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Sur l’histoire du martyre des juifs

AUSCHWITZ, 60 ANS APRES / FRANCE, 25 JANVIER 2005, MEMORIAL DE LA SHOAH
__Jacques Chirac assure que "l'antisémitisme n'a pas sa place en France"


Jacques Chirac à l'inauguration du Mémorial

Jacques Chirac à l'inauguration du Mémorial. Photo Elysée.

Le président de la République, Jacques Chirac, a inauguré, le 25 janvier 2005, dans le quartier du Marais, à Paris, le Mémorial de la Shoah dédié à l'histoire du martyre du peuple juif pendant la Seconde Guerre mondiale.

Dans son allocution, le chef de l'Etat a rappelé aux Français leur devoir de mémoire à l'égard du martyre du peuple juif et qualifié l'antisémitisme de "perversion". "L'antisémitisme n'a pas sa place en France". Jacques Chirac a lancé un appel à "tous les professeurs de France", les exhortant à faire en sorte que leurs élèves "voient, comprennent et n'oublient jamais".

Jacques Chirac a appelé à la "vigilance" et à la "détermination" contre l'antisémitisme. "Je veux redire avec gravité que l'antisémitisme n'a pas sa place en France. L'antisémitisme n'est pas une opinion. C'est une perversion. Une perversion qui tue", a-t-il rappelé.

"Qu'elle suinte par l'écrit, la parole, la télévision, l'ordinateur ou le satellite, cette haine est intolérable", a poursuivi Jacques Chirac en faisant valoir que le gouvernement "met et mettra tout en oeuvre pour que cesse l'antisémitisme". Il a ajouté que "si la France est déterminée à la vigilance, à l'intransigeance dans son combat contre le refus de l'autre, c'est parce qu'elle n'ignore rien de son histoire et de ses responsabilités passées".

Rendant hommage "aux Justes, conscience et honneur de notre pays" qui ont sauvé la vie de nombreux juifs de France, le président français a déclaré : "Je n'oublie pas non plus les heures les plus sombres de notre histoire. […] La France se devait de reconnaître sa responsabilité. Elle se doit de tout faire pour rester fidèle à l'héritage humaniste qu'elle avait alors trahi".

[Jacques Chirac a été le premier président de la République à avoir reconnu la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des juifs, dans un discours au Vel d'Hiv le 16 juillet 1995. Il a aussi estimé que la "blessure" infligée au peuple juif "suffirait à elle seule à justifier, si besoin était, la nécessité d'un Etat dont l'existence garantisse le "plus jamais ça" : "Israël dont la France est l'amie et qui aspire légitimement, comme les Palestiniens et tous les peuples de la région, à vivre en paix et en sécurité, dans des frontières sûres, acceptées et reconnues par tous".]
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