération contre les Etats-Unis." Alors je suis retourné auprès du cheikh (Ben Laden) qui était assis dans une pièce avec entre 50 et 60 personnes. J'ai essayé de lui dire ce que j'avais vu, mais il a fait un geste avec ses mains signifiant: "Je sais, je sais..."

Ben Laden: "Il n'était pas au courant de l'opération. Tout le monde n'était pas au courant (inaudible), Mohammed (Atta) de la branche égyptienne (d'Al-Qaeda) était à la tête du groupe."

Le cheikh (faisant référence aux rêves et visions): "L'avion qu'il a vu s'écraser sur le building a été vu auparavant par plus d'une personne. Un des hommes religieux a tout quitté et est venu ici. Il m'a dit : "J'ai eu une vision, j'étais dans un avion énorme, long et large. Je le transportais sur mes épaules et j'ai marché de la route au désert sur un demi-kilomètre. Je traînais l'avion."

Ben Laden: "Les frères qui ont dirigé l'opération, tout ce qu'ils savaient, c'est qu'ils avaient une mission de martyrs à accomplir et nous avons demandé à chacun d'eux d'aller en Amérique mais ils ne savaient rien de l'opération, pas un mot. Ils étaient entraînés et nous ne leur avons pas révélé la teneur de l'opération jusqu'à ce qu'ils soient sur place, juste avant qu'ils embarquent à bord des avions […]. Ceux qui ont été entraînés au pilotage ne connaissaient pas les autres. Chaque groupe ne connaissait pas les autres groupes [inaudible]. Nous étions dans le camp de l'un des gardes du frère à Kandahar. […] Il s'est approché et m'a dit qu'il avait vu, dans un rêve, un haut building en Amérique. […] A ce stade, j'étais inquiet que peut-être le secret serait révélé si tout le monde commençait à le voir en rêve. Alors, j'ai clos la discussion. Je lui ai dit que s'il avait un autre rêve, il ne devait rien dire à personne, parce que les gens seraient bouleversés. Puis, plus tard, ils étaient fous de joie quand le premier avion a touché la tour, alors je leur ai dit: "Attendez la suite." Il y a eu vingt minutes entre le premier et le second avion ayant touché les tours. Et il y a eu une heure entre le premier avion et celui qui a frappé le Pentagone.

Le cheikh: "(Les Américains) étaient terrifiés, ils pensaient qu'il y avait un coup d'Etat."

Ben Laden (qui récite un poème): "Je suis témoin que face à la lame tranchante/ Ils ont toujours fait face aux difficultés et sont restés unis […]/ Quand l'obscurité descend sur nous et que nous sommes frappés/Par un croc tranchant, je dis […]/ Nos maisons sont inondées de sang et le tyran/Se promène librement dans nos maisons […]/ Se sont évanouis du champ de bataille/Le reflet brillant des épées et les chevaux […]/ Et par-dessus les sanglots maintenant/Nous entendons les roulements de tambour et le rythme […]/ Ils détruisent ses forteresses/Et crient: Nous n'arrêterons pas nos raids/Tant que vous n'aurez pas libéré nos terres." […]

Source : quotidien français Libération, 14 décembre 2001.Up