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Attentats terroristes aux États-Unis




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LA CRISE HUMANITAIRE EN AFGHANISTAN

::: Les agences des Nations unies annoncent une crise humanitaire "effarante"

| LA DÉCLARATION COMMUNE DES AGENCES DES NATIONS UNIES |
| LA DÉCLARATION DE KOFI ANNAN |

RéfugiésSix agences des Nations unies – parmi lesquelles le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le haut commissariat aux droits de l'homme - ont appelé, le 24 septembre 2001 à Genève et New York, la communauté internationale à éviter la crise humanitaire aux "proportions effarantes" qui commence à toucher l'Afghanistan, où les civils tentent de fuir par crainte d'une attaque américaine.

"Nous exhortons un monde blessé par les attaques terroristes horribles et déplorables du 11 septembre à ne pas oublier les principes du droit humanitaire international et à prendre toutes les mesures pour protéger les populations civiles, notamment les millions de femmes et enfants", indique la "déclaration" signée par les six agences des Nations unies.

Vingt années d'un conflit brutal, trois années de sécheresse, des violations des droits de l'homme généralisées et des déplacements importants de population provoqués par la crise géopolitique actuelle ont gravement compromis la survie de plus de cinq millions de civils. Des centaines de milliers de personnes se déplacent à l'intérieur de l'Afghanistan, notamment par crainte d'une attaque américaine.

Selon le coordonnateur adjoint pour les affaires humanitaires des Nations unies, Ross Mountain, des frappes ou opérations militaires en Afghanistan risquent d'accroître de 5 à 7,5 millions le nombre de personnes vulnérables dans ce pays. Les agences de l'Onu secourent déjà quelque 5 millions d'Afghans dans le pays, ainsi que 3,5 à 4 millions d'Afghans réfugiés au Pakistan et en Iran.

Dans une déclaration publiée le 25 septembre, Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, a appuyé "fermement" l'action des institutions des Nations Unies impliquées dans l'action humanitaire et indiqué que "ceux qui retiennent les vivres destinés à la population afghane désespérée seront tenus responsables".Up

LA DÉCLARATION COMMUNE DES AGENCES DES NATIONS UNIES :
EN AFGHANISTAN, UN PEUPLE EN CRISE

L'Afghanistan traverse actuellement une crise humanitaire d'une ampleur effarante. Vingt années d'un conflit brutal, trois années de sécheresse, des violations des droits de l'homme généralisées et des déplacements importants de population provoqués par la crise géopolitique actuelle ont gravement compromis la survie de plus de cinq millions de civils, pour la plupart des femmes et des enfants. Leur situation est rendue encore plus précaire par l'arrivée de l'hiver.

Alors que le regard du monde se tourne vers l'Afghanistan et les pays voisins, nous souhaitons attirer l'attention sur certains indicateurs de la magnitude de cette crise :

Plus de cinq millions de personnes dépendent actuellement de l'aide humanitaire pour survivre. On compte parmi elles plus d'un million de personnes déplacées.

Des dizaines de milliers de personnes ont quitté leur foyer à la recherche d'un abri sûr et d'assistance. Selon le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR), beaucoup d'autres n'ont pas pu partir.

Environ 3,8 millions d'Afghans ont déjà recours à l'aide alimentaire de l'ONU pour survivre. D'ici au 1er novembre [2001], le Programme alimentaire mondial (PAM) estime à 5,5 millions le nombre de personnes qui dépendront de ses livraisons de nourriture.

Selon l'UNICEF, près de 20 % des personnes démunies sont des enfants de moins de cinq ans, dont beaucoup doivent déjà lutter pour survivre.

Les agences de l'ONU et d'autres organismes d'aide ont organisé des camps pour personnes déplacées et continuent d'acheminer de la nourriture avec l'aide de centaines d'Afghans dévoués qui ont choisi de rester dans leur pays. Mais le manque d'accès à l'aide humanitaire internationale aggrave rapidement la situation. Aucune aide alimentaire supplémentaire ne peut être envoyée en Afghanistan pour le moment, et le PAM estime que les réserves de nourriture existantes seront épuisées dans deux ou trois semaines.Up

Nous exhortons la communauté internationale, durement éprouvée par les effroyables attentats terroristes du 11 septembre, à respecter les principes du droit humanitaire international et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les populations civiles, en particulier les femmes et les enfants.

Nous demandons à l'ensemble de la communauté internationale - et notamment aux pays de la région - d'intervenir pour éviter que la crise actuelle ne s'aggrave en soutenant les efforts d'aide humanitaire, en favorisant l'accès, en toute sécurité, des organisations humanitaires internationales aux populations démunies, en garantissant la sécurité du personnel humanitaire international et local, en appuyant toutes les mesures qui pourraient amoindrir les risques d'une catastrophe humanitaire en Afghanistan et dans les pays voisins, et en ouvrant leurs frontières aux personnes déplacées.

Nous prenons acte en particulier de l'énorme fardeau supporté par le Pakistan et l'Iran, qui ont déjà accueilli 3,5 millions d'Afghans, et nous nous joignons au HCR pour demander que la communauté internationale renforce son appui aux pays hôtes, afin d'assurer que leurs frontières restent ouvertes à tous ceux qui méritent de recevoir une protection et une assistance humanitaire.

Nous remercions les donateurs - gouvernements, organisations et individus - qui continuent d'appuyer les efforts de secours humanitaire dans la région, et nous exhortons la communauté internationale à augmenter son aide dans cette situation d'urgence croissante.

Genève - New York, 24 septembre 2001 / Carol Bellamy, directrice générale de l'UNICEF / Catherine Bertini, directrice exécutive du Programme alimentaire mondial / Ruud Lubbers, haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés / Mark Malloch Brown, administrateur du Programme des Nations unies pour le développement / Kenzo Oshima, coordonnateur des secours d'urgence, Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies / Mary Robinson, haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme.

KOFI ANNAN : CEUX QUI RETIENNENT LES VIVRES DESTINÉS À LA POPULATION AFGHANE DÉSESPÉRÉE SERONT TENUS RESPONSABLES

K. Annan"Le sort de la population civile afghane est, en effet, désespérée.

"Après plus de deux décennies de conflit, sept années d'oppression du régime des Taliban, et trois années de sécheresse grave, la survie de plus de cinq millions de personnes dépend de l'aide extérieure.

"Cette aide a maintenant été tragiquement interrompue.

"Ceux qui délibérément retiennent les produits alimentaires destinés aux personnes affamées et attaquent les travailleurs humanitaires ou font obstacle à leurs activités- qu'ils soient locaux ou expatriés- doivent savoir qu'ils seront tenus responsables par la communauté internationale.

"De nombreux Afghans, tentant de fuir le pays, se heurtent à des difficultés pour traverser les frontières.

"Conformément au droit international, les frontières doivent être ouvertes aux civils à la recherche d'un refuge. Dans le même temps, la communauté internationale doit envoyer une aide rapide et généreuse pour que les réfugiés ne deviennent pas un fardeau insupportable pour les Etats voisins.

"Des civils innocents ne devraient pas être punis pour les actions commises par leur gouvernement. Le monde est uni contre le terrorisme. Soyons de même unis pour offrir protection et assistance aux victimes innocentes des situations d'urgence et des catastrophes."

Source : Nations unies, New York, 24 et 25 septembre 2001.Up