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OCTOBRE 2001, LES REPRESAILLES AMERICAINES
::: Des forces spéciales américaines en action sur le sol afghan
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Photo montage: chaîne Al-Jazira, Qatar.
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Les bombardements sur l'Afghanistan ont commencé le 7 octobre 2001, par des frappes "ciblées" sur des installations militaires afghanes et des bases du réseau d'Al-Qaida, du terroriste Oussama Ben Laden, ami du régime taliban. Les forces américaines et britanniques ont lancé des raids aériens sur Kaboul, Jalalabad, Kandahar, Hérat et Mazar-e-Charif.
La présence de commandos américains et britanniques en Afghanistan, annoncée le 19 octobre 2001 par le Washington Post, a été confirmée par le Pentagone, qui annonce une nouvelle phase dans le conflit et le soutien à l'Alliance du Nord opposée aux talibans.
Si les principales cibles ont été atteintes, aux dires des Américains, le bilan des victimes civiles est méconnu. |
L'intervention américaine, au fil des jours
__20 octobre
Des unités d'élite américaine ont mené une opération commando sur la région de Kandahar, avec un appui aérien, annonce un responsable du Pentagone. Plus d'une centaine de soldats auraient été engagés contre des cibles dans le sud du pays. Selon la chaîne NBC, "plus de cent" rangers ont débarqué d'hélicoptères de combat basés sur le porte-avions Kitty Hawk qui croise dans l'océan Indien.
Les talibans affirment avoir repoussé ces "attaques terrestres". D'après le mollah Amir Khan Mutaqqi, ministre de l'enseignement, "l'Amérique a largué des troupes à Arghandab, dans la province de Kandahar, à l'aide d'hélicoptères, mais ces troupes se sont enfuies lorsque des soldats taliban ont ouvert le feu sur elles".
__21 octobre
Des hélicoptères américains survolent Kaboul. Tôt dimanche matin, les forces américaines ont bombardé Kaboul où au moins quatre fortes explosions ont été entendues, rapporte le correspondant de l'Agence France-Presse (AFP) dans la capitale afghane.
__22 octobre
Cest peut-être une guerre qui naura pas de fin, du moins de notre vivant, déclare le vice-président Richard Cheney au Washington Post. LAfghanistan nest quun petit morceau de la guerre entamée contre le terrorisme, ajoute le général Richard Myers, chef détat-major interarmes, en faisant allusions à de possibles opérations contre lIrak.
__23 octobre
Les forces américaines intensifient leurs bombardements: sur Kaboul, sur les positions des talibans au nord de la capitale afghane et dans la région de Mazar e-Charif, au nord du pays. LAlliance du Nord [opposition armée au régime des talibans] marche vers Mazar e-Charif et je pense quelle va rassembler ses forces et investir Kaboul ou commencer à avancer agressivement sur la capitale, déclare le secrétaire dEtat américain Colin Powell.
Le Pentagone admet plusieurs erreurs dans les opérations militaires: des bombes ont été lâchées sur des habitations et des bâtiments civils près de Herat et de Kaboul. Des réfugiés, arrivés au Pakistan, font état de nombreux morts. La ville de Kandahar aurait été complètement détruite. Tout a été réduit en tas de pierres. Des milliers de gens fuient.
Des sources onusiennes indiquent que 70% des populations dHerat, de Jalalabad et de Kandahar ont fui les bombardements; 20% des habitants de Kaboul ont quitté la ville.
__24 octobre
Lanthrax aux portes de la Maison Blanche, titre Le Monde qui note que, après le Congrès, le présidence des Etats-Unis est aussi la cible du bioterrorisme: des spores de la maladie du charbon ont été découvertes sur une machine servant à ouvrir le courrier de la Maison Blanche.
L'intensification des bombardements américains, les erreurs auxquels ils donnent lieu et l'accroissement des victime civiles amènent le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à rappeler à toutes les parties impliquées les talibans, l'Alliance du Nord et la coalition dirigée par les Etats-Unis leur obligation de respecter te de garantir le respect de la loi humanitaire internationale.
[Le 26 octobre, un bombardement américain a détruit trois entrepôts du CICR à Kaboul, réduisant en cendres des stocks d'aide humanitaire destinés à des veuves et à des handicapés. Le 16 octobre, un premier entrepôt du CIR avait été touché par un missile.]
Les Nations unies s'inquiètent de l'utilisation par l'armée américaines de bombes à fragmentation [larguées en particulier sur les faubourgs d'Herat] et des conséquences des frappes contre des objectifs situés au coeur des villes afghanes. Chacune des bombes larguées projette environ 200 petites bombes de 1,5gk qui, selon Dan Kelly, responsable du programme de déminage de l'Onu en Afghanistan, restent très dangereuses quand elles n'ont pas explosé. Elles peuvent exploser au simple touché.
__25 octobre
Dans un entretien accordé au quotidien américain USA Today, le secrétaire américain à la défense, Donald Rumsfeld, reconnaît que les talibans offrent une forte résistance à l'offensive américaine. Ce sont, dit-il, des gens très durs qui font carrière dans le combat et ne vont pas céder.
Donald Rumsfeld souligne que la capture de Ben Laden n'est pas garantie et sera plus difficile que la destruction de son organisation, Al-Qaida. La capture du chef terroriste, qui est toujours dans notre intention, est quelque chose de très difficile à réaliser et je ne sais tout simplement pas si nous réussirons.
__26 octobre
Héros de la résistance à l'invasion de l'Afghanistan par les troupes soviétiques, de 1979 à 1989, l'ancien chef de guerre pachtoune Abdul Haq arrêté par les talibans, au sud de Kaboul, et exécuté conformément à une fatwa qui prévoit la peine de mort pour tous les espions des Etats-Unis. Abdul Haq qui, selon son frère, était entré en Afghanistan le 21 octobre pour prendre contact avec tous les dirigeants afghans prêts à jouer un rôle pour trouver une solution pacifique au conflit, aurait été abattu d'une rafale de Kalachnikov, dans les faubourgs de Kaboul. Il s'était récemment rallié à la cause de l'ancien roi Zaher Chah.
__27 octobre
Les talibans annoncent avoir pendu cinq commandants de l'opposition après les avoir capturés dans le nord de l'Afghanistan, selon l'Agence Afghan Islamic Press (AIP), basée au Pakistan.
__28 octobre
Dans une interview au quotidien arabophone algérien El Youm, le chef des talibans, le mollah Mohammed Omar, affirme que "la véritable bataille avec les Américains n'est pas encore commencée". "Nous ne les accueillerons pas avec des roses", et les Américains recevront, affirme-t-il, "une leçon plus dure que celle qui a été administrée aux Russes dans notre pays, et plus rude que les leçons qu'ils ont eues dans le passé en général".
__29 octobre
L'imam d'Al-Azhar - la plus haute autorité de l'islam sunnite-, cheikh Mohamed Sayyed Tantaoui, condamne les bombardements américains sur l'Afghanistan.
"Afghanistan, le temps presse", titre Libération qui constate que, face à des "bombardements inefficaces, une coalition fragilisée...", les talibans "tiennent toujours" : "ces bombardements contre-productifs menacent de faire voler en éclats la fragile coalition antiterroriste bâtie non sans mal par les Etats-Unis américains", écrit Jacques Amalric dans un éditorial intitulé "Doutes".
"Les Etats-Unis doutent", écrit, de son côté, Le Monde : "victimes civiles, erreurs de frappes, critiques nombreuses : Washington lutte contre le défaitisme". Le quotidien parisien note que, "venus de divers pays musulmans", "des milliers de volontaires du djihad sont parqués au Pakisatan" : "près de 8.000 Pachtounes ont répondu à l'appel du Tehreek Nifaz-e-Charia Mohammadi (TNSM, le mouvement pour la stricte application du code islamique) et campent depuis quatre jours à la frontière pakistano-afghane dans l'attente de rejoindre les talibans pour engager le djihad (guerre sainte) contre les Etats-Unis".
__31 octobre
L'Europe s'interroge sur la stratégie américaine en Afghanistan", titre "Le Monde" qui note que les responsables européens commencent à s'inquiéter de l'impact auprès des opinions des erreurs de bombardements et de l'absence de perspectives politiques:
"Les Européens sont inquiets. Ils ne le manifestent pas nettement dans leurs prises de position publiques, ils savent qu'ils n'ont pas d'autre alternative, dans l'immédiat, que de maintenir leur solidarité avec la campagne militaire que poursuivent les Etats-Unis en Afghanistan. Mais leurs interrogations, leurs hésitations, voire leur refus de commenter la logique et les résultats des frappes militaires contre le régime taliban valent bien des discours". ["Le Monde", 31 octobre 2001]. |